Sur RFI, ce soir à 19h15
Pour parler de Google et du rétrécissement du savoir…
Je félicite les lecteurs de mon blog qui ont subi une formation avancée, parfois douloureuse, en Capital Altruiste, mais là, je me dois de vous préciser tout d’abord que « Capital scolaire » est une expression employée par Bourdieu qui n’a RIEN à voir avec le sens économique du mot « Capital ». « Capital scolaire » signifie plutôt « qualité scolaire »,
J’aimerais revenir sur une question centrale qui m’a été posée en commentaires par ocarbone (Olivier).
J’ai beaucoup parlé d’information et je pense que tout le monde est maintenant plus ou moins d’accord sur les rapports entre histoire de l’information et nomadisme.
Mais ce qui nous préoccupe au final, c’est l’enseignement, la formation, pas l’information.
Comme le fait remarquer Olivier:
« Rien n’assure le « consommateur » qu’il comprend l’information à laquelle il accède. L’information transmise par un support inanimé est-elle automatiquement transformée en savoir ? Posséder un livre de cours suffit-il pour se passer des professeurs ? »
Une loi universelle régit l’histoire de l’information, depuis l’invention de l’écriture.
Plus le support de l’information est léger, petit, lisible, transportable, copiable, partageable, bref, plus le support est nomade, plus l’information et le savoir se répandent.
Gravé dans la pierre, le savoir se répand moins vite qu’inscrit sur un rouleau ou un parchemin. C’est peut-être une des raisons pour lesquelles Moïse n’hésite pas à briser les tables de la loi, pourtant gravées par le doigt de Dieu (ne pas confondre avec la main de Dieu).
Le savoir des pierres s’envole, le savoir des feuilles reste.
Le succès du livre – ou de son ancêtre, le codex – est lié au fait qu’à volume égal, un livre contient 100 fois plus d’informations qu’un rouleau – et que cette information est aussi cent fois plus accessible. Le livre est au rouleau ce que le disque dur est à la bande magnétique – les geeks me suivent ?
« C’est une des idées de base de Speechi, ça paraît un peu paradoxal parce qu’on pense souvent à nous comme à une société d’e-learning, mais je ne crois pas, je n’ai jamais cru, à l’explosion de l’e-learning.
Aristote a mis au point, il y a plus de 2 000 ans une méthode d’enseignement basée sur :
– des cours didactiques (amphithéatre), délivrés de façon « descendante » (du professeur vers l’élève)
– des moments collaboratifs (discussions d’égal à égal entre élèves et avec le professeur, dans les allées du Lycée)
– des ressources documentaires (bibliothèque)
L’e-learning pur et dur repose sur la croyance que des modules automatiques ou interactifs vont pouvoir remplacer la méthode décrite ci-dessus. Dans certains cas précis, c’est possible (je pense aux simulateurs de vol ou à des logiciels d’apprentissage de machine), mais ces cas resteront toujours marginaux et limités. Disons, pour donner un chiffre que 5% au maximum des mécanismes de formation peuvent être portés de façon efficace sous forme de module d’e-learning. (C’est d’ailleurs déjà énorme). »
Les lignes ci-dessus ont été écrites il y a maintenant 2 ans. Les limites de l’e-learning sont apparues aujourd’hui aux yeux de tous, à tel point que beaucoup de sociétés n’osent plus utiliser ce terme dans leurs documents commerciaux !
L’e-learning, tel qu’on l’envisageait depuis le début des années 2000 est bien mort.
La question intéressante est : « mais qu’est-ce qui va le remplacer ? » (autre façon de poser le problème : « comment les technologies de l’information vont-elles être intégrées dans l’enseignement ? »
(Il est nettement plus complexe de répondre à cette question que de prédire la fin de l’e-learning.)
Ceux qui suivent le blog de Speechi le savent déjà: Speechi est passé sur TF1 samedi dernier, par l’intermédiaire d’un de nos clients: le CNAM. Dans le reportage ci-dessous, le logiciel utilisé pour faire cours à distance est Speechi Share… et vous reconnaîtrez bien sûr le tableau blanc interactif mobile eBeam, que nous avons introduit
Je croyais avoir touché le fond, l’autre jour, quand j’ai entendu dans une conférence que le 11 septembre avait eu des effets positifs sur le développement de l’e-learning. Raison invoquée : de grands groupes américains ont réduit les déplacements en avion pour leurs cadres au profit des conférences à distance.
C’est une des idées de base de Speechi, ça paraît un peu paradoxal parce qu’on pense souvent à nous comme à une société d’e-learning, mais je ne crois pas, je n’ai jamais cru, à l’explosion de l’e-learning. Aristote a mis au point, il y a plus de 2 000 ans une méthode d’enseignement basée sur
Suite à un (vif) échange de vues hier avec Loïc sur les blogs, je poste ma vision de ce que peuvent devenir les blogs dans le domaine éducatif. Il s’agit essentiellement d’une reprise d’un billet posté sur le site de Moodle .
Un article intéressant publié dans WebProNews
Adrien réédite une série de 3 éditoriaux écrits en 2001 sur l’initiative du MIT, qui consiste à mettre l’ensemble de ses cours en ligne, gratuitement, à destination de tous les publics.
Encore un autre petit calcul de Hennessy, avec des applications concrètes…