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Elon Musk et Twitter: vers la création du 1er réseau social conservateur 18 avril 2022

Par Thierry Klein dans : Politique,Technologies.
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(Article écrit avant le rachat de Twitter)

Elon Musk vient de faire une offre pour racheter Twitter. Le style de l’offre est caractéristique.

I am offering to buy 100% of Twitter for $54.20 per share in cash, a 54% premium over the day before I began investing in Twitter and a 38% premium over the day before my investment was publicly announced.

My offer is my best and final offer and if it is not accepted, I would need to reconsider my position as a shareholder.

Pour en faire quoi et a-t-il une chance de rentabiliser cette offre ?

(Les citations de Musk sont tirées de l’interview d’hier par Chris Anderson, voir la vidéo sur YouTube)

Twitter est un média énorme. Les français l’oublient souvent quand ils critiquent France-Inter (trop à gauche !), ou Cnews (trop à droite !), mais Twitter, Facebook, YouTube pèsent plus que n’importe quel organisme de presse écrite ou audiovisuelle. Plus que Ouest-France, Le Monde ou TF1 si on regarde le temps moyen passé par français par exemple. Acquérir Twitter c’est se donner les moyens politiques de peser dans le monde entier.

Or Elon Musk est un conservateur et Twitter est un média démocrate. Ainsi, la modération de Twitter penche vers les idées “libérales” (au sens sociétales) ou progressistes. On l’a vu quand Twitter a banni Donald Trump un peu avant les élections américaines. Twitter penche vers les idées progressistes à la fois par idéologie (les employés de Twitter, diplômés des universités américaines, sont presque tous des progressistes, comme chez Google ou Facebook); mais aussi par intérêt: Twitter, YouTube, Facebook sont des régies publicitaires soumises aux diktats progressistes de leurs donneurs d’ordre, les grandes entreprises mondiales. D’une façon générale, le communautarisme crée de multiples marchés de niche, au niveau alimentaire, au niveau culturel (mode, média, industrie du luxe, du sport, etc) et donc toutes les entreprises qui vendent des biens de consommation y sont intéressées. 

Bref, pour quelqu’un comme Elon Musk, la modération de Twitter n’est pas neutre et il importe de la corriger. Ce que propose Elon Musk, c’est de mettre en place au sein de Twitter le “free speech” et de rendre les algorithmes de Twitter plus transparents. En quoi cela consiste-t-il ?

Le free speech (ou l’equal speech)

Elon Musk insiste sur le fait que le free speech, soumis aux lois de chaque pays, serait plutôt une forme d’equal speech. Des règles identiques pour modérer les tweets et surtout un mode de modération extrêmement réduit par rapport à aujourd’hui. Grosso modo, si un tweet n’est pas clairement illégal, Elon Musk propose de ne pas le modérer. Elon Musk insiste sur le caractère légal des tweets et c’est déjà un immense progrès par-rapport au Twitter actuel, qui ne se conforme pas à la loi française puisqu’il est organisé pour ne pas donner de façon systématique les coordonnées des auteurs de tweets illégaux. Il est vrai que notre législateur s’est montré bien soumis vis à vis des plateformes US.

(Ajout: 28 avril. Définition de l’equal speech)

Dans un monde idéal, Twitter donnerait immédiatement à la justice française les coordonnées de l’auteur de tout tweet manifestement illicite. Il y en a des milliers par jour et les auteurs de ces tweets pourraient être alors facilement poursuivis. Pour ce faire, Twitter aurait l’obligation de connaître l’identité de ses contributeurs. Ainsi disparaîtrait automatiquement une grande partie de son côté irresponsable et corbeau. 

En un sens, ce que veut faire ici Elon Musk c’est ce que l’Etat français n’a pas voulu ou pas su faire.

La transparence

L’autre idée d’Elon Musk, c’est la transparence des algorithmes. Le code source des algorithmes serait disponible, ce qui permettrait à la communauté d’en modifier les erreurs et d’avoir confiance dans le traitement “juste” de la diffusion des tweets (aujourd’hui, certains tweets sont probablement plus ou moins diffusés en fonction de critères idéologiques et opaques, cela ne pourrait plus être le cas).

Having a public platform that is maximally trusted and broadly inclusive is extremely important to the future of civilization

(A noter l’utilisation savoureuse du terme progressiste politiquement correct « inclusive » que Musk reprend ici à son compte, en en détournant le sens. L’inclusion que pratique Twitter aujourd’hui est une censure idéologique qui ne dit pas son nom. Musk propose de la remplacer par une « inclusion large » (broadly inclusive) traitant tous les tweets légaux de façon identique et transparente.)

La transparence améliorerait-elle la performance de Twitter ? C’est loin d’être certain. En effet, si l’algorithme est transparent, il peut être facilement biaisé. Ainsi, l’algorithme de Google, dont les principes sont connus, est-il biaisé en permanence par les techniques de SEO, qui visent, de façon très efficace, à faire monter un site dans les résultats de Google – à tel point que Google en devient souvent inutile. Dans les sites où le classement des vendeurs est fait d’après des avis publics, les évaluations sont aussi biaisées. Ainsi, plus de transparence ne signifie pas forcément plus de neutralité, bien au contraire. L’opacité est souvent une des conditions nécessaires à la création de valeur collective: c’est le regard d’Orphée qui tue Euridyce.

La rentabilité de Twitter et l’offre de Musk

L’offre d’Elon Musk est à 54 USD par action, la valeur de Twitter est au moment de l’offre de 35 USD par action. C’est une belle offre mais pas fantastique car l’action de Twitter n’a pas progressé depuis 5 ans au même rythme que celles de Google ou de Facebook. Et depuis 1 an, elle stagne carrément. Il est clair que le cours de Twitter est sous estimé par-rapport à facebook ou Google, et c’est lié aux problèmes de management et de positionnement de Twitter. Le capitalisme a horreur du vide et c’est une des raisons qui a rendu l’offre de Musk possible.

S’il prend possession de Twitter, Musk devra s’opposer aux salariés, qui sont uniformément progressistes, en désaccord avec la notion de free speech qu’essaiera de mettre en place Musk. Des départs massifs sont possibles. Est-il possible de construire un média Internet de masse non progressiste ? La question est posée, Trump a échoué.

(Ajout 28 avril: le début de l’opposition aux salariés progressistes de Twitter, ici la directrice juridique, juste 2 jours après l’annonce du rachat)

Musk déclare ne pas avoir d’objectif financier dans l’affaire

I don’t care about the economics at all.

Ca tombe mal, si j’ose dire, parce que les actionnaires de Twitter n’ont pas tous des intérêts financiers non plus ! On y trouve le fond souverain d’Arabie Saoudite, par exemple, qui a un intérêt au maintien de la politique “multi-culturaliste” de Twitter. Twitter est clairement un medium démocrate et donc, il n’est pas certain que ces actionnaires soutiennent Musk, même si c’est leur intérêt financier de le faire. Tout semble aujourd’hui montrer au contraire que l’affaire est politique, progressisme contre conservatisme.

L’offre de Musk peut-elle être créatrice de valeur pour Twitter ?

Oui, mille fois oui. La réponse est dans ce simple graphique.

On y voit que 33% seulement des utilisateurs de Twitter sont des républicains (traduisons: non progressistes). Musk, si sa stratégie fonctionne correctement, peut augmenter le trafic de Twitter de 33% environ. La hausse de trafic pourrait être bien supérieure du fait de l’intérêt généré et si ça marche, Facebook, Instagram, etc seraient obligés de suivre. Sans parler des multiples effets bénéfiques induits qui se monnaieront aussi à terme (liés à la confiance dans le média). C’est l’avenir des réseaux sociaux qui se joue ici.

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L’intelligence artificielle pour comprendre l’intelligence humaine 12 mars 2022

Par Thierry Klein dans : Technologies.
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Une intelligence artificielle (IA) simple permet de déterminer le sexe d’une personne avec un probabilité de 87% à partir d’une photo de son fond rétinien. Ce résultat en soi n’est pas très étonnant mais ce qui est un peu plus surprenant, c’est qu’aucun médecin n’était au courant et même maintenant, aucun médecin n’est capable de comprendre sur quels critères s’est basée l’intelligence artificielle pour arriver à un tel résultat.

Image

Non seulement ça, mais même les informaticiens, même ceux qui ont mis au point cette IA ne savent pas pourquoi elle arrive à ce résultat. Un cerveau artificiel comprend des millions de neurones dont il est extrêmement difficile, parfois strictement impossible, d’analyser le comportement. Et analyser ce comportement, comprendre pourquoi l’IA fonctionne, n’intéresse souvent pas grand monde. Pour des raisons économiques triviales mais évidentes, la communauté scientifique se focalise aujourd’hui sur les résultats, impressionnants, qu’obtient l’intelligence artificielle plus que sur la compréhension du cerveau artificiel.

Pourtant, le cerveau artificiel reproduit probablement des mécanismes profonds que la nature a mis en oeuvre dans le cerveau humain et il est évidemment plus facile à observer que le cerveau humain, puisque chaque neurone artificiel est une structure informatique dont on peut déterminer l’état à tout moment, alors que les neurones humains sont aujourd’hui impossibles à tester et observer individuellement (et ne le seront peut être jamais). La compréhension de l’IA est une « simple » question mathématique, alors que la compréhension du cerveau humain dépasse nos capacités d’analyse biologique.

La compréhension de la façon dont l’IA fonctionne est donc une des voies les plus prometteuses pour la compréhension du cerveau, pour la psychologie en général. Je checke pour ma future vie.

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Coronavirus : comment en sommes nous arrivés là ? 22 mars 2020

Par Thierry Klein dans : Covid-19,Politique,Technologies.
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A 4 jours d’intervalle, le chef de l’Etat s’est adressé aux français en délivrant des messages nébuleux et contradictoires. Ces deux interventions ont été faites à situation sanitaire essentiellement inchangée – non pas que le nombre de cas par jour soit resté constant, mais les invariants de l’épidémie, à savoir la gravité du virus et la loi mathématique déterminant le nombre de cas (essentiellement une exponentielle), étaient déjà connues depuis plusieurs semaines.

Macron avait donc tout loisir, dès sa première intervention et même bien avant, de déterminer une stratégie et de la communiquer de façon claire aux français. Ce qui l’empêche de le faire, c’est qu’il est lui-même soumis à la pression des réseaux, soit directement, puisqu’il y est présent, soit indirectement, puisque tous ses collaborateurs y sont présents.

En tant que spectateur du réseau, Macron est soumis comme vous, comme moi, à « l’opinion du réseau » (1) qui varie de jour en jour. Dans ses conditions, il lui est impossible de conserver une position de dirigeant rationnel et éclairé, il ne peut plus que singer cette position. D’un côté, il se pose en leader fort avec un discours martial et pathogène, multipliant les références déplacées à la guerre. De l’autre ce discours est en décalage total avec ses atermoiements (des positions différentes à 4 jours d’intervalle, mesures très indécises et floues, impossibilité à prononcer même le terme « confinement »).

Ce discours incohérent, dont l’invariant est le côté avant tout pathogène, c’est la traduction de la « pression collective » du réseau sur Macron.

« A mesure que les citoyens deviennent plus égaux et plus semblables, le penchant de chacun à croire aveuglément un certain homme ou une certaine classe diminue. La disposition à croire la masse augmente, et c’est de plus en plus l’opinion qui mène le monde…Dans les temps d’égalité, les hommes n’ont plus foi les uns dans les autres, à cause de leur similitude, mais cette même similitude leur donne une confiance presqu’illimitée dans le jugement du public, car il ne leur paraît pas vraisemblable qu’ayant tous des lumières pareilles, la vérité ne se rencontre pas du côté du plus grand nombre… ce qui entraîne une immense pression de l’esprit de tous sur l’intelligence de chacun.»

Tocqueville, De la démocratie en Amérique.

Cette “immense pression collective” dont parle Tocqueville, c’est une forme de panique. La panique est le phénomène où les individus se guident, en masse, sur des traits émergents – par exemple la direction générale de la fuite ou dans le cas présent le jugement du public tel qu’il apparaît dans le réseau. C’est aussi ce qui se passe lors d’un krach boursier, où tout le monde vend parce que tout le monde vend, sans autre raison valable.

De Gaulle pouvait à bon droit afficher une certaine distance vis-à-vis du peuple, cette distance étant une des conditions d’un bon gouvernement. Mais l’opinion du réseau variant de jour en jour, pour l’homme d’Etat soumis à la pression du social numérique, ce n’est plus « Moi, ou le chaos », c’est « Moi, traduisant le chaos ». Macron n’est pas spécialement à blâmer dans cette affaire ; nous sommes tous logés à la même enseigne et nous sommes tous des victimes du réseau, en ceci qu’il nous transforme tous en moutons, chacun de nous étant à la fois acteur et victime de cette transformation.

L’opinion du réseau paraît toujours éclairée. On y trouve toute l’information, y compris la vraie et les algorithmes y sont organisés de façon à ce qu’on y trouve essentiellement des confirmations de notre opinion, celle-ci étant déjà, de façon récursive, la composée de l’opinion du réseau et de notre opinion antérieure. Chacun croit raisonner mais y trouve en fait la confirmation a posteriori de ses passions. Cette impression de fausse rationalité qui s’impose à son corps défendant à la foule est en fait très similaire aux pires phénomènes de contagion mimétique, du lynchage à Nuremberg. Il y a beaucoup de similitude entre ce que décrivent Sophocle dans Oedipe Roi, Ionesco dans Rhinocéros et ce qui se passe aujourd’hui.

Se soumettre à l’injonction du réseau, c’est au sens propre se soumettre à l’injonction de la populace au pire sens du terme, en ceci que la populace s’oppose au peuple, à l’intérêt général bien compris et est à même d’empêcher tout gouvernement. Tout ceci peut facilement dégénérer en massacre.

L’invariant de l’opinion du réseau n’est donc pas la pertinence mais bien la peur. Le réseau est avant tout pathogène et j’observe qu’à l’heure actuelle son opinion varie grosso modo quotidiennement. De là le ton et le contenu changeant des interventions de Macron, réussissant, à son corps défendant, une sorte de synthèse parfaite lors de ses interventions. Mais sous cette influence, il est impossible de gouverner tout court ; les bonnes décisions nécessitent une certaine distance et surtout, si on change de direction tous les jours, on ne va nulle part, que les décisions soient bonnes ou mauvaises. Mieux vaut une décision moyenne, à laquelle on se tient, que des changements permanents de direction, qui rendent toute progression impossible.

Je veux bien admettre que la France n’est plus ce qu’elle était. Mais l’absence de gel, de masques, de tests provient certainement plus de la dispersion frénétique des efforts du gouvernement, de cette incapacité pathologique à fixer la moindre direction que d’un honteux manque de moyens ou d’une stratégie cynique.

La Chine a vaincu le virus en confinant sa population, décision de qualité très moyenne. Ce confinement a une efficacité relativement faible et il est très coûteux économiquement. Mais sa maîtrise totale des réseaux sociaux a permis de fixer un cap, même imparfait, et d’obtenir un résultat.

Je crains beaucoup plus la peste du réseau que le coronavirus lui-même. A la fin, la plupart des morts en France seront des victimes de Facebook. On nous parle beaucoup en ce moment de la prise de conscience censée être créé tous azimuts par le coronavirus. On nous prédit la fin de la mondialisation, du capitalisme-roi – toutes sortes de choses. Je suis très dubitatif mais ce serait déjà pas mal si on pouvait s’intéresser au rôle des réseaux.

« La vraie question est bien : comment ce pays est-il arrivé dans un tel état que l’on préfère écouter les gens qui ne savent pas que plutôt ceux qui savent ? »

(Professeur Raoult, dans La Provence du jour).


(1) Le réseau en tant que tel n’a évidemment pas une opinion. J’appelle opinion du réseau ses « traits émergents » – voir plus loin.

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Comprendre la publication scientifique, quelques commentaires 10 novembre 2019

Par Thierry Klein dans : Critiques,Technologies.
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Quelques réflexions qui me sont inspirées en commentaire du billet de Franck Ramus: comprendre la publication scientifique


1) Le cas des Sciences Humaines et Sociales (SHS)

Le billet contient une critique implicite et à mon sens parfaitement justifiée des SHS, en particulier dans sa note [5]. Il y a effectivement confusion, depuis l’origine de ces sciences, entre œuvre scientifique et œuvre littéraire – ainsi Freud, dont le contenu scientifique de l’œuvre reste soumis à caution, n’en est pas moins un auteur de génie. Qui plus est, les SHS s’arrêtent souvent bien en deçà de l’ouvre littéraire, pour tomber au niveau du manifeste politique – là aussi, c’est le fruit d’une longue tradition (cf Bourdieu, etc). Un large pan des SHS a été contaminé ; un grand nombre d’études SHS tiennent aujourd’hui littéralement du tract et n’ont de fait pas de contenu scientifique.
Le mécanisme de « peer review », dont Franck Ramus chante les louanges n’empêche pas ce phénomène, ni au niveau français ni au niveau international (la « profondeur » de la théorie du genre, un must international des SHS, mettrait en joie Rabelais ou Molière). Dans le cas des SHS, le « Peer review » amplifie même, en l’espèce le phénomène, les pairs formant alors une sorte d’aristocratie tendant à sa propre reproduction et recherchant de façon circulaire, dans les papiers soumis, une forme d’auto-confirmation de ses propres idées.

2) Critique des « peer reviews »

Du fait de l’hyperspécialisation des sciences à laquelle on assiste depuis un peu plus d’un siècle, le nombre des pairs, pour chaque spécialité, est très réduit (souvent ces pairs se connaissent tous. Dans le cas des grandes universités anglo-saxonnes, ils vivent ensemble, se côtoient à la ville et dans les congrès, leurs femmes se côtoient, les cancans sur leur vie privée circulent entre eux, etc). Considéré spécialité par spécialité, le global village, même s’il est mondial, même à l’ère d’Internet, est donc minuscule.
Dans ce village, les opinions des profanes ne sont jamais considérées, même s’ils ont dédié 30 ans de leur vie à étudier les livres des savants. Les opinions des savants des autres disciplines ne sont non plus jamais considérées du fait de l’hyperspécialisation scientifique. Les pressions sociales qui s’y exercent sont intenses (argent, considération, amitiés, jalousies, réputation, lutte entre les générations…) comme dans toutes les activités humaines. Les savants sont des gens très doués, sélectionnés sur examen qui jugent leurs aptitudes supposées à la science, mais pas leur goût pour la vérité. Il y donc aussi des modes en sciences, d’une durée d’environ 10 à 20 ans et qui produisent ce qu’il faut bien appeler une opinion moyenne, au sens où l’entend Franck Ramus. Même si cette opinion s’appuie sur des données expérimentales, ces expériences sont réalisées dans le village, les a priori qui les sous-tendent ne sont compris que dans le village, nécessitent des appareils coûteux et ne sont interprétées que par les habitants du village. Planck : « Même dans le cas des mesures les plus directes et les plus exactes, par exemple celle du poids ou de l’intensité d’un courant, les résultats ne peuvent être utilisables qu’après avoir subi nombre de corrections dont le calcul est déduit d’une hypothèse…».
Il ne faut donc pas exagérer la valeur du mécanisme de « peer review », même si, évidemment, la situation des SHS reste une exceptionnelle sorte de « cas limite » : toutes les autres spécialités justifient cette critique, sans atteindre cette limite.

3) La forme des publications

Le mode de fonctionnement scientifique actuel semble bien adapté à des évolutions techniques incrémentales. Les savants sont payés pour aller toujours de l’avant, produire de nouveaux papiers sans quoi on n’obtient ni avancement ni prix Nobel. Pourtant Aristote, Galilée, Newton… ont écrit de grands livres et dans le cas d’Aristote et de Galilée au moins, contenant une grande part d’opinion. (C’est une évidence aujourd’hui pour Aristote et dans le cas de Galilée, le Dialogue sur les systèmes du monde, un livre extraordinaire dans sa forme et son impact, est bourré d’approximations et d’erreurs scientifiques, en particulier sur la théorie des marées). La méthode actuelle à base de publications courtes est une sorte de caricature (perversion) de la méthode expérimentale de Descartes : chaque papier apportant une pierre supplémentaire à l’édifice mais sans jamais un retour sur les fondements. Ainsi, autant que j’en puisse très modestement juger en tant que non habitant du village, en dépit d’avancées techniques absolument uniques depuis un siècle, la physique fondamentales s’est arrêtée depuis la découverte de la relativité et de la physique quantique, chacune résolvant d’un coup un grand nombre de contradictions classiques mais introduisant naturellement de nouvelles contradictions (Platon : « tout ce que l’intelligence humaine peut se représenter enferme des contradictions qui sont le levier par lequel elle s’élève » – Je ne sais pas si la mécanique quantique, dont la forme scientifique actuelle est essentiellement non représentable à l’intelligence humaine, est concernée).
Pour en revenir à l’analyse initiale de FR, ce qui se joue ici est plus important que la science même, c’est la notion de vérité, remplacée un peu partout par la notion d’utilité, que ce soit au sein du village ou des autres modes de publication « grand public ». Tout nous ramène à l’utilité, personne ne songe à la définir. En fait, l’opinion publique règne aussi dans le village des savants. Nous sommes revenus à la Grèce telle que Platon la décrit dans la République, au point qu’il semble décrire notre époque. L’art de persuader, la publicité, la propagande, le cinéma, le journal, la radio, la télé, Google, tiennent lieu de pensée et ont simplement remplacé Protagoras et les sophistes. Malheureusement, il semble que Socrate, Platon, la tradition pythagoricienne nous fassent défaut.

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Les TICE aux Pays des Merveilles 20 mars 2010

Par Thierry Klein dans : Economie,Politique,Technologies.
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Je me suis « coltiné » à peu près 50% du rapport Fourgous ces dernières semaines – j’emploie le mot « coltiné » pour rester poli, tellement ce rapport est indigeste.

Je dois être une des seules personnes au monde à en avoir lu presque la moitié, je vous assure que ça tient de l’exploit, c’est ma performance du mois, un peu comme si j’avais couru un 100 m en 10 secondes ou si j’étais resté 6 mn sous l’eau sans respirer. D’ailleurs, c’est un peu ce que je ressentais à la lecture des phrases du rapport: « est-ce que je vais tenir jusqu’à la fin sans mourir (d’ennui) ? ».

L’histoire retiendra donc qu’Einstein a changé l’histoire de la physique avec un papier de 10 pages mais que Fourgous n’a rien changé du tout avec un pavé de 326 pages. Comme quoi, avant de s’intéresser aux TICE, un peu de bonne vieille instruction classique ne nuit jamais et aurait peut être permis au(x) rédacteur(s) d’apprécier les mérites de la concision et de la clarté. (Je sais, cher lecteur, tu penses toi aussi que l’introduction de ce billet est bien trop longue ! Pourtant tu vas poursuivre sa lecture le sourire aux lèvres – et crois moi, tu apprendras bien plus en lisant ces quelques lignes qu’en consultant le rapport Fourgous, même si, à ton grand regret, leur auteur n’est pas non plus Einstein !).

(suite…)

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Internet ou la paupérisation croissante des travailleurs intellectuels 22 janvier 2010

Par Thierry Klein dans : Blogs et journalisme,Dr House,Google,Technologies.
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Dans son Capital, Marx décrit comment les grandes usines de la révolution industrielle, « coopérations de machines » ont succédé aux manufactures du Moyen-Âge, « coopérations d’hommes », infiniment moins productives.

Le travailleur de Marx, qui effectue une activité physique, se retrouve en concurrence avec la machine et ce qui en résulte, c’est sa paupérisation.

Qu’est-ce qu’un journal ? C’est exactement une manufacture, au sens où la décrit Marx, à ceci prêt que le produit final (le journal) résulte d’une coopération intellectuelle et non pas d’une coopération physique. C’est pour ça qu’il a survécu à la révolution industrielle : on n’a pas encore inventé de machine pour écrire. (Le terme machine à écrire est un pur abus de langage : il faudrait en fait parler d’imprimante à clavier).

Quelle est l’action de Google sur la manufacture journalistique ? Google (qui est une machine) met automatiquement le journaliste en concurrence, non pas avec des machines, mais avec les productions intellectuelles de tous les autres écrivains, journalistes (ou même indignes blogueurs), de la terre.

Cette mise en concurrence de la production intellectuelle du journaliste est brutale, immédiate, sauvage et aussi déloyale : le blogueur n’est pas un salarié rémunéré. Le plus souvent, il ne cherche pas à vendre son droit d’auteur. Il est impossible pour le journaliste, qui doit en vivre, de s’aligner financièrement.

Confronté au phénomène de « création spontanée et gratuite » de contenu, les journaux ont invoqué la qualité soi-disant supérieure de leur création, de leur formation, de leur déontologie, etc…

Il n’est pas certain que cet argument soit fondé car, comme tu peux t’en rendre compte en ce moment, cher lecteur, les billets de ce blog constituent des productions intellectuelles tout à fait remarquables et seul le désintéressement total, qui touche à la sainteté, de leur auteur est la cause de leur publication sous cette forme totalement gratuite.

Surtout, l’histoire nous montre que l’argument de la soi-disant qualité est totalement vain. En leur temps, les artisans l’ont invoqué contre les manufactures, puis les manufactures contre les machines, plus récemment les usines occidentales contre la production chinoise. Quand les produits sont à peu près identiques pour le consommateur, c’est le plus facile d’accès – c’est-à-dire en général le moins cher – qui l’emporte.

Les journaux étant financés par la publicité, on a observé depuis quelques années un déplacement de la publicité « papier » vers la publicité « Internet » (gérée par Google) : plus qu’un changement de support media, ce déplacement s’interprète, en termes marxistes, par une captation d’une partie de la plus-value réalisée par la manufacture journalistique au profit de la machine développée par Google.

Au temps des machines, le Capitaliste obtient un avantage concurrentiel en finançant machine et travail, ce qui lui permet d’empocher la plus-value.

Mais ce qui est remarquable au temps de l’Internet, c’est que si Google jouit bien de l’avantage concurrentiel grâce à son moteur ou à Google News, il ne finance aucun travail ni aucune production intellectuelle. En mettant en place un mécanisme de liens publicitaires sponsorisés, Google transforme en plus-value un travail qu’il ne contrôle pas et sa position stratégique est infiniment plus fragile que celle de l’industriel de Marx.

Si la production « spontanée » de contenu diminuait un jour, pour des raisons sociologiques ? Si un autre moteur proposait des rémunérations publicitaires plus intéressantes que Google ? Si des états – France ou Chine – tentaient de saper le mécanisme de création de valeur de Google ? Ou si les journaux les plus lus s’entendaient entre eux pour refuser leur contenu à Google, empêchant le mécanisme de mise en concurrence sauvage de fonctionner ?

Dans tous ces cas, dont vous lisez des exemples quotidiens dans la Presse, la position de Google serait violemment attaquée, peut-être de façon vitale.

Google a pleinement conscience de cette fragilité et il ne faut pas interpréter autrement les multiples entreprises menées pour tenter de capter de façon plus pérenne cette plus-value.

Si, par exemple, sa tentative de numériser tous les livres aboutit, Google captera ad vitam aeternam une partie des droits publicitaires générés par le trafic lié aux livres et cette captation aura une durée supérieure au droit d’auteur lui-même puisque Google continuera à toucher de l’argent lorsque les œuvres seront tombées dans le domaine public.

Le cas de Google et de la presse est évidemment emblématique mais Internet met en danger un grand nombre de secteurs de production intellectuelle à court ou moyen terme, par des mécanismes de captation similaires (mise en concurrence, utilisation d’une abondance de contenu) :

– la médecine. Dans un grand nombre de cas, une description, même à distance, des symptômes permet d’arriver à un diagnostic. Il existe déjà des sites et des forums où on peut décrire son cas et les résultats sont absolument remarquables. Je vous invite à suivre l’épisode « Epic Fail » de Dr House (Saison 6) où le patient obtient de meilleurs résultats par Internet qu’avec l’équipe de House. (Cher lecteur, invoquer l’exemple vulgaire d’une série américaine peut sembler totalement déplacé à l’intellectuel que tu es. Tu as eu du Marx. Tu attendais une citation biblique. Ou au moins du Freud ? Et tu te retrouves avec du House ! Mais rassure-toi, House, c’est un peu tout ça à la fois. Ce n’est pas du tout une série banale mais une œuvre à part entière et tu le vérifieras en allant lire mes billets concernant cette série).

Ce qui protège encore les médecins ? Le côté sacré du traitement de santé. Ce qui les attaque ? La nécessité de réduire les coûts.

– l’ingénierie. Internet met les ingénieurs du monde entier en compétition. Dans le secteur informatique, il est devenu plus rentable de développer « offshore ». Des sites comme Odesk mettent en concurrence les ingénieurs de tous les pays, à des coûts horaires souvent inférieurs au Smic. Qui plus est, l’Open Source crée pour tous les ingénieurs informatiques une concurrence gratuite.

– La création graphique, le design… sont déjà touchés et l’effet ira s’accentuant lorsque des moteurs de recherche d’image permettront de rechercher des images de façon aussi efficace que du texte, par style, par goût, etc… (Google travaille sur un moteur « intelligent » de recherche d’images).

– Il est impossible de faire une liste exhaustive mais tous les métiers intellectuels dits « de profession libérale », à de rares exceptions prêt, seront impactés pour au moins une partie de leur pratique (juristes, enseignants, consultants d’entreprise…).

Au chapitre 25 du Capital, Marx, citant Bertrand de Mandeville, déclare que la richesse la plus sûre (pour le capitaliste) consiste dans la multitude des pauvres laborieux.

Pour Google, la richesse la plus sûre, c’est juste la multitude des êtres humains connectés.

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Sur RFI, ce soir à 19h15 8 octobre 2009

Par Thierry Klein dans : Formation à distance,Technologies.
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Pour parler de Google et du rétrécissement du savoir

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Comment Internet contribue au rétrécissement du savoir 9 septembre 2009

Par Thierry Klein dans : Economie,Google,Technologies.
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Soi disant, Internet représenterait une chance pour le savoir humain. Google référence aujourd’hui plusieurs trillions de pages. Son objectif est de numériser tous les livres au prétexte pompeux que « le plan de numérisation permettra de rendre à nouveau accessibles des ouvrages épuisés et introuvables ».

Savoir potentiel n’est pas savoir réel

Mais comme personne n’a la possibilité physique de lire toutes ces pages – tout ceci ne constitue que le savoir disponible potentiel. La quantité réelle de savoir disponible ne peut être quantifiée que de façon statistique. Le Web est intéressant si le temps moyen passé par un internaute sur des pages contenant du savoir est important. Le savoir disponible, c’est la quantité moyenne de savoir à laquelle un internaute accède réellement – et non pas potentiellement – au cours d’une session, d’une journée, d’une vie, multipliée par le nombre d’internautes.

Or cette quantité de savoir réellement disponible, qui n’a d’ailleurs jamais été très élevée sur le Web, diminue structurellement de jour en jour, Google étant l’acteur majeur, bien que probablement involontaire, de ce rétrécissement.

(suite…)

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Ne lisez pas ce blog et perdez 2 milliards 1 septembre 2009

Par Thierry Klein dans : Technologies.
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eBay se sépare aujourd’hui des deux tiers du capital de Skype, tout ça parce qu’ils n’avaient pas lu mes articles sur le sujet à l’époque. Ca leur coûte 2 milliards tout rond. Dommage.

(Non seulement c’était un plan foireux au départ, mais en plus, tout montre que les dirigeants de Skype n’ont pas joué le jeu et qu’au final, eBay se sera fait mettre profond par Skype).

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La fin de daily Motion 11 avril 2009

Par Thierry Klein dans : Crise Financière,Technologies.
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Google n’a trouvé son modèle publicitaire que bien après avoir imposé son moteur. Du coup, des centaines de sociétés se sont créées sans aucun business model et ont appelé ça « Web 2.0 ».

Le Web 2.0, c’est un peu comme le fou de Gotlib suspendu à son plafond. Il troue le plafond et y découvre un trésor. Du coup, des milliers de gens l’imitent et cassent tous les plafonds de la planète en espérant faire pareil. Une sorte de ruée vers l’or, avec encore moins d’élus car tout le monde sait qu’il n’y a pas d’or dans un plafond – en général.

Le XXIème siècle a remplacé la ruée vers l’or par la ruée vers le rien. C’est une tendance moderne, tout devient très très abstrait.

Daily Motion, une des sociétés emblématiques du Web 2.0, est mourante.

Plein de mauvais signes relayés dans l’article du Monde du jour, qui me font penser que Daily Motion ne va pas s’en sortir.

(suite…)

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