Va, vis et deviens. Allez-y . 3 juin 2005
Par Thierry Klein dans : Critiques.Lu 5 444 fois | comments closed
C’est un peu l’inverse du Pianiste: tout commence dans le camp pour un jeune enfant éthiopien, qui se retrouve déporté en Israël et là bas, noir chez les juifs, donc en fait juif chez les juifs.
Les considérations sur la technologie ou le haut-débit passent tout d’un coup au second plan.
Mais vous n’oserez plus jamais dire, en hommage au film, qu’elles vous paraissent connes comme la lune.

- La rhétorique antisémite symétrique employée par les islamo-gauchistes.
- De Rawls à Macron, en passant par l’école. De quoi le social-libéralisme est-il le nom ?
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- Discours d’anniversaire : à ma maman
- Quelques notes sur « les armes de l’esprit »
















Une nouvelle forme de graphomanie : la bloggomanie / Bloggomania : a new form of graphomania 24 mai 2005
Par Thierry Klein dans : Critiques.Lu 18 390 fois | comments closed
Raoul trouve que les blogs sont inutiles et m’écrit en commentaire :
Un truc qui ne sert à rien pour commenter un truc qui ne sert à rien… sauf à utiliser de la bande passante. Au fait avec ce type de phénomènes, si tous les bloggueurs du monde passaient leur temps à blogger, bref à réinventer le vrai Xanadu. Qui payerait? Le contribuable qui finance France Telecom, ou le mec qui a une ligne fixe et qui ressemble à une vache laitière. Vive les vaches, grâce à elles, nous bloggons.
P… faudrait qd même en revenir à des trucs plus simples, comme aller pêcher, plutôt que de remplir des disques durs de conneries inutiles.
C’est évident que Raoul a 100 % raison. Les blogs tiennent de la graphomanie. Après Raoul, je cite Kundera (ça ravira Raoul d’être en si bonne compagnie):
La graphomanie n’est pas le désir d’écrire des lettres, des journaux intimes, des chroniques familiales (c’est-à-dire d’écrire pour soi ou pour ses proches), mais d’écrire des livres (donc d’avoir un public de lecteurs inconnus).
Toujours Kundera :
La graphomanie n’est pas la manie de créer une forme mais d’imposer son moi aux autres. Version la plus grotesque de la volonté de puissance. (On comprend mieux pourquoi les entrepreneurs, les politiques et les ados font des blogs, non ?)
Et surtout :
La graphomanie (manie d’écrire des livres) prend fatalement les proportions d’une épidémie lorsque le développement de la société réalise trois conditions fondamentales:
1) un niveau élevé de bien-être général, qui permet aux gens de se consacrer à une activité inutile;
2) un haut degré d’atomisation de la vie sociale et, par conséquent, d’isolement général des individus;
3) le manque radical de grands changements sociaux dans la vie interne de la nation (de ce point de vue, il me paraît symptomatique qu’en France où il ne se passe pratiquement rien le pourcentage d’écrivains soit vingt et une fois plus élevé qu’en Israël.). (…) Mais l’effet, par un choc en retour, se répercute sur la cause. L’isolement général engendre la graphomanie, et la graphomanie généralisée renforce et aggrave à son tour l’isolement. L’invention de la presse à imprimer a jadis permis aux hommes de se comprendre mutuellement. A l’ère de la graphomanie universelle, le fait d’écrire des livres prend un sens opposé: chacun s’entoure de ses propres mots comme d’un mur de miroirs qui ne laisse filtrer aucune voix du dehors.
« A useless line to comment another useless line (except it uses bandwidth)… F… ! We should get back to simpler things like fishing, rather then filling hard disks with unuseful stuff »
Raoul is obviously right. Blogs relate to graphomania. Let me quote Kundera (which is quite a significant improvement after quoting Raoul !).
« Graphomania is not the desire to write letters, personal diaries, family chronicles (i.e to write for himself or for his own relations) but the desire to write books (i.e to have a public audience of unknown readers).
Graphomania is not the mania to create a form but rather to impose one’s self on others (Now we undertand better why CEOs, politicians and teenagers have blogs).
Still quoting Kundera : « Graphomania (an obsession with writing books) takens on the proportions of a mass epidemic whenever a society develops to the point where it can provide three basic conditions:
1. a high enough degree of general well-being to enable people to devote their energies to useless activities;
2. an advanced state of social atomization and the resultant general feeling of the isolation of the individual;
3. a radical absence of significant social change in the internal development of the nation. (In this connection I find it symptomatic that in France, a country where nothing really happens, the percentage of writers is twenty-one times higher than in Israel. …But the effect transmits a kind of flashback to the cause. If general isolation causes graphomania, mass graphomania itself reinforces and aggravates the feeling of general isolation. The invention of printing originally promoted mutual understanding. In the era of graphomania the writing of books has the opposite effect: everyone surrounds himself with his own writings as with a wall of mirrors cutting off all voices from without. »
- Milan Kundera a lu René Girard !
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Du double langage employé sur certains blogs 23 mai 2005
Par Thierry Klein dans : Critiques.Lu 6 814 fois | comments closed
Ce billet fait suite à un commentaire laissé sur le blog de Loic Le Meur où je lui reprochais un style de réponse alambiqué (et un peu jésuite) face à certaines attaques dont il fait parfois l’objet.
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Anthony Zimmer 1 mai 2005
Par Thierry Klein dans : Critiques.Lu 4 208 fois | comments closed
C’est ce que j’appelle un film sandwich. Sophie Marceau est dedans avec un scénario autour.
Vous aimerez si comme moi vous appréciez l’intérieur, tout en regrettant d’avoir été obligé de vous taper le pain.
- « Je ne suis pas Dr House, mais… »
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Milan Kundera a lu René Girard ! 18 avril 2005
Par Thierry Klein dans : Critiques.Lu 10 568 fois | comments closed
mais ce n’est pas dans l’Equipe…
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Guy Lacombe a lu René Girard 23 mars 2005
Par Thierry Klein dans : Critiques.Lu 7 122 fois | 7 commentaires
Guy Lacombe, c’est l’entraîneur soupe au lait de Sochaux. Le genre de gars qui hurle sur l’arbitre, se fait expulser et prend en prime 1 mois de suspension de terrain. Bon, dans ce cas, moi je la fermerais. Mais Guy Lacombe est un fin lettré et déclare (L’Equipe du 23 mars 2005): « Une société qui a besoin de bouc émissaire est une société en danger. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est le philosophe René Girard. Je suis épris de justice et ça me joue des tours ».
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- "Sois tranquille, j’ai tout vu" (Ben voyons, justement…)
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René Girard : l’avenir imprévu d’une illusion 20 mars 2005
Par Thierry Klein dans : Critiques,René Girard.Lu 18 383 fois | 17 commentaires
René Girard vient d’être élu à l’Académie Française. Une reconnaissance tardive et un peu faible pour un des plus grands découvreurs de notre temps.
René Girard est un découvreur, au même titre que Newton ou Freud. Ces écrits sont exceptionnellement clairs et articulés autour de quelques découvertes fondamentales, telles que le désir mimétique (dans le Roman, dans la Bible) ou les mécanismes victimaires et la violence. René Girard, c’est un des seuls grands auteurs modernes qu’on peut lire pratiquement sans référence et sans explication externe. Vous ne pouvez pas faire ça avec Freud, qui invoque à tout moment « l’expérience thérapeutique » (souvent peu vérifiable).
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- René Girard, Kundera, Galilée et le Progrès : l’avenir imprévu d’une illusion
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- Sur Onfray, sans l’avoir lu
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A penser mon cerveau a renoncé 18 mars 2005
Par Thierry Klein dans : Critiques.Lu 6 473 fois | comments closed
Alors, voilà. Les critiques étaient superbes. C’est un type dont la vie bat au rythme de l’électro (250 bps) donc visiblement trop vite par rapport à son coeur. Symbole 1. Ensuite il y a les doigts, qui lui servent à jouer au piano, comme sa mère pianiste – symbole 2 ou alors à frapper (pour protéger son père – symbole 3). Ca doit être pour ça que ça coince quand il s’essaie au piano et qu’il fait plein de fausses notes même quand il semble prêt. Gros plans sur les mains, sur le visage. Type très torturé. Pas le genre à jouer du piano debout, mais il donne tout pour la musique. Grosse sensibilité, visiblement. Ca coince sans raison apparente. Fine allusion à l’inconscient du type qui n’a pas l’air totalement en repos- symbole 4. Ensuite, il baise avec la copine du type qui va tuer son père (5), il tombe amoureux de la fille qui a le même métier de sa mère (6), mais qui est chinoise, ce qui lui permet peut-être, outre de ne rien comprendre à ce qu’elle dit, de repousser au loin la peur de l’inceste – symbole 7 ?. Il s’occupe de son père comme si c’était son fils et visiblement c’est très important pour l’Auteur qui met 5 bonnes minutes au début du film pour nous mettre au parfum de la situation
Ca s’appelle « De battre mon coeur s’est arrêté ». Merci à ceux qui ont encensé le film ou/et qui l’ont vu plus de 3 fois pour tout comprendre de me dire d’où vient le titre en me laissant un commentaire.
- Qu’y a-t-il de commun entre le robot Asimo de Sony et le joueur d’échec de Maezel ?
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