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La fin de la liberté de parole 5 avril 2024

Par Thierry Klein dans : Non classé.
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Comparez les 2 vidéos ci-dessous. Dans la première, la mère met spontanément en relation l’agression dont a été victime sa fille avec sa façon de s’habiller, le fait qu’on la traitait de « mécréante ». Dans la seconde, le lendemain, elle lit un texte affirmant que sa fille est « pratiquante et pieuse… et fait la prière 5 fois par jour ». Puis elle s’élève contre « la récupération d’extrême droite ».

Aucun des demeurés présents sur le plateau ne relève que sa parole n’est plus libre. Il ne s’agit évidemment pas d’emprise, on voit comment cette femme était claire dans sa tête dans la première vidéo.

Cette mère a évidemment cédé 1) aux menaces des islamistes et 2) au chantage affectif qui consiste à la faire taire au prétexte que critiquer la situation présente est « d’extrême droite ». Le procureur devrait se saisir d’un tel cas. Dans les banlieues, la puissance informelle de la violence et de la religion est supérieure à celle de la loi et l’équilibre doit absolument être rétabli.

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Une brève définition du wokisme, cinq corollaires et une critique 25 mars 2024

Par Thierry Klein dans : Non classé.
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Ceux qui se baladent comme moi sur les réseaux sociaux le savent, il y a toujours un précieux ridicule pour prétendre que le wokisme n’existe pas car il n’aurait pas de définition « scientifique » claire. Le précieux ridicule est en général d’extrême gauche ou étudiant en socio ou à Sciences Po ou lecteur de Libé, tout ceci n’étant évidemment nullement incompatible. La vulgate qu’il reçoit le conditionne à nier le phénomène au nom de la « science », ce qui lui donne un sentiment de supériorité risible quand on connaît le contenu délivré. Ainsi, alors que tout le monde comprend parfaitement et sent ce qu’est le wokisme, l’extrême gauche tente de faire croire qu’il n’existerait pas puisqu’il n’existe pas de définition mettant les wokes d’accord..

La semaine dernière, interrogée en commission d’enquête par le député LFI Aurélien Saintoul (qui est le woke par excellence), Rachida Dati s’est refusée à donner une définition du wokisme. Voir l’échange, assez savoureux, ci-dessous (2 mn).

Alors je m’y colle et je vous donne une brève définition du wokisme. Pour que plus jamais un cuistre ne puisse vous dire que ça n’existe pas.

  1. Le wokisme est une forme de paranoïa consistant à voir partout des micro-agressions. Je rappelle que le woke signifie « éveillé » – ainsi est éveillé celui qui « voit » ou « sent » ces micro-agressions ou micro-oppressions, qui sont censées être politiquement signifiantes.

  2. Ces micro-agressions sont parfois réelles, parfois fantasmées et inexistantes. C’est la sur-sensibilité du woke qui caractérise la paranoïa. Le woke interprète cette sur-sensibilité comme la conséquence d’une oppression passée ou présente. Il se positionne en tant que victime.

    Ainsi, il y a certainement dans la galanterie au moins la trace d’une société où, les hommes étant physiquement plus forts que les femmes, pouvant les contraindre, renoncent de façon marquée à cette possibilité. Il n’y a aucun problème à remarquer ceci, cette constatation est en soi banale. Il y a problème lorsque cette constatation devient invivable à celui qui la constate, à tel point qu’il cherche à faire interdire la galanterie, cas de nombreuses associations féministes.
  3. Ainsi, le wokisme est au départ un problème psychique personnel, qu’on parle de névrose, de psychose ou de paranaoïa. Partagé par beaucoup, cette obsession personnelle acquiert un caractère politique. Pour paraphraser Peguy, on peut dire que le wokisme, c’est du psychique transformé en politique.

  4. L’être humain n’est en général pas heureux. A tous les malheureux de la terre (qui ne sont pas forcément, bien qu’ils le croient, les « damnés » de la terre au sens marxiste), le wokisme fournit un responsable commode de leur mal-être: vous, moi, la société. « Je ne suis pas malade, c’est la société qui m’a opprimé » ou « Je me sens mal parce que la société est méchante ».

    Le discours politique (de gauche en général) a pour fonction de masquer les causes personnelles de la névrose et de permettre à s’en prendre à la société, qui joue le rôle de bouc-émissaire – j’emploie ce terme au sens de René Girard.

    Illustration: l’éco-anxiété conduit un grand nombre de jeunes à refuser d’avoir des enfants alors que l’espérance de vie n’a jamais été aussi grande depuis que l’humanité existe. Il s’agit d’une névrose commune (au double sens de banale et partagée par un grand nombre. Le réchauffement climatique sert d’alibi, permet de ne pas traiter la névrose et de rejeter la responsabilité du mal-être sur la société.

Cinq corollaires…

1. Le terme « woke » n’est incompris que des wokes eux-mêmes. Si quelqu’un pense que le wokisme n’existe pas, il est certainement woke. Tous les autres voient exactement de quoi il s’agit puisque le wokisme se manifeste comme une forme d’inquisition totalitaire que toute personne « normale » ressent immédiatement.

Et une critique…
(L’auteur est parfaitement conscient, cher lecteur, que la définition et la caractérisation du wokisme ainsi données sont non réfutables au sens de Popper et même circulaires : « Est woke qui nie le wokisme ! ». Il en est ainsi de la plupart des maladies psychiques prenant leur source dans l’inconscient. On n’a pas raison contre le fou qui prétend avoir des ailes dans le dos ou être Napoléon réincarné – son système est généralement très cohérent justement parce que destiné à lui masquer sa folie.)

2. Sous couvert d’altruisme et de défense des victimes, le wokisme masque toujours une haine de la société prise comme responsable nécessaire, bouc-émissaire, du sentiment de mal-être ressenti par le woke. Cette haine « de l’intérieur » se marie très bien avec la haine de l’Occident « extérieure » que constitue l’islamisme et est un des ferments de l’islamo-gauchisme (encore un concept dont les cuistres d’extrême-gauche nient la réalité « scientifique »).

3. Le caractère inquisitorial des questions d’Aurélien Saintoul (vidéo ci-dessus) est éclatant. Le wokisme se manifeste toujours comme une inquisition parce que les deux sont, finalement, constitutifs d’un manque de foi. Du woke en son système politique (car il subsiste toujours en lui une partie lucide qui connait sa névrose et cherche à la censurer), de l’église en son système de croyance (consciente que ce système est attaqué par Galilée, consciente aussi que Galilée a raison, il faut réduire Galilée au silence). Le besoin de censure, c’est la croyance en train de disparaître.

4. Le wokisme ne sort pas de nulle part. Il est la partie extrême, la conséquence ultime du progressisme. Une autre façon de dire les choses est que le progressisme est toujours un wokisme light. Il faudrait du temps pour justifier ceci, je le ferai dans un autre billet. D’ici là, je te demande gentiment, cher lecteur, d’admettre ce résultat.

5. La névrose du woke le conduit à capter les agressions imaginaires mais cela ne le rend en rien plus sensible aux agressions réelles. On ne compte plus les wokes qui se sont sentis plus agressés par les affichettes des bébés otages enlevés par le Hamas à Gaza que par les enlèvements eux-mêmes. Le wokisme, c’est le monde vu, au sens propre, par le petit bout de la lorgnette. La poutre sans la paille.

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How many roads… En hommage à Claude Lazarus. 2 février 2024

Par Thierry Klein dans : Non classé.
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Un grande amitié unissait Claude et mon père et il y a des souvenirs qui font partie de la légende familiale, qui remontent à leur adolescence. Claude aurait fait découvrir Paris à mon père, ce Paris dont il connaissait tous les détails, au pas de course, tout à pied. En une seule journée, ils auraient vu tous les monuments. (Interrogée aujourd’hui, la source ne confirme pas de façon certaine la version mythique du « tout Paris en un jour », mais parle de « quelques jours »…).

Dans les premiers grands souvenirs que j’ai moi-même, j’avais 11 ou 12 ans, donc Jérôme 11 et Marina 7, on partait en vacances à la montagne pour 3 semaines avec les Lazarus, Claude et Yveline , on marchait effectivement beaucoup.

Claude adorait marcher en montagne et pour un enfant, ce qui était merveilleux, c’est qu’il était très attentif, très entrainant et avec lui, ça n’était jamais ennuyeux: il se passait toujours quelque chose. Il voyait tous les détails en premier, c’est le plus redoutable traqueur de fraises des bois que j’ai jamais connu. Il parlait aux enfants et les enfants adoraient son rire – Anne-France, Olivier et moi on s’en souvient tous. J’ai quelques souvenirs très vifs comme à la vallée des merveilles, on a vécu un orage à 2000 m avec la foudre qui n’arrêtait pas de tomber à quelques dizaines de mètres autour de nous sur des sortes d’arbres pétrifiés et en prime, Marina qui s’est mise à refuser d’avancer. Avec les sacs à dos, on ne pouvait pas la porter d’autant plus qu’il fallait aussi porter le chien, qui avait trop marché et dont les coussinets étaient en sang… « Maintenant Marina tu avances ou j’te claque » ! J’ai dû entendre ça 100 fois ce jour là – mais ça n’a jamais fait avancer Marina. Claude était drôle, spontané, impulsif aussi.

Ma mère m’a envoyé hier des photos de cette époque. On est au Sauze avec d’autres amis, 3 ou 4 familles ensemble. Les photos ont l’air tirées de films de Claude Sautet – même si ces films n’avaient pas encore été tournés.

Quelques années plus tard, à 17 ans, quand je suis monté étudier à Paris, je ne compte plus les fois où Claude et Yveline m’ont accueilli à St-Cloud avec une énorme gentillesse et une constance extrême. « Puteaux, Suresnes, le Val d’Or, St-Cloud »…: je me souviens encore des stations de train et même du numéro de téléphone 771-89-64. Ils voyaient débarquer le dimanche midi, parfois dès le samedi soir, une sorte d’ado mal fini préoccupé et surmené, entre 2 cours de maths, qui parlait peu. C’était le seul endroit où on n’exigeait rien de moi. Je ne pense pas que c’était très agréable de m’avoir, je ne sais même pas si je disais merci en partant. C’est un peu tard aujourd’hui mais Claude, Yveline, du fond du cœur, merci.

Quand on parle de quelqu’un comme ça qui disparaît, on ne parle évidemment que des bons côtés mais en réalité ça n’est pas dur, ça n’est pas dur parce que je n’ai que des bons souvenirs avec Claude, je n’en ai pas de mauvais.

Il était la gentillesse même, il était vif, il était spontané. Tout l’intéressait et il était au courant de tout. Le Monde du lendemain trainait au milieu du salon mais à la différence de tout le monde, il l’avait déjà lu. Il était partant, dynamique. Il était drôle, il était simple. Je ne voudrais pas que cette liste soit vue comme un suite de banalités, elle est la pure réalité.

Et par-dessus tout, si je peux détacher un trait, il avait gardé ce côté enfantin, lisible. On lisait sur son visage sa joie innée, son enthousiasme face aux événements les plus simples de la vie: sortir, marcher, parler – toute cette partie de nous qui est la meilleure mais que la vie, l’éducation, la fréquentation de la communauté des hommes nous apprend progressivement à enfouir ou à dissimuler, il l’avait conservée. Par une grande prédisposition de caractère, certainement mais aussi de volonté farouche car comme tout homme il avait forcément sa part d’ombre mais il n’en parlait jamais, par pudeur. En 45, son père n’était pas revenu. Il avait décidé une fois pour toutes de ne jamais ennuyer les autres avec ses propres problèmes et je n’étais pas là dans les derniers mois mais si je comprends bien, jusqu’à la fin, il a été comme ça.

C’était Claude Lazarus. Je l’aimais et j’avais un respect infini pour lui.

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Quelques notes sur « les armes de l’esprit » 31 décembre 2021

Par Thierry Klein dans : Non classé.
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Ci-dessous le discours prononcé en chaire le 23 juin 40 par le Pasteur Trocmé, au Chambon Sur Lignon. Il a entraîné toute la région derrière lui. Le Chambon sur Lignon, tous les villages environnants, ont caché et sauvé des milliers de juifs. Mes grands-parents étaient réfugiés à une vingtaine de kilomètres de là, à Lamastre.

Je n’avais pas relu ce discours depuis longtemps. Ce qui est remarquable, c’est la ressemblance, dans la structure, en deux temps, avec l’appel du 18 juin de de Gaulle – avec même la référence à l’Angleterre; dans la forme, avec les nombreux discours de Pétain de l’époque sur le thème de la culpabilité, du repentir, etc. A tel point que si on enlève les passages précisant le sens profond, pour Trocmé, du terme « humiliation », le texte pourrait presque passer pour Pétainiste.

L’humiliation chrétienne de Trocmé n’est pas le  ressentiment Pétainiste 

« gardons‑nous de nous humilier, non pour nous‑mêmes, pour nos propres fautes, mais pour les autres, et dans un esprit d’amertume mêlé de rancune. […].»,

mais bien une résistance Gaullienne :

« S’humilier, ce n’est pas plier devant une telle doctrine. […] Des pressions païennes formidables vont s’exercer sur nous-mêmes et sur nos familles, pour tenter de nous entraîner à une soumission passive à l’idéologie totalitaire…Le devoir des chrétiens est d’opposer à la violence exercée sur leur conscience les armes de l’Esprit  »

Cette difficulté à saisir la différence de fond entre de Gaulle et Pétain, on la retrouve encore aujourd’hui, chez Zemmour par exemple. Il y a entre Pétain et de Gaulle beaucoup de ressemblances sociales, de forme, etc. Les mêmes mots sont souvent employés. Mais avec des sens tout à fait différents, ce qui fait que tout les sépare.

Les deux textes, celui de Trocmé le 23, celui de de Gaulle le 18, ont été écrits en toute méconnaissance l’un de l’autre. De Gaulle, en tant que chef politique et militaire, imagine une stratégie vers la victoire – texte miraculeux tant cette stratégie, qui parait impensable en 40, s’est point par point réalisée. Y croyait-il lui-même, compte tenu de la situation militaire, lorsqu’il a écrit le texte ? Sans doute non ou très peu. De Gaulle, le 18 juin 40, n’a pour toutes armes que celles de l’esprit.

« Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l’ennemi. Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui. Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

« Nous avons été, nous sommes submergés par la force mécanique terrestre et aérienne de l’ennemi…L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! »

Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limites l’immense industrie des Etats-Unis. Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là. »

Là encore, il est facile de penser, c’est ce que fait Zemmour, que de Gaulle et Pétain sont les deux faces d’une même stratégie – l’un qui fait le dos rond devant les allemands, l’autre qui se bat – et d’interpréter ensuite l’histoire comme un simple jeu de rôles. Mais c’est une erreur profonde, non pas historique mais psychologique. Les deux résistants d’Aragon, Celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas croient tous deux, « Qu’importe comment s’appelle / Cette clarté sous leurs pas », en l’existence d’une dimension qui dépasse l’homme et pour laquelle on doit se battre, de Gaulle y croyait et Pétain, sous le même vernis chrétien, non.

Tout part du mystique chez de Gaulle. « Souffrances, fautes, espérance, flamme »… Son appel du 18 juin, bien qu’antérieur à celui de Trocmé, n’est qu’une tentative de faire coller la même mystique que Trocmé au réel. Le passage des armes de l’Esprit aux armes tout court. 

Il y a aussi chez Trocmé cette référence à « La bête ».

« Nous sommes convaincus que la puissance de cette doctrine est comparable à l’autorité de la Bête, qui est décrite dans le chapitre 18 de l’Apocalypse. ».

Chez St-Jean, la Bête est l’Empire Romain. L’expression « Les armes de l’esprit » est aussi empruntée à St-Jean.  Au même moment, Simone Weil écrit « Les origines de l’Hitlérisme », un petit essai où elle compare de façon très convaincante l’esprit de l’Empire Romain et du régime Hitlérien.

« Les quelques moments lumineux de l’Empire romain ne doivent pas retenir l’attention au point d’empêcher de sentir l’analogie entre ce système et celui d’Hitler…. Hitler n’écrase pas plus la Bohême que Rome n’écrasait ses provinces… Les camps de concentration ne sont pas un moyen plus efficace d’éteindre la vertu d’humanité que ne le furent les jeux des gladiateurs et les souffrances infligées aux esclaves, […], la vie spirituelle n’est pas traquée avec plus de soin et de cruauté en Allemagne qu’elle ne le fut dans l’Empire Romain… ».

Cette capacité à reconnaître presqu’instinctivement la nature profonde du régime hitlérien, il faut bien l’appeler, avec Chateaubriand, « génie du christianisme ».

Le nombre de dénonciations au Chambon fut exceptionnellement faible. Aux autorités de Vichy qui lui demandaient de livrer les juifs, Trocmé répondit « Je ne sais pas ce qu’est un juif, je sais ce qu’est un être humain ».  Au final, tout le village fut, de façon collective, reconnu comme « Juste parmi les Nations » en 1990 par l’Institut Yad Vashem. Je n’ai rien vécu de tout ça mais il m’est difficile, aujourd’hui encore, d’y penser sans émotion.

« Je termine enfin en écrivant encore une fois les noms du pasteur André Trocmé et celui de Le Chambon Sur Lignon, car on ne saurait mieux dire »

Romain Gary, Les cerfs-volants

dimanche 23 juin 1940

Le devoir des chrétiens est d’opposer à la violence exercée sur leur conscience les armes de l’Esprit…

Ce qui suit est la retranscription par Pierre Sauvage du texte de ce message historique, dont une copie lui fut remise par Mme Magda Trocmé dans les années 80.  (Un court passage reste malheureusement illisible.)  Ce texte fut cité publiquement pour la première fois dans le film Les armes de l’esprit (1989).  C’est Nelly Trocmé Hewett, fille du pasteur Trocmé, qui lut un extrait.

Il faut noter que l’armistice avec l’Allemagne avait été signé la veille, à 18 h. 30.

 Frères et soeurs,

Le président de la Fédération Protestante a prononcé hier [le 22 juin 1940] à la radio une allocution à laquelle nous voulons joindre notre voix.  Dans cette allocution, M. [le pasteur Marc] Boegner appelle l’Église Protestante de France à l’humiliation pour les fautes qui ont amené notre peuple à l’état où il se trouve aujourd’hui.

Comme lors des grandes détresses d’Israël, l’heure est à l’humiliation.  Humilions‑nous tous pour la part de responsabilité que nous avons dans la catastrophe générale.  Humilions‑nous pour les fautes que nous avons commises et pour celles que nous avons laissé commettre, pour notre laisser-aller, pour notre manque de courage qui ont rendu impossible le redressement devant les tempêtes menaçantes, pour notre manque d’amour devant les souffrances des autres, pour notre manque de foi en Dieu et notre idolâtrie de la richesse et de la force, pour tous les sentiments indignes du Christ que nous avons tolérés ou entretenus dans nos coeurs, en un mot pour le péché dont nous avons chacun notre part et qui est la seule cause véritable des malheurs sans nom qui nous frappent.

Humilions-nous devant Dieu, chacun personnellement, comme particuliers, corme chefs ou membres d’une famille, comme citoyens, et comme chrétiens, comme pasteurs, comme conseillers presbytéraux, comme moniteurs, comme unionistes, comme fidèles de l’Église.  C’est de Dieu que nous implorons le pardon pour le péché dont nous sommes personnellement coupables et pour le péché de notre peuple, de l’humanité actuelle et de l’Église d’aujourd’hui dont nous sommes solidaires.  C’est de Dieu seul que nous attendons le relèvement.

Cependant nous devons nous garder de certaines manières de nous humilier qui seraient une désobéissance à Dieu.

Premièrement, gardons‑nous de confondre humiliation et découragement, et de penser et de répandre autour de nous que tout est perdu.  Il n’est pas vrai que tout soit perdu.  La vérité évangélique n’est pas perdue, et elle sera proclamée librement du haut de cette chaire, dans les réunions et dans les visites.  La Parole de Dieu n’est pas perdue, et c’est là que se trouvent toutes les promesses et toutes les possibilités de relèvement pour nos personnes, pour notre peuple, pour l’Église.  La foi n’est pas perdue : l’humiliation véritable n’affaiblit pas la foi, elle mène à une foi plus profonde en Dieu, à une volonté plus ardente de le servir.

En second lieu, gardons‑nous de nous humilier, non pour nous‑mêmes, pour nos propres fautes, mais pour les autres, et dans un esprit d’amertume mêlé de rancune.  Ces derniers jours, au cours de nos visites, nous avons entendu de nombreuses plaintes de soldats contre leurs officiers, et d’officiers contre leurs soldats, de patrons contre leurs ouvriers, et d’ouvriers contre leurs patrons, de riches contre les pauvres, et de pauvres contre les riches, de pacifistes contre les patriotes, et de patriotes contre les pacifistes, de croyants contre les incroyants, et d’incroyants contre les croyants.  Chacun accuse les autres, chacun cherche à esquiver ses propres responsabilités pour charger ses concitoyens ou les peuples étrangers, oubliant que Dieu seul peut juger et mesurer la culpabilité de chacun.  Nous ne croyons pas qu’une telle humiliation soit féconde et puisse préparer la reconstruction de notre pays et de l’Église.

En troisième lieu, en humiliant nos coeurs, n’humilions pas notre foi et nos convictions fondées sur l’Évangile.  Ainsi, parce que nous n’avons pas bien usé de la liberté qui nous était donnée, ne renonçons pas à la liberté, sous prétexte d’humilité, pour devenir des esclaves, et plier lâchement devant les idéologies nouvelles.  Ne nous faisons pas d’illusions: la doctrine totalitaire de la violence a acquis ces derniers jours un formidable prestige aux yeux du monde, parce qu’elle a, du point de vue humain, merveilleusement réussi.

[Illisible] pour notre société française.  S’humilier, ce n’est pas plier devant une telle doctrine.  Nous sommes convaincus que la puissance de cette doctrine est comparable à l’autorité de la Bête, qui est décrite dans le chapitre 18 de l’Apocalypse.  Cette doctrine n’est rien d’autre que l’antichristianisme.  C’est pour nous une question de conscience que de l’affirmer, aujourd’hui comme hier.  Il est à peu près certain que des enfants de notre église ont donné leur vie pour combattre cette doctrine.  S’humilier de ses péchés, ce n’est pas, maintenant, abdiquer devant elle.  C’est en donnant nos vies à Jésus‑Christ, au service de son évangile, de son Église universelle, que nous serons dans la fidélité et la véritable humilité.

A cet appel à l’humiliation chrétienne, nous voulons, frères et soeurs, ajouter quelques exhortations que nous vous adressons au nom de notre Seigneur Jésus‑Christ.

D’abord, abandonnons aujourd’hui toutes nos divisions entre chrétiens, et toutes nos chicanes entre Français.  Cessons de nous étiqueter, de nous désigner les uns les autres par ces termes où nous mettons du mépris: droite et gauche, paysans, ouvriers, intellectuels, prolétaires ou possédants, et de nous accuser mutuellement de tous les méfaits.  Recommençons à nous faire confiance les uns aux autres, et à nous saluer et à nous accueillir, en nous rappelant à chaque rencontre, comme le faisaient les premiers chrétiens, que nous sommes frères et soeurs en JC.

Ensuite, ayant abandonné ces méfiances et ces haines, ainsi que les passions politiques auxquelles elles sont accrochées, groupons-nous décidément autour de Jésus-Christ, le chef de l’Église universelle, et adoptons, comme source de pensée, d’obéissance et d’action, son évangile, rien que son évangile.

Enfin comprenons que le retour à l’obéissance nous oblige à des ruptures, ruptures avec le monde, ruptures avec des manières de vivre que nous avions acceptées jusqu’ici.

Des pressions païennes formidables vont s’exercer, disions‑nous, sur nous-mêmes et sur nos familles, pour tenter de nous entraîner à une soumission passive à l’idéologie totalitaire.  Si l’on ne parvient pas tout de suite à soumettre nos âmes, on voudra soumettre tout au moins nos corps.  Le devoir des chrétiens est d’opposer à la violence exercée sur leur conscience les armes de l’Esprit.  Nous faisons appel à tous nos frères en Christ pour qu’aucun n’accepte de collaborer avec cette violence, et en particulier, dans les jours qui viennent, avec la violence qui sera dirigée contre le peuple anglais.

Aimer, pardonner, faire du bien à nos adversaires, c’est le devoir.  Mais il faut le faire sans abdication, sans servilité, sans lâcheté.  Nous résisterons, lorsque nos adversaires voudront exiger de nous des soumissions contraires aux ordres de l’Évangile.  Nous le ferons sans crainte, comme aussi sans orgueil et sans haine.

Mais cette résistance morale n’est pas possible sans une rupture avec les esclavages intérieurs qui depuis longtemps dominent sur nous.  Une période de souffrance, de disette peut-être, s’ouvre pour nous.  Nous avons tous plus ou moins vécu dans le culte de Mammon, dans le culte du bien-être égoïste des petites familles, du plaisir facile, de la paresse, de la bouteille.  A présent, nous allons être privés de beaucoup de choses.  Cependant nous serons tentés de tirer notre épingle du jeu et de profiter encore de ce qui nous restera, ou même de dominer sur nos frères.  Sachons abandonner, frères et soeurs, notre orgueil et notre égoïsme, notre amour de l’argent et notre confiance dans les possessions terrestres, apprenons à nous reposer, pour aujourd’hui et pour demain, sur notre Père, qui est aux cieux, à attendre de lui le pain quotidien et à le partager avec nos frères, qu’il nous faut aimer autant que nous-mêmes.

Que Dieu nous libère des inquiétudes comme des fausses sécurités, qu’il nous donne sa paix que rien ni personne ne peut enlever à ses enfants, qu’il nous console dans nos deuils comme dans toutes nos épreuves, qu’il daigne faire de chacun de nous des membres humbles et fidèles de l’Église de Jésus Christ, du corps de Christ, dans l’attente de son royaume de justice et d’amour, où sa volonté sera faite sur la terre comme au ciel.

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C’est trop tard 11 novembre 2021

Par Thierry Klein dans : Non classé.
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C’est trop tard pour verser des larmes
Maintenant qu’ils ne sont plus là
C’est trop tard, retenez vos larmes
Trop tard, ils ne les verront pas

Car c’est du temps de leur vivant
Qu’il faut aimer ceux que l’on aime
Car c’est du temps de leur vivant
Qu’il faut donner à ceux qu’on aime

Ils sont couchés dessous la terre
Dans leurs maisons froides et nues
Où n’entrera plus la lumière
Où plus rien ne pénètre plus

Que feront-ils de tant de fleurs

Maintenant qu’ils ne sont plus là?
Que feront-ils de tant de fleurs
De tant de fleurs à la fois?

Alliez-vous leur porter des roses
Du temps qu’ils étaient encore là?
Alliez-vous leur porter des roses
Ils auraient préféré, je crois

Que vous sachiez dire je t’aime
Que vous leur disiez plus souvent
Ils auraient voulu qu’on les aime
Du temps, du temps de leur vivant

Les voilà comme des statues
Dans le froid jardin du silence
Où les oiseaux ne chantent plus
Où plus rien n’a plus d’importance

Plus jamais ne verront la mer
Plus jamais le soir qui se penche
Les grandes forêts en hiver
L’automne rousse dans les branches

Mais nous n’avons que des regrets
Mais nous n’avons que des remords
Mais ils ne le sauront jamais
Ils n’entendent plus, c’est trop tard

Trop tard, trop tard…

Barbara

Frères humains, qui après nous vivez,
N’ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s’en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Se frères vous clamons, pas n’en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n’ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l’infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d’oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu’Enfer n’ait de nous seigneurie :
A lui n’ayons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n’a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

François Villon

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Ca y est, Amazon censure les livres 28 février 2021

Par Thierry Klein dans : Non classé.
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C’est passé à peu près inaperçu mais la semaine dernière Amazon a changé ses conditions générales. Le site se permet dorénavant de censurer « tout ouvrage contenant du contenu incitant à la haine ou tout autre matériel que nous jugeons impropre ou offensant » (sic).

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La première « victime » de cette nouvelle clause est un livre critique de l’idéologie du genre, qui probablement va du coup très bien se vendre via des canaux alternatifs du fait de la publicité qu’Amazon lui a fait : « When Harry became Sally, Responding to the transgender moment« . (1)

Tout libraire indépendant, arguera Amazon, a le droit de sélectionner les livres qu’il propose au public. Tel libraire se spécialisera dans les bandes dessinées, un autre dans les livres marxistes, un autre dans les livres religieux… Mais Amazon représente 83% du marché du livre aux Etats-Unis et à ce niveau de dominance, le refus de vendre un livre correspond à une censure de fait. Aucun éditeur ne publiera un livre qu’Amazon refuse de commercialiser.

Les ouvrages refusés par Amazon sont de fait et au sens propre « mis à l’index », vous ne pourrez plus les lire. Amazon a recréé, pour un objectif idéologique qui lui est propre l’index des livres censurés élaboré par l’Eglise Catholique au XVIème siècle. Les idées présentes dans les livres censurés par Amazon seront comme effacées de notre société, avec une efficacité que l’Eglise catholique n’a jamais atteinte (Voltaire, Luther étaient à l’Index et cela n’a jamais empêché qu’ils soient lus).

Il n’est pas certain que la censure des idées ou des œuvres soit jamais une bonne chose, il est certain en revanche que sa mise en œuvre éventuelle doit procéder de la loi, dans un cadre démocratique, et non pas du bon vouloir d’une société commerciale. Nous avons donné des droits bien trop importants à Amazon.

Ce problème rejoint celui récemment constaté de la censure des contenus exercée par Google, Facebook et Twitter, allant jusqu’à censurer le compte du Président des Etats-Unis lui-même. Les conditions générales de ces sociétés leur permettent d’agir ainsi et tout media a, a priori, la liberté de décider du contenu qu’il publie. Mais la position de dominance des GAFAM est telle que la règle définie avant l’ère de l’Internet ne peut plus s’appliquer. L’Humanité peut censurer un homme politique de droite ou le Figaro une idée de gauche, c’est leur droit. Mais bannir de YouTube (92% de part de marché) ou de Facebook un contenu a un impact médiatique bien supérieur à lui interdire toute la presse française, d’un seul coup, télévision comprise. Le pluralisme ne joue plus quand on parle de media à ce point dominants, rassemblant plus de 90% du trafic ou du temps passé sur Internet.

Nous avons là encore donné des droits bien trop importants à de simples sociétés commerciales, qui menacent aujourd’hui non seulement nos libertés mais nos idées et l’accès au savoir. La censure (éventuelle) des contenus proposés par YouTube, Google, Facebook, Amazon doit absolument revenir aux Etats et être exercée selon des lois que nous aurons votées (2).

Le concept juridique à introduire dans la loi est celui de « dominance ». A partir d’un certain de gré de dominance, les conditions commerciales ou générales habituelles ne peuvent plus s’appliquer et l’Etat est fondé à les modifier, pour les adapter à sa loi. Ce concept est la conséquence juridique directe de la « scalabilité » recherchée par les acteurs de l’Internet, qui leur a permis d’établir cette domination.

Le numérique qui nous est concocté actuellement par ces sociétés ne correspond en rien à la promesse qui nous a été faite (et qui nous est vendue jusqu’à la nausée par les GAFAM) : de plus grandes libertés, un plus grand accès au savoir. Il nous ramène au contraire au passé dans ce qu’il a pu avoir de pire, « panem et circenses » (la gratuité et la débilité ludique des contenus), et l’Inquisition idéologique.

C’est l’exact contraire du numérique que nous voulons.

Dans son dernier ouvrage, « Une rencontre », Milan Kundera évoque la fin de l’illusion cinématographique. Né il y a 100 ans. Le cinéma qui promettait, le nouveau moyen d’expression culturel (sans même parler du cinéma en tant que nouvelle forme artistique) a aujourd’hui presque totalement disparu. Il est devenu un des principaux vecteurs de l’abêtissement général.

Internet: le début d’une illusion

(1) Je n’ai pas lu ce livre et précise que ce billet n’est en rien un soutien de son contenu éventuel. La position que je prends est « par principe ». Je note par ailleurs que « Mein Kampf » reste disponible sur Amazon; son contenu n’est donc probablement ni inapproprié ni offensant.

(2) Techniquement, cette proposition est très facile à réaliser. Il suffit d’imposer aux acteurs dominants du numérique de mettre à disposition du Juge français des interfaces (API) lui permettant de mettre en œuvre instantanément toute décision de justice, lui permettant aussi d’avoir accès, selon nos lois, au moyens de preuve nécessaires tels que les adresses IP permettant d’identifier l’origine de certains contenus, etc. Ceux qui refusent de s’exécuter seraient bannis du territoire français

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Lupin (la série) et la gauche woke 23 janvier 2021

Par Thierry Klein dans : Non classé.
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En France, tout délinquant de couleur est aujourd’hui une victime supposée du racisme policier. Les premiers épisodes de la série Lupin n’ont visiblement choqué personne.

La série – insignifiante par ailleurs – respecte assez bien l’esprit de l’œuvre de Maurice Leblanc, mais elle y ajoute des clichés victimaires « woke ». Le père (noir) de Lupin est victime, dès le 1er épisode, d’une erreur judiciaire complètement caricaturale, mais tellement dans l’air de notre temps si vous êtes lecteur de Mediapart, du Monde ou de Libé. Chez Leblanc, la police est nulle, pataude mais pas raciste. Arsène Lupin, s’il est en manque affectif, n’est pas une victime même indirecte d’un supposé « racisme policier ». Alors qu’Assane devient cambrioleur du fait d’un ressentiment justifié – l’arrestation à tort de son père qui l’a mené au suicide.

Dès le 2ème épisode de la série, le cliché est repris et amplifié. On comprend que le père de Lupin a été piégé par un policier (évidemment blanc) avec l’aide involontaire d’une bourgeoise incapable qui cherche à se donner bonne conscience. Ceux là même qui dénoncent les stéréotypes à tout va en ont créé un très gratiné.

Episode 4: Lupin cambriole un appartement bourgeois et on retrouve de nouveau le cliché de la bourgeoise totalement stupide (forcément) qui donne elle-même ses bijoux à Lupin, bien que celui-ci utilise un mode d’escroquerie très peu convaincant. Mais ce qui met mal à l’aise, c’est la justification du vol. La morale est sauve parce que l’origine de la richesse du mari de la victime est « le Congo Belge ». Comme il s’agit d’une accumulation de richesse coloniale, (et du fait qu’Assane est noir ?), on tente de faire apparaître le vol comme un juste retour des choses.

Cancel culture, insert culture

On connaît l’attention paranoïaque de la gauche woke aux soi-disant clichés, qui conduit par exemple à la censure des dessins animés de Disney (Peter Pan ou Les Aristochats) au nom de la ‘protection contre les stéréotypes’. On est en train d’assister à la naissance de séries grand public ou les clichés dominants de cette gauche « woke » sont insérés comme on insère, dans un James Bond, des produits à titre publicitaire. Une propagande de nature subliminale, en somme.

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Vaccin ARN: ne recommençons pas le coup du Thomson T07 3 janvier 2021

Par Thierry Klein dans : Non classé.
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Au début des années 80, l’Education nationale a décidé d’équiper les écoles en ordinateurs dans le cadre du plan « Informatique pour tous ». Il y avait 2 choix possibles: l’Apple II, un ordinateur personnel révolutionnaire et le Thomson T07, matériel dépassé, inutile, dont l’unique avantage était d’être français. Et bien entendu, « soucieux des intérêts industriels nationaux », le Ministre a décidé d’équiper les écoles en Thomson T07.

Une chance inestimable s’était envolée. On aurait pu donner à une génération d’élèves français le goût de l’informatique et certains, apprenant à programmer sur un matériel « état de l’art » auraient dans doute participé à la création d’une industrie nouvelle dont personne n’envisageait alors l’ampleur qu’elle allait prendre. Au-lieu de ça, on a dégoûté les élèves, les professeurs et on a vite rangé les ordis Thomson dans les placards. Ils n’en sont jamais ressortis. On n’a même pas sauvé, évidemment, l’industrie française des ordinateurs, qui a disparu corps et âmes quelques années plus tard.

Mon père s’était intéressé à l’informatique. J’avais eu la chance rare en France, bien avant le bac d’avoir un Apple II à la maison. J’avais appris à programmer dessus et je me souviens encore de ce livre extraordinaire, « La programmation du 6502« , écrit par un Centralien émigré aux USA, Rodnay Zaks, avec qui j’ai eu la chance d’échanger des dizaines d’années plus tard. J’avais vu qu’il avait fait un Master en Informatique à Berkeley et dès la classe de première, j’avais envie de partir étudier l’informatique aux Etats-Unis. J’ai obtenu mon Master en Computer Science américain en 1990 (non pas à Berkeley mais à Stanford).

A Stanford, plus de la moitié des étudiants en Master d’informatique (nous devions être une centaine en Master, dont seulement 2 français) avaient eu accès à un Apple II dans leurs études secondaires. Cette proportion extraordinaire montre bien la dynamique qu’a pu avoir cet ordinateur, les vocations qui ont été créées et l’opportunité que l’Education Nationale a ratée. En croyant, à court terme, privilégier les intérêts français, elle a de fait contribué à la nullité française en informatique et nous a empêché de créer notre industrie.

Aujourd’hui, je vois la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche faire la même erreur, avec le vaccin ARN, que celle que nous avons faite en 1980 avec l’Apple II. Il s’agit d’attendre « le bon vaccin » (entendez le vaccin français, celui de Sanofi).

Mais Sanofi connaît probablement sa faiblesse en la matière depuis le début. Comment expliquer, sinon, qu’un industriel choisisse deux stratégies de développement différentes, montrant ainsi qu’il n’a confiance en aucune ? On n’enfonce pas une porte avec deux béliers de petite taille mais avec un gros bélier, dans lequel on a mis tous ses moyens.

Non seulement donc ce choix industriel ne rendra pas Sanofi compétitif mais des vies seront en outre perdues, ce qui est évidemment une conséquence encore plus grave qu’un simple retard industriel. Pour paraphraser Churchill: « Vous avez voulu sauver votre industrie au détriment de vies ? Vous perdrez et votre industrie et les vies. »

En outre, nous ne nous donnons pas les moyens de regagner notre retard technologique, au contraire nous allons le creuser. Pourquoi ?

La mise au point de nouveau vaccin ARN, même si elle ne s’est pas faite en France, constitue une avancée aussi importante que la découverte du vaccin contre la variole ou de la pénicilline. Aujourd’hui, il s’agit d’une prouesse technique mais la technologie de conception étant de nature logicielle, il sera de plus en plus facile – et rapide – de développer de tels vaccins.

Ceux qui maîtrisent ce logiciel ont réussi à développer le vaccin avec une rapidité jamais vue jusqu’à présent, mais dans quelques années, ce travail ne sera plus une question de mois ou d’années, mais d’heures ou de jours. C’est simplement une nouvelle manifestation de la pénétration de la révolution numérique et du pouvoir universel du software dans des sciences fondamentales telles que la biologie (l’autre exemple important étant Crispr, lui aussi de nature logicielle).

Ce vaccin est en fait le premier vaccin numérique.

Plutôt que de retarder son utilisation, le Ministre de l’Education Nationale, la Ministre de l’Enseignement supérieur, devraient veiller à ce que les principes fondamentaux de ce vaccin, qui ne sont pas si complexes, comme je l’ai développé ici dans un billet « Nature is code », soient expliqués dès l’année prochaine à tous les élèves de Terminale. Il faudrait pour ceci remettre la biologie dans le tronc commun des élèves, qu’elle n’aurait jamais dû quitter. Et si l’on n’a pas le temps de bien aborder la génétique, qu’on débarrasse la biologie de tout le prêchi-prêcha écologiste qu’on impose à nos élèves dès le primaire. Crispr, le vaccin ARN, valent bien quelques pensums sur la biodiversité et sur les éoliennes.

Qu’on permette aussi aux étudiants qui ont choisi informatique de faire le lien. On peut introduire des TP basés sur Crispr ou sur le vaccin ARN dès la spécialité informatique de Terminale, au pire en licence ou en classes préparatoires.

Nous avons raté cette découverte. Au lieu de faire un calcul d’épicier, on ferait mieux de donner à la génération qui vient l’envie et le savoir pour en faire de nouvelles.

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Hydroxychloroquine : les américains aussi étudient n’importe quoi 21 avril 2020

Par Thierry Klein dans : Non classé.
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Une étude américaine qui conclut à l’inutilité de l’hydroxychloroquine, mais qui a eu tout faux (traitement donné à un mauvais moment, qui a sans doute tué certains malades). Je commente rapidement, il n’y a aucun enseignement, dans un sens ou dans l’autre, à tirer de cette étude.

a) le taux de mortalité indique que les patients étaient atteints de façon sévère et à un stade avancé de la maladie. On sait que le couple HC / AZT ne fonctionne probablement plus à ce stade (au contraire, son effet est probablement négatif). En tout état de cause personne, même pas Raoult, ne conseille son usage à un stade trop avancé.

b) Surtout, ils ont pris 19 patients du groupe « sans HC » et les ont reversé au moment de la ventilation dans les groupes « HC » (Table 1) ! Patients dont ils ont aggravé l’état et qu’ils ont compté au négatif des groupes « HC ». Cela correspond à un transfert de 12% des patients en cours d’étude et est susceptible d’inverser totalement les conclusions. N’importe quoi.

c) Beaucoup de patients avaient des pbs cardiaques et il semble qu’ils n’aient fait aucun suivi ECG. On ne connaît pas les doses de HC données mais ils ont sans doute tué ces patients sans sourciller… Incroyable.

d) « hydroxychloroquine [..] was more likely to be prescribed to patients with more severe disease, as assessed by baseline ventilatory status and metabolic and hematologic parameters ». Bref, les + malades, à un stade trop avancé, ont suivi le traitement. CE QU’IL NE FAUT PAS FAIRE !

e) Soi disant ils ont « compensé » les déséquilibres entre groupes avec une formule mathématique destinée à corriger leurs statistiques. C’est beau, mais une telle formule n’existe pas. On ne sait pas à ce jour estimer la probabilité de décès en fonction de l’état d’entrée du malade. Enfumage total.

f) Tout ceci est très similaire à l’essai de Paris, dont les auteurs en devraient pas être fiers. Voir « Une étude criminelle sur le coronavirus à Paris »

g) on touche toute la limite éthique de tels essais où les malades ne sont plus que des objets au service de médecins « Dieu » – sans même aucun bénéfice pour la science en l’espèce car une telle étude ne sauvera jamais aucun malade. Vérifier que HC donné à des maldes cardiaques sans contrôle tue, que donnée trop tardivement elle n’aide pas à la guérison, tout le monde peut le faire, ça n’a aucun intérêt. Voir « “Je ne suis pas Dr House, mais…” ».

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Quand Brabant inspire Tesla 26 novembre 2019

Par Thierry Klein dans : Economie,Non classé.
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Si l’Union Soviétique avait osé sortir ça, le régime serait tombé bien avant. Le capitalisme n’a au fond aucune supériorité sur le communisme, si ce n’est que la publicité est plus efficace que la propagande pour créer le désir. #Tesla

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