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Rien sur Matzneff 30 décembre 2019

Par Thierry Klein dans : Littérature.
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Sur Apostrophes

Pivot devait-il inviter Matzneff ? Bien sûr. Matzneff n’est sans doute pas un grand écrivain mais des dizaines d’écrivains plus médiocres ont participé à Apostrophes. Matzneff a donc sa place chez Pivot – et sans doute aussi en prison, c’est évident si ce qu’il a écrit est basé sur le réel, mais Pivot n’est pas flic.

Apostrophes a été une émission immense – parfois, comme lorsqu’on a vu une bonne pièce ou lu un bon livre, on pouvait se sentir meilleur, comme grandi, à la fin de l’émission. Immense mais fragile, fruit d’une époque où on pouvait encore discuter et du hasard (Pivot). Il est possible, pas certain, qu’on retrouve un jour un autre Pivot, qui sait ?, mais je crains que notre époque ne permette plus ce genre d’émission. C’est une grande perte – plutôt que de taper dessus comme on le fait, on devrait tout faire pour tenter de recréer ses conditions d’existence.

Dans l’émission incriminée d’Apostrophes, Denise Bombardier ne vient pas « rompre un badinage mondain » comme j’ai pu le lire mais donne courageusement son point de vue, point de vue très pertinent d’ailleurs. Pivot la laisse parler, il ne la décrédibilise en rien. Il n’y a pas eu unanimité sur le plateau et la liberté de penser a donc été respectée.

Pivot en tant qu’animateur était bonhomme jusqu’à l’outrance, bienveillant envers ses invités et aussi très distancié (ce mélange réussi, couplé à une préparation minutieuse qu’il arrivait à faire oublier, constituant sa marque de fabrique). Il n’a expulsé Bukowski que contraint et forcé, quand celui-ci est devenu physiquement violent; il n’est pratiquement pas intervenu non plus quand Gainsbourg insultait Béart, etc.

Mon objectif n’est pas de défendre Matzneff; sa place est sans doute en prison (ce qui pourrait lui être profitable sur le plan littéraire, après tout, Sade s’est révélé à la Bastille). Simplement, cette émission devait-elle avoir lieu ? Et a-t-elle été bien menée ? Je réponds oui aux deux questions.

A quoi sert la littérature ?

L’objectif de la littérature est d’explorer le réel, pas de nier le réel. En voulant la transformer en une entreprise d’édification morale, on la tue à coup sûr et on ne fait strictement rien pour la morale, pas plus qu’on n’améliore la situation d’un bâtiment pourri en en repeignant les murs. Au contraire, c’est en examinant la situation réelle, la cause des pourritures (sans oublier tout ce qui fait que le bâtiment tient) que vous pouvez espérer, peut-être un jour, améliorer la situation du bâtiment. J’écris « peut-être » parce que le bâtiment est peut-être irréparable, mais en tout état de cause, votre seule chance, c’est de l’examiner en profondeur. Et de même, vous ne pourrez pas améliorer l’être humain, si tant est qu’il soit améliorable, avec des fausses morales édifiantes basées sur la négation du réel.

(Comme le dit Denise Bombardier à Matzneff, « la littérature ne doit effectivement pas servir d’alibi ». En revanche, elle se trompe quand elle dit qu’il y a des limites à la littérature).

Ce n’est donc pas la pédophilie que Pivot a défendu mais la littérature, et une certaine forme de liberté d’expression qui lui est nécessaire. La littérature en tant qu’exploration du champ des possibles humains. Le sadisme, la pédophilie ne peuvent en être a priori exclus. Lolita, c’est dégueulasse aussi, pourtant c’est un grand livre. Tout n’est pas simple. Comprendre ceci, c’est en fait savoir lire.

Et pour finir, il y a cette curée obligée, tous ces idiots qui semblent n’avoir jamais réfléchi ni lu. Socrate couchait avec ses esclaves, entre Montaigne et La Boétie ce n’était pas rose, passez moi l’expression, tous les jours, Rousseau maltraitait ses enfants, Voltaire investissait chez les négriers, Aragon et Picasso étaient des monstres conjugaux, etc. Où s’arrêtera-t-on ? Cette situation ne profite qu’aux démagogues conscients ou inconscients (voir le Ministre de la Culture qui flatte son gros animal, je fais référence à Socrate, en déclarant qu’il va reconsidérer la bourse de Matzneff et que les victimes doivent composer le 119 !).

L’illusion du social

Mais pour les accusateurs en herbe, ce combat dépasse Matzneff ! C’est tout son monde qui est coupable (voir ici dans Mediapart ou ci-dessous, Françoise Laborde, qui évidemment laissera une trace immense dans l’histoire de la télé et, ex-membre du CSA, n’appartient à aucune caste…).

L’impunité de Matzneff devient le symbole de « la lutte des pauvres contre les puissants », d’une « connivence entre gens du même monde », d’une « appartenance à une pseudo élite intellectuelle ». Les mêmes qui ont toléré Matzneff au nom du social (pensant, dans les années 80, que la prévention contre la pédophilie était d’origine socio-culturelle) le condamnent aujourd’hui au nom du social (en tant que représentant fantasmé de sa classe élitiste et forcément corrompue, whatever that means).

Pensant corriger leur erreur, ils la répètent. Ainsi, nous ne pourrons, au final, plus être gouvernés que par les Tartuffes qui sauront le mieux surfer sur les indignations successives. Nous l’aurons cherché. Nous prenons un chemin très sûr vers la bêtise et vers la tyrannie (toujours en référence à Socrate qui disait aussi, confronté à ce genre de situations, que non décidément le peuple n’était pas philosophe).

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Mort de J.D. Salinger 4 février 2010

Par Thierry Klein dans : Littérature.
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Le meilleur article que j’ai pu lire (Eric Neuhoff), le plus instructif (New Yorker ).

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Internet ou la paupérisation croissante des travailleurs intellectuels 22 janvier 2010

Par Thierry Klein dans : Blogs et journalisme,Dr House,Google,Technologies.
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Dans son Capital, Marx décrit comment les grandes usines de la révolution industrielle, « coopérations de machines » ont succédé aux manufactures du Moyen-Âge, « coopérations d’hommes », infiniment moins productives.

Le travailleur de Marx, qui effectue une activité physique, se retrouve en concurrence avec la machine et ce qui en résulte, c’est sa paupérisation.

Qu’est-ce qu’un journal ? C’est exactement une manufacture, au sens où la décrit Marx, à ceci prêt que le produit final (le journal) résulte d’une coopération intellectuelle et non pas d’une coopération physique. C’est pour ça qu’il a survécu à la révolution industrielle : on n’a pas encore inventé de machine pour écrire. (Le terme machine à écrire est un pur abus de langage : il faudrait en fait parler d’imprimante à clavier).

Quelle est l’action de Google sur la manufacture journalistique ? Google (qui est une machine) met automatiquement le journaliste en concurrence, non pas avec des machines, mais avec les productions intellectuelles de tous les autres écrivains, journalistes (ou même indignes blogueurs), de la terre.

Cette mise en concurrence de la production intellectuelle du journaliste est brutale, immédiate, sauvage et aussi déloyale : le blogueur n’est pas un salarié rémunéré. Le plus souvent, il ne cherche pas à vendre son droit d’auteur. Il est impossible pour le journaliste, qui doit en vivre, de s’aligner financièrement.

Confronté au phénomène de « création spontanée et gratuite » de contenu, les journaux ont invoqué la qualité soi-disant supérieure de leur création, de leur formation, de leur déontologie, etc…

Il n’est pas certain que cet argument soit fondé car, comme tu peux t’en rendre compte en ce moment, cher lecteur, les billets de ce blog constituent des productions intellectuelles tout à fait remarquables et seul le désintéressement total, qui touche à la sainteté, de leur auteur est la cause de leur publication sous cette forme totalement gratuite.

Surtout, l’histoire nous montre que l’argument de la soi-disant qualité est totalement vain. En leur temps, les artisans l’ont invoqué contre les manufactures, puis les manufactures contre les machines, plus récemment les usines occidentales contre la production chinoise. Quand les produits sont à peu près identiques pour le consommateur, c’est le plus facile d’accès – c’est-à-dire en général le moins cher – qui l’emporte.

Les journaux étant financés par la publicité, on a observé depuis quelques années un déplacement de la publicité « papier » vers la publicité « Internet » (gérée par Google) : plus qu’un changement de support media, ce déplacement s’interprète, en termes marxistes, par une captation d’une partie de la plus-value réalisée par la manufacture journalistique au profit de la machine développée par Google.

Au temps des machines, le Capitaliste obtient un avantage concurrentiel en finançant machine et travail, ce qui lui permet d’empocher la plus-value.

Mais ce qui est remarquable au temps de l’Internet, c’est que si Google jouit bien de l’avantage concurrentiel grâce à son moteur ou à Google News, il ne finance aucun travail ni aucune production intellectuelle. En mettant en place un mécanisme de liens publicitaires sponsorisés, Google transforme en plus-value un travail qu’il ne contrôle pas et sa position stratégique est infiniment plus fragile que celle de l’industriel de Marx.

Si la production « spontanée » de contenu diminuait un jour, pour des raisons sociologiques ? Si un autre moteur proposait des rémunérations publicitaires plus intéressantes que Google ? Si des états – France ou Chine – tentaient de saper le mécanisme de création de valeur de Google ? Ou si les journaux les plus lus s’entendaient entre eux pour refuser leur contenu à Google, empêchant le mécanisme de mise en concurrence sauvage de fonctionner ?

Dans tous ces cas, dont vous lisez des exemples quotidiens dans la Presse, la position de Google serait violemment attaquée, peut-être de façon vitale.

Google a pleinement conscience de cette fragilité et il ne faut pas interpréter autrement les multiples entreprises menées pour tenter de capter de façon plus pérenne cette plus-value.

Si, par exemple, sa tentative de numériser tous les livres aboutit, Google captera ad vitam aeternam une partie des droits publicitaires générés par le trafic lié aux livres et cette captation aura une durée supérieure au droit d’auteur lui-même puisque Google continuera à toucher de l’argent lorsque les œuvres seront tombées dans le domaine public.

Le cas de Google et de la presse est évidemment emblématique mais Internet met en danger un grand nombre de secteurs de production intellectuelle à court ou moyen terme, par des mécanismes de captation similaires (mise en concurrence, utilisation d’une abondance de contenu) :

– la médecine. Dans un grand nombre de cas, une description, même à distance, des symptômes permet d’arriver à un diagnostic. Il existe déjà des sites et des forums où on peut décrire son cas et les résultats sont absolument remarquables. Je vous invite à suivre l’épisode « Epic Fail » de Dr House (Saison 6) où le patient obtient de meilleurs résultats par Internet qu’avec l’équipe de House. (Cher lecteur, invoquer l’exemple vulgaire d’une série américaine peut sembler totalement déplacé à l’intellectuel que tu es. Tu as eu du Marx. Tu attendais une citation biblique. Ou au moins du Freud ? Et tu te retrouves avec du House ! Mais rassure-toi, House, c’est un peu tout ça à la fois. Ce n’est pas du tout une série banale mais une œuvre à part entière et tu le vérifieras en allant lire mes billets concernant cette série).

Ce qui protège encore les médecins ? Le côté sacré du traitement de santé. Ce qui les attaque ? La nécessité de réduire les coûts.

– l’ingénierie. Internet met les ingénieurs du monde entier en compétition. Dans le secteur informatique, il est devenu plus rentable de développer « offshore ». Des sites comme Odesk mettent en concurrence les ingénieurs de tous les pays, à des coûts horaires souvent inférieurs au Smic. Qui plus est, l’Open Source crée pour tous les ingénieurs informatiques une concurrence gratuite.

– La création graphique, le design… sont déjà touchés et l’effet ira s’accentuant lorsque des moteurs de recherche d’image permettront de rechercher des images de façon aussi efficace que du texte, par style, par goût, etc… (Google travaille sur un moteur « intelligent » de recherche d’images).

– Il est impossible de faire une liste exhaustive mais tous les métiers intellectuels dits « de profession libérale », à de rares exceptions prêt, seront impactés pour au moins une partie de leur pratique (juristes, enseignants, consultants d’entreprise…).

Au chapitre 25 du Capital, Marx, citant Bertrand de Mandeville, déclare que la richesse la plus sûre (pour le capitaliste) consiste dans la multitude des pauvres laborieux.

Pour Google, la richesse la plus sûre, c’est juste la multitude des êtres humains connectés.

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Que restera-t-il de toi, Milan ? 15 mai 2009

Par Thierry Klein dans : Littérature.
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Une RencontreIl y a un seul auteur au monde dont j’achète les oeuvres avant la parution, sur Amazon, pour être sûr de les lire rapidement et c’est Milan Kundera.

Je viens de finir « Une Rencontre » son dernier recueil et je relis à cette occasion mes notes de 2005 sur « Le Rideau ». A ma grande satisfaction, elles n’ont pas pris une ride – j’en suis rétrospectivement très fier et je vous invite à les lire, vous ne perdrez pas votre temps (quel dommage que je ne puisse vous suggérer de les relire ! Mais hélas, avec mon style exécrable, aucun lecteur n’a tenu 4 ans sur mon blog).

(suite…)

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La fin d’une illusion 10 mai 2009

Par Thierry Klein dans : Critiques,Littérature.
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Inventé il y a peu plus de cent ans, le cinématographe est le plus souvent associé au cinéma en tant que nouveau moyen d’expression culturelle.

Mais qu’en est-il réellement ? L’audiovisuel a certes pris une place majeure dans le monde moderne mais il constitue avant tout le principal vecteur de l’abêtissement général (à travers la publicité et la télévision).

Le cinéma qui promettait, le nouveau moyen d’expression culturel (sans même parler du cinéma en tant que nouvelle forme artistique) a presque totalement disparu. Il n’a pas été tué par la censure (communisme, maccarthysme), mais par son propre avatar, la publicité télé qui, au nom de l’endoctrinement du consommateur, coupe littéralement les oeuvres.

(Berlusconi aura finalement, sous cet aspect, été bien plus efficace que Staline).

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Dr House, ou le retour du Religieux 5 décembre 2008

Par Thierry Klein dans : Dr House.
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L’épisode 21 de la saison 3 de Dr House, « Family », est une mise en scène sophistiquée des rapports entre l’utilitarisme et le religieux.

L’aîné doit, pour survivre, recevoir sous 5 jours une transplantation de moelle provenant du cadet, sinon il mourra. Mais le cadet tombe malade, ce qui empêche toute transplantation car l’aîné a perdu toutes ses défenses immunitaires.

House décide de rendre le cadet encore plus malade, en le soumettant à des bains glacés. En accélérant la progression de la maladie, il espère pouvoir la guérir ensuite plus rapidement pour sauver l’aîné.

(suite…)

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Docteur House, Tintin de laboratoire 13 octobre 2008

Par Thierry Klein dans : Dr House.
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Billet précédent : Dr House, Edgar Poe, Lacan: la Vérité est ailleurs.


J’ai parlé dans mon premier billet sur Docteur House de son côté « Sherlock Holmes ». Mais nous avons vu que, sur le plan psychologique, Docteur House va bien plus loin que Sherlock Holmes.

Dans la plupart des épisodes, et en tous cas dans les meilleurs épisodes de Docteur House, ce n’est pas dans l’observation d’un simple détail que réside la vérité. En fait, le côté « Sherlock Holmes » de House n’est le plus souvent mis en valeur que dans les cas les plus simples qu’il traite (les consultations en urgence, les discussions avec ses collègues, Wilson, Cuddy, etc…).

Ce qui rend House réellement différent, c’est sa capacité à aller voir ce qui est sous les yeux de tous, mais que personne n’a vu.

« She’s sleeping 16 hours a day, and it takes ten doctors and a coma to diagnose sleeping sickness.”

Cette capacité est totalement indépendante des examens sophistiqués (IRM, radios…) qu’on fait subir aux malades.

Le point le plus remarquable de la série est bien que dans presque tous les épisodes, les examens sont en fait totalement inutiles pour la découverte de la vérité. Ils ne constituent que le premier degré de lecture des épisodes (une façon simple d’introduire un élément dramatique) ; en aucun cas ils n’en constituent le principe.

Le plus souvent, l’épisode est structuré de façon à ce que la guérison du malade ne provienne pas d’un diagnostic technique.

Quelques exemples tirés pour la plupart des premières saisons

Dans Euphoria (Saison 2), la vie du Dr Foreman dépend d’un diagnostic que le Dr House doit faire chez un des malades qui a contaminé l’équipe. Le Dr House est convaincu qu’il peut trouver la cause dans l’environnement du patient à l’origine des contaminations et la trouve… mais trop tard. Le malade a déjà subi une biopsie cérébrale (qui confirmera le diagnostic).

(suite…)

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Dr House, Edgar Poe, Lacan: la Vérité est ailleurs. 15 septembre 2008

Par Thierry Klein dans : Dr House.
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Avertissement: la citation ci-dessous est quasiment incompréhensible. Je ne me suis résolu à l’utiliser que pour faire avancer mon schmilblick.

Regardons de plus près ce qui arrive aux médecins. On ne nous fait grâce de rien quant aux procédés dont ils fouillent l’espace voué à leur investigation, de la répartition de cet espace en volumes qui n’en laissent pas se dérober une épaisseur, à l’aiguille sondant le mou, et, à défaut de la répercussion sondant le dur, au microscope dénonçant les excréments de la tarière à l’orée de son forage, voire le bâillement infime d’abîmes mesquins. À mesure même que leur réseau se resserre pour qu’ils en viennent, non contents de secouer les pages des livres à les compter, ne voyons-nous pas l’espace s’effeuiller à la semblance de la maladie ?

Cette citation est extraite d’une leçon de Jacques Lacan sur la Lettre volée, une fameuse nouvelle d’Edgar Poe.

La lettre volée est un objet que tout le monde recherche mais que seul le détective Auguste Dupin parvient finalement à retrouver en usant non pas de méthodes policières mais psychologiques.

Dans la citation de Lacan, j’ai juste remplacé les mots « policiers » et « lettre » par « médecins » et « maladie » pour montrer à quel point le commentaire de Lacan semble s’appliquer (mais par anticipation !) à Dr House.

Il y a d’un côté les médecins, qui cherchent méthodiquement, sans rien trouver de définitif, en utilisant des méthodes d’enquête purement médicales. La série ne nous épargne ni les moyens, ni les images « choc », en synthèse 3D, images spectaculaires mais finalement peu intéressantes concernant la progression de ces recherches qui ne sont que le pendant des recherches policières systématiques que Lacan décrit en des termes presque identiques:

« la série trop connue des cachettes extraordinaires : dont on nous donne la revue, des tiroirs dissimulés du secrétaire au plateau démonté de la table, des garnitures décousues des sièges à leurs pieds évidés, du revers du tain des glaces à l’épaisseur de la reliure des livres. »

D’un autre côté, le Dr House, la plupart du temps, comme le détective Dupin, ne participe pas aux recherches, ni aux examens, mais va lui résoudre la maladie par d’autres moyens.

Pour Lacan, tout est une question de « regard » :

« Le premier est d’un regard qui ne voit rien : c’est le Roi, et c’est la police. (Cuddy, l’équipe du Dr House…)

Le second d’un regard qui voit que le premier ne voit rien et se leurre d’en voir couvert ce qu’il cache : c’est la Reine, puis c’est le ministre. (Certains membres de l’équipe du Dr House, pas toujours les mêmes, percent en général partiellement le mystère en s’inspirant de ses méthodes).

Le troisième qui de ces deux regards voit qu’ils laissent ce qui est à cacher à découvert pour qui voudra s’en emparer : c’est le ministre, et c’est Dupin enfin. » (Le Dr House)

Nous sommes partis du médical pour aller au policier, avec Sherlock Holmes et Dupin. Pour reboucler, Lacan emploie un terme médical, « La lettre en souffrance » pour traduire le titre de la nouvelle policière de Poe « The purloined letter ». Cette traduction est d’ailleurs aussi « mauvaise » que celle de Baudelaire, puisque « purloined » signifie « détournée », « prolongée », mais bien plus intéressante parce que Lacan sait parfaitement tout cela.

La Vérité est ailleurs et Lacan voit dans la nouvelle de Poe une représentation du fonctionnement du cerveau humain.

Je pense moi aussi aussi que la série Dr House décrit un mode de fonctionnement du cerveau humain, et que, ce faisant, elle va au-delà d’Edgar Poe. C’est ce qui en fait une série unique.

Je reviendrai là-dessus dans mon prochain billet, un peu plus reposant, qui portera sur le Dr House et Tintin.

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Elémentaire, mon cher Wilson ! 10 septembre 2008

Par Thierry Klein dans : Dr House.
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Tous les épisodes de Dr House durent 40 mn et ont une structure commune. Avant le générique, une personne tombe gravement malade, ce qui justifie son placement en hôpital. Ce malade sera ensuite traité, avec ou sans succès, par le Dr House et son équipe : c’est le motif dramatique principal de chaque épisode. Au sein du même épisode, House va aussi donner des consultations médicales, la plupart du temps hilarantes, qui constituent le motif comique.

House est un diagnosticien (je ne pense pas que de tels postes existent dans les hôpitaux français car cela induirait une hiérarchie intellectuelle de fait entre les médecins et, avant de voir la série, je ne savais pas non plus qu’ils existaient dans les hôpitaux américains). Il n’accepte de traiter que les cas les plus obscurs, ceux que les autres médecins de l’hôpital n’ont pas pu comprendre.


Un détective plutôt qu’un médecin.

Plutôt qu’un travail de médecin, House mène une enquête policière pour établir le bon diagnostic. Il recherche la solution dans la vie privée du malade et il se définit avant tout comme un excellent observateur. Il est souvent capable de reconstruire la vie d’une personne en l’observant quelques secondes (ce qu’il fait lors des consultations d’urgence qu’il a horreur d’assurer car les cas sont trop simples pour lui – cf l’extrait ci-dessous, qui est pour moi un des passages les plus significatifs et les plus drôles).

Cette scène est évidemment inspirée de Sherlock Holmes et d’une façon générale, les références à Sherlock Holmes abondent. Certaines maximes préférées de House sont de purs emprunts, comme par exemple « when you have eliminated the impossible, whatever remains, however improbable, must be the truth”.

Comme Sherlock Holmes, House est musicien (il joue du piano et de la guitare). Comme Sherlock Holmes est drogué à la cocaïne, House est drogué à la Vicodine (mais la drogue ne joue pas le même rôle, House se drogue parce qu’il a un handicap à la jambe qui lui crée une douleur permanente, alors que Sherlock Holmes se drogue pour améliorer ses facultés mentales. Comme le dit House, « The drugs don’t make me high, they make me neutral”.

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Docteur House: la plus grande série audiovisuelle de tous les temps 2 septembre 2008

Par Thierry Klein dans : Critiques,Dr House,Littérature.
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Je vais vous tanner avec écrire plusieurs billets sur Dr House, même si je ne suis au fond qu’un néophyte. Je suis tombé par hasard sur un épisode diffusé sur TF1 fin juin. Depuis, j’ai visionné toute la première saison et le début de la deuxième.

D’autres billets parlent de télévision dans ce blog; en général ce sont des billets « de société » et la télévision ne m’intéresse que parce qu’elle nous apprend quelque chose d’autre (sur la médiocrité de la société, du spectateur, la mienne propre, que sais-je encore…).

Mais Dr House est une série vraiment extraordinaire, pour moi la plus grande série TV de tous les temps et la seule, depuis que la télévision existe, qui puisse réellement prétendre au statut d’oeuvre d’art majeure. J’essaierai d’éviter au maximum les superlatifs dans les billets qui suivront, mais oui, quand je parle d’oeuvre d’art, je pense plus à Crime et Châtiment qu’aux Envahisseurs.

Docteur House va devenir un classique et si vous avez aujourd’hui l’immense privilège d’être les premiers à vous taper un article intello sur le sujet, vos descendants devraient, dans 50 ou 60 ans, l’avoir au programme de Première et en découvrir les arcanes dans le Lagarde et Michard (version revue et corrigée n° 56 457). Entre temps, les critiques, les Cahiers du Cinéma, les psychanalystes seront passés par là et auront plus ou moins bien développé ce que vous trouverez dans les billets qui suivront.

J’imagine que ce genre d’affirmations va générer pas mal de commentaires. Certains seront indignés que je puisse accorder autant de crédit à une œuvre aussi grossière (mais pas plus grossière que du Rabelais, après tout !). J’y répondrai plus tard.

D’autres vont me reprocher de donner un caractère universel à une opinion personnelle subjective (« Qu’il aime Dr House, soit ! Mais de quel droit en fait-il un classique ? Son opinion est toute subjective ! On est en démocratie nom de nom et j’ai le droit, moi, spectateur partial, de préférer Colombo, Amicalement Votre ou même Amour, Gloire et Beauté ! »). A ceux-ci, je voudrais répondre tout de suite que mon affirmation n’est pas qu’une opinion. Elle a un côté objectif.

Quand j’étais justement en Première, je cherchais laborieusement, parfois désespérément à comprendre ce qui, derrière le discours du professeur, faisait la beauté d’une œuvre littéraire. Le fait qu’on puisse analyser une œuvre, son style, trouver des correspondances, des idées, etc… montre qu’elle a une certaine tenue, mais ne prouve jamais sa beauté intrinsèque.

Prouver le caractère artistique, a fortiori la grandeur d’une œuvre est une gageure. Pour ce qui est de la raison pure et dure, c’est donc l’inculte qui rafle la mise. Le professeur ne peut que faire étudier, fournir des analyses, quelques clés pour, finalement, espérer que le cœur, qui est un mélange de rationalité et de beauté, finisse par comprendre.

L’objectif des billets qui suivront n’est donc pas de vous prouver mes thèses. Je ne peux pas le faire, pas plus que personne ne peut vous montrer par a + b la beauté du Misanthrope, de Phèdre ou de Crime et Châtiment. Je ne peux que vous livrer un début d’analyse, quelques éléments qui vous montreront que le sentiment que j’ai que Dr House est une œuvre majeure n’est pas totalement sans fondement.

Puis vous vous ferez votre opinion.

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