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D’un certain discours lénifiant sur le numérique à l’école vu comme un symptôme de la perte du capital scolaire. 4 février 2010

Par Thierry Klein dans : Crise Financière,Economie.
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Françoise Benhamou (Le Monde du 27/01/2010) décrète que « le numérique à l’école constitue le grand oubli du grand emprunt ».

Elle nous présente les technologies numériques, en vrac, comme l’avenir, la panacée, le symbole de l’enseignement de demain, les technologies qui créeront les emplois, relanceront notre économie, éveilleront nos enfants et même, réduiront leurs scolioses (je m’arrêterai là car les lieux communs me manquent).

Un impact industriel quasi nul

Mais introduire les technologies numériques à l’école, surtout sous la forme d’un « plan d’équipement massif en tableaux interactifs » comme le propose Françoise Benhamou n’aurait aucun effet de levier industriel. Presque tous les fournisseurs d’ordinateurs et de tableaux interactifs » étant étrangers : ces dépenses iront donc, tout naturellement, renforcer d’autres économies que la notre.

Seul donc l’argument pédagogique pourrait justifier un tel plan, même si c’est un argument à très long terme puisqu’il il faudrait une bonne dizaine d’années pour que les élèves concernés rentrent dans la vie professionnelle.

Les tableaux interactifs sont-ils utiles pour l’enseignement ?

En tant que chef d’une des entreprises qui en vend le plus en France, je vais vous répondre « Oui, bien sûr ! ». En tant qu’individu intuitif et à titre personnel, j’en suis assez convaincu. Mais en tant qu’être humain raisonnable, doté d’une capacité d’analyse critique, lisant à peu près tout ce qui s’écrit dans ce domaine, je suis obligé de reconnaître qu’il n’y a aucune preuve : les études sérieuses sur le sujet sont à peu près inexistantes et les retours d’expérience contradictoires (aux USA, certaines écoles abandonnent progressivement l’utilisation des nouvelles technologies).

Au fur et à mesure que la technologie se répand, la question même de l’utilité devient tabou, un intérêt commun finissant par réunir décisionnaires, acheteurs, vendeurs et utilisateurs.

En vérité, ce que masquent tous ces discours lénifiants, qui s’apparentent au final à de la pure propagande, c’est une perte de projet et de capital scolaire, au sens où l’entend Bourdieu dans La Noblesse d’Etat.

 » La logique qui pousse les écoles les plus démunies de capital proprement scolaire […] trouve un contrepoids qui impose un effort pour accumuler du capital scolaire, fût-ce au prix d’une exhibition ostentatoire des signes extérieurs de l’avant-gardisme pédagogique: par exemple en déployant des trésors d’invention moderniste, tant en matière d’équipements, laboratoires de langues, ressources informatiques, moyens audio-visuels, qu’en matière de techniques pédagogiques, qui se veulent toujours plus actives, plus modernes, plus internationales. « 

1) Les budgets de l’Education Nationale sont de plus en plus réduits, le nombre de professeurs diminue. Simultanément, on met en valeur un peu partout les investissements TICE les plus visibles et les plus modernistes (laboratoires de langues, ressources informatiques, etc…). Cet effort masque (ou plutôt accompagne) la baisse moyenne du capital scolaire. Combien de professeurs vaut pour un TBI ?

2) Le Royaume-Uni, pays « exemple » selon Mme Benhamou car « déjà » équipé presqu’à 100% en tableaux interactifs, est surtout le pays où l’enseignement a été le plus désorganisé dans les 10 dernières années. Depuis les réformes de Tony Blair, les écoles se sont retrouvées de plus en plus en concurrence et doivent afficher des « signes extérieurs» de capital scolaire à défaut d’en posséder toujours. Faut-il intégralement s’en inspirer ?

3) De Gaulle refusait d’inaugurer les chrysanthèmes mais on inaugure plusieurs fois par jour des tableaux interactifs et des écoles numériques. Presqu’à chaque fois, le discours est similaire et lénifiant, toutes tendances politiques confondues. On parle de l’avenir de la nation qui passe par les TICE, de la réduction de la fracture numérique… On masque, une fois encore, l’absence de projet.

4) Or, la réalité du terrain, je la constate quotidiennement : une grande partie de l’équipement déjà acheté est sous-utilisé. On voit souvent du matériel flambant neuf et rien derrière. Peu de support, peu de suivi, peu de compétence et surtout, aucune réflexion éducative.

Faut-il donc, dans ces conditions, faire de l’école numérique la norme ?

Evaluer les effets de l’Ecole Numérique.

L’évaluation de la politique numérique reste à faire, en France comme ailleurs.

Reconnaître ce point, là est l’avantage compétitif et industriel.

La France s’est dotée depuis une vingtaine d’années d’un système d’évaluation de masse, mais le temps nécessaire pour obtenir des résultats est trop long compte tenu de la vitesse des changements qui s’opèrent dans le secteur numérique.

Depuis quelques années, une chercheuse française, Esther Duflo, a utilisé la méthode aléatoire pour évaluer les effets des politiques de lutte contre la pauvreté avec des résultats remarquables.
La méthode aléatoire repose sur des évaluations faites sur des petits groupes dont les caractéristiques sont identiques au départ. Un de ces petits groupes adopte un « processus nouveau» et on compare ensuite, sur des critères précis, leur performance (leur richesse, leur taux d’équipement, d’épargne, etc…).

Il est stupéfiant de constater qu’avec des moyens très limités, la méthode aléatoire a donné, en Inde, plus de renseignement sur les usages du numérique que dans tous les pays développés !

Le tableau interactif est-il plus utile en zone rurale ou urbaine ? Faut-il en mettre plus ou moins dans les zones défavorisées ? Un par classe ou un par école ? Peut-on réellement observer des améliorations de niveaux pour les classes qui l’utilisent ? Y a-t-il des matières où son rendement s’avère meilleur que d’autres ? A coût comparable, vaut-il mieux embaucher une personne chargée du soutien scolaire ou investir dans une classe numérique ?

Ne serait-il pas intéressant d’avoir un début de réponse à toutes ces questions pour la France ?

La méthode aléatoire permet d’obtenir des résultats rapides de façon peu coûteuse et à partir de là, d’infléchir les politiques.

Dans un secteur aussi sujet aux idées reçues et aux influences de toutes sortes, dans un secteur finalement aussi peu connu que le Numérique, il ne devrait pas y avoir d’investissement sans une réflexion, menée simultanément, sur l’évaluation future et à court terme de cet investissement.

En mesurant l’efficacité relative de différentes mesures, les expérimentations aident les décideurs à mieux dépenser l’argent public.

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Des bonus pour récompenser le « talent » 24 août 2009

Par Thierry Klein dans : Crise Financière.
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Plus c’est gros, plus ça passe. Ce qui est arrivé il y a quelques semaines aux USA avec les bonus vient de se reproduire aujourd’hui en France.

Les bonus attribués aux dirigeants et aux traders des banques sont absolument injustifiables.

Ces brillants esprits ont mis leur banque en faillite – en fait, si les banques existent encore, c’est uniquement parce qu’elles étaient trop importantes économiquement pour faire faillite.

Ce sont les contribuables qui les ont sauvées et ce sont les contribuables qui paient les bonus (avec lesquels les traders continuent à prendre des risques… couverts par les contribuables !).

L’argument invoqué par les banques américaines pour justifier l’attribution de bonus a été de dire qu’ils étaient nécessaires pour retenir les « talents » (alors qu’au contraire, virer tous ces talents, dirigeants et traders, serait faire oeuvre de salubrité publique).

Les banques américaines ont fait valoir la nécessité d’attribuer à leurs « meilleurs » employés des rémunérations « comparables » à celles des autres banques (le « comparable » est savoureux car il donne un air décent aux bonus, qui sont quand même en général de l’ordre de 10 millions de dollars !).

Autrement dit, les « autres banques » n’étant pas vertueuses (pourquoi ? parce qu’il n’y a pas de loi sur le sujet, et surtout parce que les banques ont été renflouées, mais pas nationalisées), nous ne pouvons pas l’être. Et surtout: « en bonne logique (libérale), nous nous devons de nous aligner sur les moins vertueux ! »

En soulignant « la nécessité d’une coordination internationale afin d’éviter les distorsions de concurrence », les banques françaises s’alignent aujourd’hui sur cette argumentation. En substance, « Nous sommes prêts à nous aligner, mais impossible car les banques américaines n’étant pas vertueuses, il nous faut (au moins) une décision du G20 !

(Ce qui caractérise les décisions du G20, c’est d’abord qu’elles n’existent pas et qu’ensuite elles ne sont pas suivies d’effet… C’est donc extrêmement reposant pour les banques d’en attendre les conséquences.)

Le pire, c’est qu’à mon avis, si vous entendez parler de la requête des banques sous cette forme, c’est qu’elle a déjà été entendue. Regardez les réactions des ténors UMP:

Xavier Bertrand: « En France, les choses ont déjà bougé (ah bon ?!!!). Ce qui est important, c’est aussi de les faire bouger en Angleterre et aux États-Unis par exemple »

Frédéric Lefebvre: « J’appelle les banques à se montrer exemplaires (traduction: je ne leur impose rien du tout) et les pouvoirs publics à ne pas travailler avec les établissements qui ne respecteraient pas les engagements internationaux » (Ces engagements en matière de bonus sont inexistants !)

Christine Lagarde plaide pour un « mode d’emploi collectif » (et non pas un cadre législatif), estimant que l’encadrement des bonus ne peut se concevoir « qu’à l’échelle internationale.« .

Alors à votre avis, c’est qui les « talents » qui vont se goinfrer ? On en vient à regretter que Kerviel ne puisse pas participer. C’est injuste pour un tel talent.

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La fin de daily Motion 11 avril 2009

Par Thierry Klein dans : Crise Financière,Technologies.
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Google n’a trouvé son modèle publicitaire que bien après avoir imposé son moteur. Du coup, des centaines de sociétés se sont créées sans aucun business model et ont appelé ça « Web 2.0 ».

Le Web 2.0, c’est un peu comme le fou de Gotlib suspendu à son plafond. Il troue le plafond et y découvre un trésor. Du coup, des milliers de gens l’imitent et cassent tous les plafonds de la planète en espérant faire pareil. Une sorte de ruée vers l’or, avec encore moins d’élus car tout le monde sait qu’il n’y a pas d’or dans un plafond – en général.

Le XXIème siècle a remplacé la ruée vers l’or par la ruée vers le rien. C’est une tendance moderne, tout devient très très abstrait.

Daily Motion, une des sociétés emblématiques du Web 2.0, est mourante.

Plein de mauvais signes relayés dans l’article du Monde du jour, qui me font penser que Daily Motion ne va pas s’en sortir.

(suite…)

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Premières réflexions sur le programme d’équipement numérique des écoles rurales 29 mars 2009

Par Thierry Klein dans : Crise Financière,Technologies.
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(Billet en provenance du blog de Speechi.)

Le Ministère de l’Education Nationale vient d’annoncer un ambitieux programme d’équipement numérique « doté d’un budget de 50 millions d’euros, destiné à 5 000 écoles rurales de moins de 2 000 habitants« .

1) Sur le contenu du plan

Cela fait 10 000 EUR par école, côté Etat, ce qui peut sembler beaucoup mais finalement ce n’est pas si énorme si on tient compte du fait, que pour le Ministère, « Une école numérique interactive comprendra ainsi des ordinateurs en nombre suffisant (classe mobile de 8 à 16 ordinateurs), un tableau blanc interactif, un accès internet de haut débit, une mise en réseau des équipements, une sécurisation des accès internet, des ressources numériques reconnues de qualité pédagogique« .

Il y a dans cet inventaire des éléments qui se rapportent à l’équipement des élèves (les ordinateurs), à l’équipement des professeurs (le tableau interactif), des éléments peu coûteux (Internet), des éléments qu’on trouve partout gratuitement (des ressources numériques de qualité pédagogique) mais l’utilisation du terme « reconnues d’utilité pédagogique » montre qu’on va chercher à vendre ces ressources aux écoles.

Il sera aussi intéressant de rentrer dans le détail de la convention qui définira le cadre de mise en oeuvre et en particulier, je pense, l’investissement des communes.

Bref, de cette action peut sortir du très bon ou du moins bon – ou même rien du tout ! J’espère vraiment que ce sera du très bon. Xavier Darcos va la présenter ce mardi.

2) Sur la relance

L’autre point intéressant, c’est que cette action se situe dans le cadre du plan de relance gouvernemental. Il y a eu un tout un débat récemment pour savoir si l’Etat devait effectuer une relance par l’investissement ou par la consommation.

En l’espèce, il s’agit d’investissement, mais comme les fournisseurs majeurs d’ordinateurs et de tableaux interactifs sont étrangers, une grande part de ces dépenses iront, structurellement, relancer d’autres économies que la nôtre.

Le retour sur investissement d’un tel plan va donc se valoriser presqu’uniquement en termes de « capital humain », et ce pas avant une bonne dizaine d’années, date où les enfants rentreront dans la vie professionnelle.

C’est une raison supplémentaire pour ne pas se tromper sur son contenu.

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Pourquoi les entreprises en faillite doivent être nationalisées. 16 mars 2009

Par Thierry Klein dans : Crise Financière.
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Aux Etats-Unis, le gouvernement a prêté 170 milliards de dollars à AIG pour éviter sa faillite. 450 millions vont servir à rétribuer les bonus des cadres – ce qui revient à dire que les foyers américains paient les bonus de ceux qui ont creusé les trous. (C’est un peu comme si Ben Laden réclamait qu’on lui rembourse le prix de sa bombe et les accords conclus avec ses sous-traitants).

Quels sont les arguments d’AIG ?

D’abord, qu’il s’agit de préserver les « talents » pour éviter que les meilleurs cadres d’AIG aillent voir ailleurs (cet argument est du plus haut comique, s’ils étaient allé voir ailleurs un peu plus tôt, AIG aurait sans aucun doute sauvé des dizaines de milliards !).

Ensuite, AIG déclare être contractuellement obligé de payer les bonus car ils relèvent de contrats signés avant la « faillite ». Mais techniquement ces contrats, si la société avait été mise réellement en faillite, puis rachetée par l’Etat, se seraient automatiquement transformés en dette non recouvrable.

Les dirigeants n’auraient alors eu que le choix d’accepter la situation ou de partir (ouf !).

Autrement dit, le fait que l’Etat Américain n’ait pas complètement pris la main privilégie l’intérêt de quelques dirigeants au détriment de tous les américains.

Cela montre bien comment les entités travaillent au détriment du public, cela montre aussi leur énorme capacité de lobbying (lui aussi sponsorisé intégralement par le citoyen américain et les montants ne sont probablement pas inférieurs aux bonus !) et aussi le peu de contrôle qu’exerce l’Etat sur le comportement des sociétés qu’il sauve (le Secrétaire d’Etat au Trésor semblait tout surpris la semaine dernière de découvrir la situation !).

En France, la situation est un peu différente. D’abord, il ne semble pas que les banques soient en faillite. Et pour celles qui sont le plus touchées (Caisses d’Epargne, Banque Populaire), Sarkozy a mis un homme « à lui » à leur tête: François Pérol est à la fois le bras et l’oeil de l’Etat dans le nouveau groupe.

Alors on peut bien reprocher à Sarkozy un peu d’autoritarisme, un certain manque de considération pour les institutions existantes, etc…

Reste que la méthode de contrôle qu’il a choisie est infiniment meilleure que la méthode américaine. Et de façon tout à fait pratique, c’était sans doute la seule possible hors nationalisation.

Et c’est assez courageux aussi puisque c’est à Sarkozy qu’on imputera les éventuels échecs futurs.

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Est-ce que ça vous rappelle quelque chose ? 17 février 2009

Par Thierry Klein dans : Crise Financière,Economie.
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Début 2006, aux Etats-Unis, l’augmentation des prix du pétrole a généré des profits extraordinaires pour les pétroliers américains – alors que les américains eux-mêmes devaient payer toujours plus pour l’essence et le fuel de chauffage.

Il y a alors eu des demandes faites au Congrès pour la mise en place d’un « impôt spécial » – des demandes mais aucun débat parlementaire.

Le Congrès – et plusieurs sénateurs – ont réprimandé publiquement les compagnies pétrolières et leurs dirigeants. La commission des Finances, dirigée par Charles Grassley, a même pondu une lettre enjoignant les pétroliers de donner 10% de leur résultat trimestriel à des ONG pour que « les pauvres puissent payer leur facture de chauffage ».

Ce fut, en somme, presqu’aussi beau que du Capital Altruiste !

Evidemment rien, absolument rien, n’est sorti de tout ça.

En France, les politiques (de tout bord) font haro sur Total, les banques, les constructeurs automobiles dont ils « exigent » un comportement « citoyen ».

Mais les seules mesures efficaces seraient la loi, les taxes, les amendes. C’est une faute professionnelle pour une entreprise d’avoir de l’honneur. On ne peut la frapper qu’au portefeuille.

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Pourquoi les réponses adaptées à la crise financière sont anti-démocratiques 11 février 2009

Par Thierry Klein dans : Crise Financière,Entreprise altruiste,Non classé.
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J’ai fait remarquer que les deux meilleurs livres sur la mondialisation (Bob Reich, Supercapitalisme) et sur la Crise financière (Jacques Attali, La crise et après ?) sont beaucoup plus convaincants au niveau de l’analyse que des solutions.

Les auteurs en sont d’ailleurs pleinement conscients (J’ai échangé quelques mails avec Bob Reich à ce sujet et Jacques Attali écrit explicitement, à plusieurs reprises, qu’il y a « très peu de chances, en l’état actuel des esprits, que la solution soit mise en oeuvre »

Ces deux auteurs analysent très bien pour l’un le mécanisme de la mondialisation, pour l’autre, celui qui mène à la crise. Tous deux, de façon très juste, mettent le doigt sur le déficit démocratique (voir dans ce blog) qui s’est créé et veulent, de façon tout à fait louable, rétablir plus de démocratie.

Pourtant, et c’est là le paradoxe, tous deux proposent, pour aller vers plus de démocratie, des solutions qui n’ont à l’heure actuelle aucune chance d’être mises en œuvre par les démocraties, parce que, grosso modo, elles sont impopulaires.

Bob Reich et Jacques Attali parlent de régulation européenne accrue, réduction de la dette, réduction du lobbying, gouvernance internationale, meilleur contrôle des dépenses au niveau des citoyens. Ils ont raison, bien sûr !

Mais pour que ces mesures soient réellement envisagées, il faudrait envisager une sorte de démocratie « éclairée », c’est-à-dire des gouvernements d’élite capables d’aller, pendant quelques années, contre la volonté actuelle des peuples – possible en Europe, impossible aux Etats-Unis. Et peut-être pas souhaitable car il n’est pas sûr qu’un gouvernement d’élite puisse ne pas devenir rapidement un gouvernement au service des élites.

Il y a deux raisons principales pour lesquelles la démocratie ne fonctionne plus :

1) Les investissements massifs des entreprises en lobbying, qui empêchent tout simplement parfois que les problèmes important soient examinés par les législateurs. Bob Reich fait dans son livre une analyse très convaincante, « de l’intérieur du sérail » du lobbying.

2) La mondialisation est intimement liée à la transformation du citoyen en consommateur. La publicité est au citoyen ce que le lobbying est au député: un opium qui empêche la prise de conscience.

Sortir de la crise, c’est nécessairement augmenter le poids relatif des moyens de communication au service des intérêts généraux par-rapport à ceux des entreprises.

Cela passe évidemment par l’action des états (qui peuvent légiférer pour plafonner les dépenses de lobbying ou de publicité), mais c’est aussi un des buts du Capital Altruiste.

En injectant des sommes importantes dans les organisations d’intérêt général, le Capital Altruiste peut leur permettre de faire leur propre lobbying (vers le législateur) et leur propre publicité (vers le citoyen-consommateur).

Le Capital Altruiste peut être l’outil qui permet d’aller vers les réponses adaptées à la crise tout en restant en démocratie.

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Croissance ou productivité ? Le débat sur le plan de relance à l’Assemblée Nationale. 28 janvier 2009

Par Thierry Klein dans : Crise Financière,Non classé.
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D’un côté le PS qui demande une relance par la consommation. C’est une politique ruineuse qui n’aurait aucun sens, sur le plan économique.

Qui plus est, vouloir relancer la consommation alors que nous sommes dans une crise de l’hyper-consommation a un côté comique tellement c’est du n’importe quoi. Sociologiquement, c’est exactement le contraire qu’il faut faire.

Bizarrement, Fillon répond hors sujet… Il parle de plan de relance « pour augmenter la productivité du pays » – alors qu’on parle en général de dépenses d’investissement.

Car dans le mot « productivité », il y a non seulement la crise financière mais en plus l’augmentation du temps de travail, la réduction du train de vie de l’état, etc… Ca crée un amalgame utile avec les autres réformes sarkoziennes… Après tout pourquoi pas ? C’est une réponse démagogique à une objection démagogique.

En fait, gauche et droite sont à peu près d’accord pour une relance keynésienne avec au moins un minimum de relance par la consommation (pour des raisons sociales).

Mais contrairement aux crises précédentes, une relance keynésienne ne pourrait avoir de l’effet que si les investissements sont extrêmement sélectifs – les investissements traditionnels (automobile, industrie, chimie…) n’auront que peu d’effets, voire des effets négatifs.

Il ne s’agit pas, en effet, d’augmenter la consommation, mais d’investir pour passer d’un mode de consommation vers un autre, pour accompagner la sortie de l’ère de consommation que nous vivons. Trouver une autre croissance.

Aux USA, Obama a annoncé des aides pour reconvertir l’automobile vers des transports plus propres. C’est de l’investissement sélectif (c’était à prévoir, Obama lit visiblement ce blog, il est vraiment très fort).

En France, des aides aux constructeurs. C’est de l’investissement inutile, ce qui au final, se ramène à de la consommation.

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Une explication mimétique de la crise financière (pourquoi nous sommes tous coupables) 22 janvier 2009

Par Thierry Klein dans : Crise Financière,Economie,René Girard.
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J’ai déjà expliqué pourquoi cette crise, qui est apparue d’abord comme une crise financière est d’abord une crise économique.

Depuis une trentaine d’années, les foyers américains se sont endettés pour consommer (1000 milliards de crédit-revolving en cours) et pour se loger (les subprimes, qui ont entraîné la faillite de Lehman, en septembre dernier).

L’endettement des foyers américains est une conséquence de la mondialisation, qui a mis le travailleur américain en concurrence avec la planète entière. Au début, il a tenté de s’adapter en utilisant le crédit, maintenant, il est au bout. Les capitaux peuvent s’évader, pas lui.

J’ai montré aussi comment la mondialisation a, dans le monde entier, privilégié le droit du consommateur au détriment de celui du travailleur et du citoyen. Le travail du dimanche, la fin des monopoles, l’augmentation du temps de travail, le travail des femmes… autant de réformes qui se sont faites au nom de l’intérêt du consommateur.

Or intérêt du consommateur et du travailleur s’opposent. Impitoyablement.

En achetant un nouveau téléviseur, je ne suis pas directement responsable de la fermeture de telle ou telle usine. Mais ce comportement, répété des milliers de fois pendant des dizaines d’années, a pour résultat final la délocalisation totale de presque toute l’industrie.

Nous vivons actuellement une situation de lutte des classes, mais à 3: actionnaire, travailleur et consommateur. Et le vrai méchant a changé: ce n’est plus le patronat, les 200 familles… C’est le consommateur, c’est à dire une partie de nous tous.

C’est psychologiquement moins confortable à admettre… Plus de coupable pratique et désigné. Le conflit est interne.

Le bras armé de cette lutte entre citoyen et consommateur a été la publicité (le marketing, pour faire large). C’est la Publicité qui nous fait voir le Monde sous l’angle du Consommateur, c’est la Publicité qui nous pousse, par des moyens toujours plus performants et sophistiqués, à consommer toujours plus, ce qui rend le monde plus précaire, le travailleur plus dépendant et “esclave” de son côté consommateur.

Tout le monde s’est méfié de la Religion, de la propagande politique. Mais personne ne s’est méfié de la Publicité, parce que ses objectifs sont a priori peu ambitieux. Qu’y a-t-il de mal à vouloir vendre plus de coca-cola, plus de voitures, de parfum ? Qui plus est, comme chacun sait, « moi, je ne suis pas particulièrement sensible à la pub ! ». (En fait, si nous avions plus l’impression d’y être sensibles, la publicité aurait moins d’effet sur nous. Cette insensibilité est contredite, minute après minute, par les milliards dépensés en pub par les entreprises.)

J’ai écrit alors que la publicité était l’opium du consommateur. L’objectif de cet article est de proposer une interprétation psychologique, presque physique du phénomène.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Le moteur de la (bonne) publicité, c’est l’identification. La publicité nous montre un modèle enviable (le cas d’école : un mannequin). Nous cherchons à lui ressembler. Son principe est mimétique et comme les molécules d’un gaz qu’on chauffe, les êtres humains, dans le monde entier, s’agitent de plus en plus, consomment de plus en plus, jusqu’à l’explosion sous l’influence toujours croissante de cette source d’excitation.

La publicité est extrêmement efficace (d’autant plus efficace, en fait, que dans la plupart des cas, nous décrétons que nous n’y sommes pas sensibles, ce qui fait que nous ne sommes pas protégés contre elle).

Elle est extrêmement efficace parce qu’elle apporte de l’énergie à un moteur qui, Girard l’a montré, est à la source des sociétés humaines : la rivalité mimétique.

Elle est extrêmement efficace parce qu’elle est devenue, en 50 ans, de plus en plus performante, intrusive et subliminale.

L’encart inséré dans une page de journal est devenue publicité radiophonique, puis télévisuelle son impact augmentant avec l’évolution des technologies de communication.

La société la plus emblématique des 10 dernières années, Google, est une régie publicitaire capable d’insérer dans des pages des liens presqu’invisibles mais de plus en plus pertinents et optimisés. La façon d’agir de Google est significative: peu importe à Google comment agissent les liens sponsorisés sur notre cerveau, mais Google cherche à optimiser cet effet en optimisant un taux de clic. En tout innocence, on arrive à une capacité d’influence remarquable et toujours croissante.

La publicité a pour conséquence de générer une impulsion d’achat, c’est-à-dire qu’elle masque l’intérêt profond, long terme du citoyen en le transformant en consommateur impulsif. Le citoyen troque littéralement ses droits contre un plat de lentilles.

Aujourd’hui, la publicité est partout et il est devenu impossible de lui échapper.

Elle s’est développée corrélativement à la mondialisation, qui peut se caricaturer en fait comme l’extension du modèle créé par Coca-Cola à la planète entière.

On ne comprend pas la crise actuelle si on ne voit pas que c’est avant tout une crise mimétique qui entraîne une surconsommation mondiale.

Quand on étudie, par exemple, la nature des dossiers de surendettement, on se rend compte que les cas les plus fréquents sont dûs à des erreurs de consommation (achats d’électronique, consommation téléphonique excessive, achat de maison) beaucoup plus qu’à une situation structurelle qui entraînerait la pauvreté.

Dans les cas les plus extrêmes, on voit, sur M6 l’autre soir, des jeunes femmes des pays de l’Est se prostituer le vendredi soir pour pouvoir sortir en Prada le samedi soir. Raccourci saisissant de la situation mondiale où les droits fondamentaux de la personne humaine sont troqués, volontairement, contre un droit à consommer un bien qui semble inutile.

Aux Etats-Unis, les consommateurs qui se sont endettés pour acheter leur maison ont eu un comportement d’avidité très similaire aux banquiers et recherchaient eux aussi l’enrichissement par des moyens financiers. Ils sont, psychologiquement, tout aussi coupables que les « initiés de la finance » dont parle Jacques Attali dans son analyse de la crise – évidemment, ils sont aussi beaucoup plus à plaindre.

Il est important de poser le problème de la surconsommation générale pour plusieurs raisons:

– ceux qui analysent le mieux la crise actuelle (Bob Reich, JA, Michel Rocard …) ont perçu le problème du surendettement, mais l’interprètent juste en terme d’appauvrissement structurel lié à la mondialisation. Or il y a aussi asservissement consumériste, qui ne se résoudra pas en relançant la consommation – au contraire – mais en diminuant les incitations à consommer.

– on a tendance à croire qu’on se sortira de la crise financière par des moyens qui s’opposent au Grenelle de l’environnement, plus généralement par des moyens qui retardent la lutte contre le réchauffement climatique, puisqu’on cherche à générer de la croissance.

Il n’en est rien. Réchauffement climatique et crise financière ont une cause commune: l’emballement de la consommation. Les méthodes pour résoudre les deux problèmes sont communes. C’est une très bonne nouvelle, si on s’en rend compte.

– Il sera très difficile aux Etats de lutter contre la crise. Les Etats agissent en général de façon très grossière avec assez peu de discernement. Or ici, il s’agit de changer de mode de consommation, de remplacer des dépenses par d’autres, bref, il faut investir de façon massive en maîtrisant très finement les dépenses.

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Jacques Attali – La crise et après ? 19 janvier 2009

Par Thierry Klein dans : Crise Financière,Economie.
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La crise, et après ?En mai, je vous avais parlé de Supercapitalisme, le dernier livre de Bob Reich comme du meilleur livre sur la mondialisation.

Le dernier livre de Jacques Attali est à ce jour le meilleur sur la crise financière. Le plus clair, le plus court, le plus vivant, souvent le plus simple.

Ce qui est rassurant, c’est que pour Jacques Attali, comme pour de plus en plus de monde (Michel Rocard, Bob Reich et moi-même car je sais bien que pour toi, cher Lecteur, il n’y a pas d’autre avis qui tienne), il apparaît clairement que la crise est d’abord d’origine économique.

Elle a sa source dans l’endettement excessif du foyer américain. Les ressources du travailleur américain diminuent depuis 30 ans. Il a tenté de s’adapter en travaillant plus , en empruntant pour sa consommation, enfin en empruntant pour se loger (les subprimes).

La crise financière naît de cet endettement incontrôlé.

Au début, le jeu financier retarde la manifestation du problème (le foyer américain maintient temporairement son niveau de vie en s’endettant) puis l’amplifie et finalement la crise explose fin septembre à la suite de la faillite de Lehman Brothers.

Tout n’est pas parfait cependant dans ce livre. Je vous livre mes principales critiques.

  1. Le livre est clairement écrit un peu vite et fonctionne sur 2 niveaux. Je mets au défi les non-financiers de comprendre certaines pages. C’est d’autant plus dommage que la plupart du temps, le livre est, je l’ai déjà dit, remarquablement clair.
  2. Pour Jacques Attali, les coupables de la crise sont un noyau d’initiés cupides, qui maîtriseraient les arcanes de la finance internationale. Je pense pour ma part que ce sont des bouc-émissaires commodes et j’emploie, vous le savez, ce mot au sens de Girard. (1)
  3. L’analyse est beaucoup plus convaincante que les solutions proposées. (C’est d’ailleurs aussi un défaut de « Supercapitalisme » et Jacques Attali, comme Bob Reich, en sont clairement conscients).

Les 2 derniers points sont des points de fond très importants qui touchent, soyons pompeux, à l’avenir du monde.

J’y reviendrai dans mes prochains billets.

(1) Je m’expliquerai là-dessus. Coupables, beaucoup de financiers le sont certainement, pour avoir privilégié leurs intérêts personnels avec une absence totale de volonté de ne pas nuire. Mais en faire « les coupables », c’est leur donner trop d’importance. Ils sont coupables, mais pas responsables -en tous cas pas les seuls. Je les comparerai à celles qui, au moyen-âge, commettaient des actes de sorcellerie. Elles étaient certainement coupables, de par leurs intentions, mais on ne peut pas les tenir pour responsable du moindre mal, à moins d’être superstitieux.

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