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La diffamation est un cri qui vient de l’Intérieur 27 juillet 2016

Par Thierry Klein dans : Politique.
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Dire qu’attaquer la compétence de Cazeneuve, en tant que Ministre de l’Intérieur, c’est attaquer l’institution elle-même (pêle-même, « le travail des policiers, des magistrats, leur honneur, etc.. »), c’est toujours, finalement, nous refaire le coup de l’Affaire Dreyfus où le comportement des personnes ne pouvait être mis en cause sans que l’honneur de l’Armée ne fût touché. La France a tranché, heureusement, depuis longtemps sur ce sujet. Attaquer la compétence d’une personne, aussi haut placée soit-elle, ne remet évidemment pas en cause le travail, ni l’honneur, de l’institution elle-même. L’honneur de l’institution est en revanche atteint quand elle essaie, au détriment de la vérité, de masquer les erreurs d’une personne.

Attaquer la compétence du Ministre n’est pas non plus une « vilénie ». C’est un acte presque banal en démocratie. Les termes employés en défense par Bernard Cazeneuve me semblent tout à fait excessifs et parfois presqu’hors propos, quelles que soient les motivations de ses adversaires politiques.

Il y a évidemment plusieurs points sur lesquels Cazeneuve doit se justifier. D’abord, la difficulté à nommer le type d’attentat auquel il avait affaire. Alors que Valls parlait de terroriste islamique dès le lendemain de l’attentat de Nice, Cazeneuve n’osait se prononcer. Puis, devant l’évidence, il a parlé de terroriste radicalisé « très rapidement », presqu’instantanément – on sait qu’il n’en était rien et que le projet terroriste remontait à plusieurs mois. Déni initial, puis déformation de la réalité. Sans même parler des défaillances éventuelles du dispositif, le Ministre devrait pouvoir se justifier, au moins lors d’interviews, sur ce point.

Cazeneuve se répand sur les plateaux en affirmant sa peine, sa motivation, assurant qu’il met toute son énergie en oeuvre pour obtenir des résultats, etc. Mais c’est bien le moins ! On ne doute nullement de sa motivation, on doute de sa compétence. Il y a eu 80 morts, jouer à l’homme blessé dans sa respectabilité a un côté indécent et quand on est Ministre de l’Intérieur, crotte !, on assume les attaques et on y répond « au fond ». Les états d’âme pleurnichards de Cazeneuve n’ont aucun intérêt public.

Depuis 30 ans, y a-t-il eu une instruction sans fuite ? Les fuites de l’instruction sont monnaie courante en France et sans doute (je prends mes précautions) organisées parfois par l’instruction elle-même. Dans ce contexte, la saisie des bandes au nom du secret a un côté presque comique. Autant les confier directement à des journalistes !

Comique aussi (enfin presque, compte tenu du contexte) l’argument employé de la saisie au nom de la préservation émotionnelle des victimes. Les victimes en ont, malheureusement, vu bien d’autres et je ne vois pas bien en quoi la simple visualisation du dispositif policier le soir de l’attentat, au cas où elle fuiterait, serait si traumatisante.

L’enquête en diffamation est confiée au Procureur de Paris et tous les amis politiques du gouvernement louent son intégrité et son indépendance. Mais le Procureur, membre du Parquet, dépend hiérarchiquement du Ministre de l’Intérieur et donc ne peut qu’instruire, par construction, en sa faveur. Seul le juge statuera de façon indépendante. La plainte est déposée par Bernard Cazeneuve en son nom personnel et par le Ministère, mais je n’ai pas connaissance de la moindre déclaration de la policière sur le Ministre en tant que personne et donc en quoi s’estime-t-il diffamé ?

Ajout 21/09/2017: comme on pouvait s’y attendre, le juge a estimé qu’il n’y avait pas diffamation. Bernard Cazeneuve, sans doute un des ministres de l’Intérieur à s’être le plus abrité derrière l’état de droit pour justifier son impuissance, semble bien avoir tenté de passer en force sur ce sujet.

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Jean-Claude Juncker, vulgaire amoureux déçu. 25 juin 2016

Par Thierry Klein dans : Politique.
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Jean-Claude Juncker réagit comme le plus vulgaire des amoureux déçus, alors qu’il faut tendre la main.

« Ce n’est pas un divorce à l’amiable mais après tout ce n’était pas non plus une grande relation amoureuse »

L’ignorance totale de la notion de grandeur empêche souvent les dirigeants de prendre les bonnes décisions politiques. On attend maintenant la réaction de Hollande.

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Copé, la victime émissaire et le misanthrope 3 mars 2016

Par Thierry Klein dans : Critiques,Politique,René Girard.
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Copé s’est abondamment présenté, sur tous les plateaux télé, comme une « victime innocente, un bouc émissaire » en précisant bien lourdement qu’il entendait ces termes au sens de René Girard. Pour Girard, les hommes, soumis au désir mimétique, ont tendance à expulser la violence à certains moments de leur histoire en désignant arbitrairement une victime émissaire, en la tuant, puis en la divinisant car, le meurtre de la victime ayant miraculeusement ramené le calme dans les rangs, des pouvoirs surnaturels lui sont ensuite attribués.

Dans les peuplades primitives, la victime émissaire était probablement dépecée et mangée, et le sort de Copé, exclu de l’UMP certes, mais toujours à même de pérorer sur un plateau, reste donc éminemment enviable.

Mais surtout Copé, qui n’a sans doute pas bien lu Girard, s’il l’a vraiment lu, oublie que la victime émissaire n’est, chez Girard, nullement innocente. Elle est désignée, certes, de façon arbitraire mais elle fait partie de la horde dévorante et aurait avec joie participé à la fête générale si une autre victime avait été choisie. La victime est littéralement partie prenante au massacre, parfois même comme Oedipe, convaincue de sa propre culpabilité. Elle n’a pas un statut supérieur aux autres, elle ne détient aucune vérité : elle a juste manqué de bol.

La seule victime innocente, pour Girard, c’est le Christ. Pour les autres, le simple fait de se croire, comme Jean-François Copé, différent des autres, séparé, innocent, incapable de faire le mal, de trahir est un très fort indice d’appartenance à la meute. C’est Pierre, qui a déclaré qu’il ne renierait jamais Jésus – et pour Girard, parce qu’il l’a déclaré, qui justement le renie avant que le coq ne chante trois fois.

Pour Girard, ce meurtre originel est fondateur de toute culture. Nous noterons simplement qu’il ne semble pas avoir augmenté la culture de Jean-François Copé.

Copé a aussi cité, pour preuve de sa grande sincérité, ces vers du misanthrope:

« Votre chaleur pour lui tombe en vous séparant,
Et vous me le traitez, à moi, d’indifférent.
Morbleu : Sorte de jurement en usage
même parmi les gens de bon ton.
Morbleu ! C’est une chose indigne, lâche, infâme,
De s’abaisser ainsi jusqu’à trahir son âme »

Mais Copé n’a visiblement pas bien lu Molière non plus, s’il l’a vraiment lu. Car ce que la pièce met en évidence, c’est que le misanthrope n’est qu’un accablant donneur de leçons, qui se leurre lui-même sur sa soi-disant sincérité. Célimène, le personnage de loin le plus brillant de la pièce, montre qu’il n’est qu’un snob qui se cache et que sa prétendue misanthropie n’est qu’une posture.

« Il penserait paraître un homme du commun,
Si l’on voyait qu’il fût de l’avis de quelqu’un.
L’honneur de contredire a pour lui tant de charmes,
Qu’il prend contre lui-même assez souvent les armes ;
Et ses vrais sentiments sont combattus par lui,
Aussitôt qu’il les voit dans la bouche d’autrui
. »

Son snobisme est de nature profondément mimétique, au sens Girardien du terme (VRAIMENT Girardien, cette fois-ci). Au lieu de copier le désir d’autrui, le misanthrope l’inverse, ce qui est exactement la même chose et il se cache à lui-même cette dépendance aux autres. Ce n’est pas un hasard si Girard a découvert sa théorie sur le désir mimétique dans quelques grandes œuvres de la littérature.

Le misanthrope, sous le coup du désespoir il est vrai, pousse même la bassesse d’âme jusqu’à tenter de corrompre Célimène et lui demande de lui mentir, ce qu’elle refuse:

« Efforcez-vous ici de paraître fidèle,
Et je m’efforcerai, moi, de vous croire telle. »

Bref, si on s’en tient aux déclarations de Jean-François Copé, il est difficile de savoir s’il a changé ou pas. Il est facile, cependant, de prouver qu’il n’a pas compris les oeuvres qu’il cite.

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Sur la façon dont le gouvernement communique à propos de la réforme du collège 12 mai 2015

Par Thierry Klein dans : Politique.
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Ce premier billet sur la réforme du Collège  traitera exclusivement de la forme (c’est-à-dire du style de communication employé par le Ministère). Les arguments de fond seront développés dans d’autres billets à venir.

Un des arguments principaux de la Ministre de l’Education Nationale sur cette réforme est que les « pseudo-intellectuels » l’ont mal lue ou même (honte à eux !) pas lue du tout, alors que toutes les informations étant disponibles sur le site de l’Education Nationale,  » il est possible à chacun de les consulter et de se faire sa propre idée en connaissance de cause ».

Une réforme en réalité peu accessible (pour ne pas dire inaccessible).

La réalité est un peu différente. Sur  le site de l’Education Nationale, vous tombez immédiatement sur une suite d’articles de vulgarisation (pour ne pas dire simplistes) et d’infographies (pour ne pas dire bandes dessinées) justifiant la réforme des programmes. Ces articles sont, au sens propre du terme, des articles de propagande puisqu’ils servent à vous vendre la réforme en une page ou deux sans renvoyer, ne serait-ce que sous forme de lien, vers le contenu  précis de la réforme.

Certains liens du site du Ministère renvoient même directement vers le site personnel dédié à la promotion de la Ministre, bref la confusion entre information et propagande est totale.

 

Refore College

Pour accéder au texte intégral de la réforme, j’ai dû, il y a trois semaines, passer quinze bonnes minutes à naviguer sur le site de l’Education Nationale.  Ce qui veut dire que sans un intérêt aigu, de nature presque professionnelle pour le sujet, j’aurais renoncé à chercher le programme et me serais contenté des messages de propagande. J’estime que plus des 95% des visiteurs du site ont fait de même[1] et donc n’ont pas eu accès au texte intégral de la réforme.

Je ne sais pas si cette dissimulation de fait est le résultat d’une volonté politique, d’une simple incompétence ou du besoin inconscient de masquer les textes originaux tellement, nous le verrons dans les prochains billets consacrés au fond de cette réforme, ceux-ci contredisent en tous points les déclarations de la Ministre et les articles d’explication du site de l’Education Nationale.

[Ajout 11 mai :  La grande honnêteté qui me caractérise, probablement couplée au fait que je suis tout sauf un pseudo-intellectuel, m’oblige cependant  à préciser que depuis ce matin, la réforme est accessible en 3 clics à partir du blog des actualités du site.]

Une réforme peu lisible (pour ne pas dire illisible).

Peut-être beaucoup de pseudo-intellectuels n’ont-ils donc pas lu la réforme. Il leur sera cependant beaucoup pardonné car le texte intégral en est, en grande partie, illisible – c’est à se demander si lui aussi n’aurait pas été rédigé par des pseudo-intellectuels !  Je reprends quelques exemples pour la plupart déjà largement publiés dans la presse, car c’est toujours bon de rire un peu.

« traverser l’eau en équilibre horizontal » (en français ancien, signifie « nager »)

«vaincre un adversaire en lui imposant une domination corporelle symbolique et codifée» (en franco-anglais ancien, « match »)

« produire des messages à l’oral et à l’écrit » (en français ancien, signifie écrire et parler)

« aller de soi et de l’ici vers l’autre et l’ailleurs » (intraduisible. La langue française n’est visiblement pas assez riche pour traduire la profondeur insondable de la pensée des rédacteurs du programme).

« l’éducation aux media, organisée de façon spiralaire » (les mots me manquent là aussi pour bien vous faire sentir toute la profondeur du concept. Mais je ne suis probablement qu’un pseudo-intellectuel).

On est bien sûr  ravi de noter que « «l’inflation terminologique doit être évitée» (programme de français). Et on se demande ce qu’il en aurait été dans le cas contraire.

Un texte de réforme sans véritable contenu spécifique.

Personne à ma connaissance n’a encore remarqué ce point : la réforme, telle qu’elle se présente, manque tellement de précision qu’elle ne peut être valablement contredite. 

Dans certaines matières, les textes sont tellement vagues qu’ils ne définissent en fait pas grand-chose. Par exemple, dans le projet de programme pour le cycle 4 du 9 avril et qui ne compte pas moins d’une soixantaine de pages, je vous invite à aller consulter le programme de français (pages 10 à 16) pour constater qu’au final, ce programme n’impose rien au professeur (c’est la liberté pédagogique poussée à son summum). Six pages touffues et jargonnantes sans imposer aucune œuvre spécifique à lire (puisqu’on doit simplement « puiser dans toutes les époques » !).

Et je défie, par exemple, quiconque de pouvoir vérifier qu’en fin de cycle l’élève sait « Mobiliser en réception et en production de textes les connaissances linguistiques permettant de construire le sens d’un texte, le rapport au genre littéraire, à la forme de discours, au type de texte. »

Le cas du programme d’histoire.

Le programme d’histoire / géo s’étend lui sur 5 pages. Nous sommes contents d’apprendre, dans les deux premières que les heureux élèves devront « se repérer dans le temps » et « se repérer dans l’espace ». Ils sauront « comprendre et analyser un document », « raisonner » et « pratiquer différents langages en histoire / géographie » , « coopérer » et « mutualiser ».  La description de ce que signifient exactement tous ces termes prend 3 pleines pages, écrites de telles façons qu’elles pourraient s’appliquer aussi bien à des élèves de licence que de CM1 (autrement dit, ce sont des déclarations d’intention vagues et non spécifiques, qui n’engagent aucun enseignant à rien).

Le programme d’histoire lui-même (thèmes étudiés) tient sur moins d’une page (pour 3 années d’étude !). La moitié des thèmes proposés sont facultatifs.

Au final, si on enlève du programme les déclarations d’intention, les objectifs (si vagues, jargonnants et prétentieux qu’il n’en sont pas), et toutes les parties non spécifiques qui ne définissent absolument rien, la réforme des collèges tient dans cinq à dix pages –elles même très floues et imprécises.

L’Administration au pouvoir

Le fait qu’il n’y ait « rien » dans ce texte, sert un double objectif politique. Celui du Ministre, qui devra non pas enlever des parties du texte mais en rajouter pour neutraliser certaines critiques et arriver à un compromis sans avoir le moins du monde l’air de reculer. Divers points de repli ont visiblement été prévus et Najat Vallaud-Belkacem, depuis une semaine, « consulte » et communique sur le fait que les programmes demandent à être « tout simplement discutés et précisés ».

Celui de l’Administration, qui a écrit ce texte pour son propre compte, dans sa propre langue si caractéristique, et qui de fait dirigera son application. Comme le texte ne dit rien, toute latitude lui est ainsi laissée pour l’interpréter « comme il faut » et orienter la future politique éducative. Les ministres passent, l’administration de la rue de Grenelle reste.

Qui n’a pas d’objectif ne peut pas échouer.

Dans cinq ans, si la réforme s’applique, personne ne pourra jamais prouver son  succès ou son échec puisqu’elle n’aura jamais été réellement définie.

Ainsi, en rédigeant ce modeste billet, j’ai probablement  « fait preuve d’esprit critique », satisfaisant en ceci l’esprit et la lettre du programme d’histoire du cycle  (page 37) mais j’avoue que je ne sais pas si j’ai bien « mobilisé ma sensibilité pour questionner la part du subjectif et la portée intellectuelle et morale des stéréotypes de représentation » (ce qui est pourtant une compétence attendue en fin de cycle 4, p 26).

Je prédis donc sans aucun risque de me tromper que  Ministère et pseudo-intellectuels pourront sans aucun problème continuer à s’invectiver dans les prochaines années.

Non seulement il sera impossible à quiconque de juger du succès de cette réforme, mais il sera aussi impossible, avant trois années complètes, de valider les progrès des élèves. Le cycle 4 porte maintenant sur trois années (5ème, 4ème, 3ème) et donc les programmes tels qu’ils sont définis portent aussi sur 3 années. Le redoublement est devenu presqu’impossible mais ce n’est qu’en fin de 3ème qu’on pourra (peut-être, car rien n’est prévu) constater les éventuels décrochages.

Jamais autant de volonté d’égalité (affichée)  n’aura généré autant d’inégalité de niveau (sur le terrain).

 


[1] Moins de 10% des internautes consultent un résultat qui serait sur la deuxième page de Google. Sur Internet, la technique qui consiste à « noyer » un lien nuisible  sous une multitudes d’autres résultats positifs qui, apparaissant en page 1 de Google vont faire descendre le lien nuisible en page 2 ou 3,  est une stratégie d’e-reputation classique utilisée par les entreprises.
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« Redonnons du pouvoir au consommateur », ou la bêtise d’une loi 3 novembre 2014

Par Thierry Klein dans : Politique.
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Dans un pays pas assez compétitif, toute distribution de pouvoir d’achat se finit par un appauvrissement. Les biens supplémentaires achetés sont des biens importés (parce que le pays n’est pas compétitif) et donc la distribution de pouvoir d’achat se traduit en déficit commercial et bientôt, pour la France, en augmentation de la dette.

Pour relancer, il faut être fort, ou fermé

Pour cette raison, les politiques de relance n’ont de sens que si le pays est compétitif (auquel cas les biens importés seront en quantité faible) ou si le pays est fermé aux importations. C’est le paradoxe de toutes les politiques depuis 30 ans: plus on relance, plus on s’appauvrit et aucun gouvernement n’a été assez fort pour imposer l’une ou l’autre des 2 conditions ci-dessous: une rigueur préalable, permettant de gagner en compétitivité ou un protectionnisme fort, permettant de fermer les frontières.

Quand l’idéologie le dispute à la bêtise

La loi Hamon qui a pour objectif démagogique annoncé de redonner du pouvoir aux consommateurs (alors qu’un des maux du siècle est précisément que ces consommateurs ont, via la mondialisation, acquis déjà beaucoup trop de pouvoir) aura un effet quasi-nul sur la consommation en ce qui concerne par exemple la mise en concurrence des notaires. Les notaires sont des gens aisés, mais leurs clients (particuliers et entreprises) le sont aussi. Robin des Bois moderne à la sauce mondialisée, Benoît Hamon prend aux riches pour donner aux riches. Pour des raisons purement idéologiques, on déplace, au mieux, la valeur ajoutée de la filière en rendant la situation des clients plus favorables. (Au pire, on désorganisera l’immobilier en supprimant le tiers de confiance assermenté qu’est aujourd’hui le notaire).

Beaucoup moins drôle: la loi Hamon est d’une inconséquence rare et nuisible en ce qui concerne les dispositions permettant aux avocats de faire de la publicité.

La plupart des avocats sont constitués en très petites entreprises ou en entreprise individuelle. Leur permettre de faire de la publicité ne peut que faire monter le prix des prestations. Surtout, cela signifie qu’à terme, des entreprises très capitalisées (qui seront probablement de grands groupes anglo-saxons) vont se développer et récupérer l’essentiel du marché (il faudra 5 à 20 ans pour ceci et Hamon n’en sera pas tenu pour responsable).

Que se passera-t-il à ce moment là ?

– Le consommateur paiera ses prestations juridiques de plus en plus cher,
– Les investissements publicitaires seront faits essentiellement via de grands groupes (Google Adwords) qui délocalisent leurs profits,
– Les bénéfices des sociétés d’avocats seront faits par des multi-nationales qui exporteront aussi leurs profits,
– Les avocats, dont l’exercice et la consommation actuels ne sont pas délocalisables, seront progressivement paupérisés avec un pouvoir d’achat inférieur.

Et donc, au final, l’effet recherché de relance sera on ne peut plus négatif.

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50 milliards de litres d’eau dans l’Océan Pacifique (la méthode Valls) 16 avril 2014

Par Thierry Klein dans : Economie,Politique.
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Détail des mesures de Manuel Valls

Imagine, chez lecteur, qu’un jour Manuel Valls t’affirme, la tête haute, le regard franc, bref les yeux dans les yeux comme on dit, qu’il y a 50 milliards de litres d’eau dans l’Océan Pacifique. Confiant comme tu es, cher Lecteur, tu ne demandes évidemment qu’à le le croire. Mais au bout de quelques jours, tu as comme un doute et tu lui demandes quelques précisions: Manuel, dis-moi donc, comme arrives-tu à ce chiffre ?

Manuel a l’air un peu embêté, te demande quelques jours de délai puis te répond:

« Voilà pourquoi, je vais te donner le détail du calcul. Eh bien, il y a 25 milliards de litres dans le Pacifique Nord et 25 dans le Pacifique Sud. Au total, cela fait bien 50 milliards. Le compte y est, je te le dis et te le redis avec force. Le calcul est juste. »

Cette méthode, c’est exactement celle que Manuel Valls a utilisée dans sa communication sur le plan d’économies que l’Etat compte, soi-disant, mettre en place. 18 milliards d’économies seront réalisées par l’Etat, 11 par les collectivités territoriales et 21 par la santé.

Mais les masses restent énormes et aucune justification des sommes annoncées n’est mise sur la table (le gel du point d’indice, des retraites expliquent au mieux 10% des sommes totales). L’annonce des sommes n’est rien, la difficulté opérationnelle est tout (sans compter que certaines économies, comme celles des collectivités locales, ne dépendent pas de l’Etat lui-même !

De même qu’on ne peut pas savoir combien de litres d’eau il y a en coupant le Pacifique en deux, parce que chacune des parties ainsi obtenues reste aussi difficile à mesurer que le tout, de même il n’y a pas le début du commencement d’un plan dans l’annonce de Manuel Valls (et tous ceux qui sont opposés aux économies peuvent dormir tranquilles).

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La vérité sur l’affaire Free – Google. 4 janvier 2013

Par Thierry Klein dans : Aliénation,Google,Politique.
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Free / Google

1) Quel enjeu économique ? Free estime que Google prend trop de la valeur de l’internaute et met la publicité en « opt-in » (c’est son droit de vouloir rééquilibrer le business model en faveur du « tuyau », on peut juste s’étonner que personne ne l’ait fait avant). Free prend grosso modo 30€ / internaute / mois et Google a peu près la même chose (indirectement, sous forme de revenu publicitaire généré par l’Internet). Cela a donc un grand sens économique pour Free d’aller attaquer le revenu pour l’instant capté par Google. Il peut y multiplier par deux son chiffre d’affaires.

2) Que reprochent les internautes à Free ? Alors que toutes les « bonnes » pratiques publicitaires sont en opt-in, tous les internautes hurlent, par Twitter interposé, contre Free qui ne fait au fond que mettre en œuvre une politique opt-in réclamée à corps et à cri par ces mêmes internautes pour les mails… C’est surprenant sur le fond et sans doute un symptôme a) d’aliénation collective et 2) de très forte efficacité de la pub Google qui semble vue comme inséparable, voire plus importante, que le contenu. Voir aussi Comment Google contribue au rétrécissement du savoir.

3) Imagine-t-on un système similaire pour la télé, qui couperait la pub ? Oui, car il y a eu des tentatives (et même des boîtiers anti-pub qui sont sortis), la plupart du temps avortées car illégales ou fonctionnant mal. Mais la réaction du public est inverse pour la télé (cf les débats lors de la privatisation de TF1 sur les films coupés … et aussi la valeur sentimentale de mesures telles que l’absence de pub sur les chaines publiques). A la télé, les gens veulent moins de pub mais sur Google ils en veulent plus !

4) Fleur Pellerin se déclare plutôt en faveur de Google (politique opt-out), ce qui est idéologiquement contradictoire avec le fait d’être à gauche, au sens où ce qui définit la gauche, c’est – ce devrait être – la lutte contre l’aliénation. Mais aussi contradictoire avec sa position sur la presse. Car si on admet que Google « prend » trop de valeur au détriment des journaux, pourquoi ne pas être ouvert a priori à toutes les tentatives de déplacement de cette valeur ? Free vient au fond de mettre en place un mécanisme qui force Google – et potentiellement toutes les régies de pub – à discuter ! [Vous pouvez être certains que la vision « presse » n’est pas absente dans la stratégie de Free, Xavier Niel est aussi patron du Monde].

Derbière contradiction pour finir, Pellerin privilégie aussi Google, qui ne crée pas d’emploi en France, sur Free, qui en crée (au moins potentiellement). Bonjour le redressement productif.

5) Nicolas Colin, co-auteur du meilleur livre sur l’économie numérique de l’année dernière se retrouve à la tête d’une mission dont le but est de définir un nouvel impôt sur la multitude, c’est à dire sur les données. L’idée de base est que Google utilise la richesse des français pour son business et donc les données que possèdent Google, utilisées pour servir statistiquement le bandeau publicitaire le plus pertinent possible, peuvent, à ce titre, être taxées. Cela permettrait aussi de taxer Google dès aujourd’hui sans avoir à unifier les politiques de TVA européennes (doit-on taxer là où est le serveur de Google ? là où est l’internaute ?) , ce qui peut prendre 10 ans. Mais il y a pour moi un vice de fond: que se passe-t-il si une entreprise possède les données (taxables) sans pouvoir en tirer de revenu (car c’est le « tuyau » qui en profite le plus). Le modèle « Colin » taxe donc potentiellement des entreprises sans revenu. Il serait intéressant de l’entendre à ce sujet.

6) Google est réellement, fondamentalement menacé par ce genre de modèle. Il a systématiquement lutté contre toutes les tentatives de « dérive » de revenu publicitaire, même très mineures et même quand une vision à court terme aurait pu être à son avantage économique immédiat (fraude au clic, voir le cas de la fraude au clic et des moteurs de recherche solidaires ). Free a coupé aussi l’info qui permet à Google d’avoir un retour sur les clics, donc toute possibilité de chiffrage et de facturation de leur pub ! La France doit vraiment commencer à les emmerder. On est vraiment une grande puissance.

7) Quand j’étais petit, deux choses ne rentraient pas à l’école: les croix et la pub. L’église a fait tomber l’interdiction des croix depuis longtemps et Google a fait tomber l’autre barrière puisque les écoles paient des ordinateurs pour que les élèves y reçoivent de la pub. Ce que Free tente de faire pour des raisons économiques, l’état français aurait dû l’imposer à Google depuis longtemps pour des raisons politiques.

 

8 )   La réponse de Google est à mon avis déjà prête. C’est trop important pour eux pour ne pas réagir. Au-delà de la réponse médiatique (ça semble déjà parti) et / ou légale, je parierais qu’ils ont des possibilités déjà prêtes pour faire varier le code servant les pubs, de façon à contourner un filtrage. On peut envisager des algorithmes générant des millions de façons différentes de présenter les pubs, ceci variant à chaque seconde. A la fin, c’est le plus avancé techniquement, c’est à dire à mon avis Google, qui gagne. Et comme d’habitude sur le Net, « code will be law« .

[Cet article, écrit à la va-vite, sera revu et corrigé. En attendant, régalez-vous.]

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La Marseillaise, l’équipe de France, la liberté 1 juillet 2010

Par Thierry Klein dans : Politique,Sport.
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J’adore quand ils la chantent, mais je me battrai pour qu’ils puissent ne pas la chanter.

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Au-delà de cette limite, le service public n’est plus valable 9 juin 2010

Par Thierry Klein dans : Politique.
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Il n’existe que deux activités où l’on perd de façon certaine : l’emprunt (puisqu’on devra rembourser toujours plus que ce qu’on a emprunté) et le jeu (si on joue suffisamment longtemps, on est statistiquement certain de perdre).

Dans un grand nombre de pays, ces deux activités sont donc interdites ou très sévèrement règlementées, avec une tolérance plus grande, en général, pour l’activité de prêt car celle-ci peut se révéler, sous certains aspects, utile à la société.

Mais plus le jeu d’argent prend d’importance, plus il est significatif d’une dégradation morale de la société. La plupart des joueurs ne jouent que parce qu’il y a un décalage entre leur perception du gain potentiel et l’espérance réelle, mathématique, de gain. Ce décalage est entretenu à grand frais par différentes méthodes (le marketing, l’environnement du casino, la publicité, etc…).

Un état qui se préoccupe de l’intérêt réel de ses citoyens, va interdire ou encadrer strictement les entreprises liées au jeu de hasard et le monopole de la Française des Jeux pouvait à l’origine se justifier de 2 façons.

1. En respectant mieux qu’une entreprise privée l’intérêt de ses consommateurs (les joueurs), la FdJ avait une mission morale (ne pas développer le goût du jeu outre mesure).

Bruxelles a montré que cette mission morale n’existait pas et que le comportement de la FdJ était devenu identique à celui d’une entreprise de jeu traditionnelle.

2. Le retour à l’état, vue comme une organisation garante de l’intérêt général, des gains (somme des petites ou grandes dépravations individuelles) permettait aussi, dans une certaine mesure de tolérer l’exercice du jeu lui-même en le contrôlant et en tirant parti dans un objectif de gain public, au moins au sens économique du terme.

Il est tout à fait remarquable, et significatif de l’esprit du temps, que cet argument n’ait même été invoqué par la France à Bruxelles.

Comment se finit donc le service public ?

Après une période plus ou moins longue, l’entreprise devient aussi avide vis-à-vis de ses propres clients qu’une entreprise classique (mais évidemment, la situation de monopole lui permet d’être encore plus avide, comme cela a été le cas pour la FdJ, comme cela est aujourd’hui le cas pour la SNCF).

Ce qui s’ensuit (fin du monopole, privatisation) n’est alors qu’un épiphénomène: l’esprit public a disparu depuis bien longtemps.

L’état peut aussi vouloir éduquer les citoyens. Dans les années 50, Pierre Mendès-France avait eu l’idée de bloquer un pourcentage des sommes jouées sur un carnet d’épargne, pour que tout joueur puisse voir, quelques années plus tard, le décalage entre les revenus de l’épargne et du jeu.

On comparera cette position au vote qui vient de légaliser les paris privés, en urgence, trois jours avant la Coupe du Monde, évidemment sous l’influence de multiples lobbies. Où est l’intérêt général dans tout ça ?

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Les TICE aux Pays des Merveilles 20 mars 2010

Par Thierry Klein dans : Economie,Politique,Technologies.
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Je me suis « coltiné » à peu près 50% du rapport Fourgous ces dernières semaines – j’emploie le mot « coltiné » pour rester poli, tellement ce rapport est indigeste.

Je dois être une des seules personnes au monde à en avoir lu presque la moitié, je vous assure que ça tient de l’exploit, c’est ma performance du mois, un peu comme si j’avais couru un 100 m en 10 secondes ou si j’étais resté 6 mn sous l’eau sans respirer. D’ailleurs, c’est un peu ce que je ressentais à la lecture des phrases du rapport: « est-ce que je vais tenir jusqu’à la fin sans mourir (d’ennui) ? ».

L’histoire retiendra donc qu’Einstein a changé l’histoire de la physique avec un papier de 10 pages mais que Fourgous n’a rien changé du tout avec un pavé de 326 pages. Comme quoi, avant de s’intéresser aux TICE, un peu de bonne vieille instruction classique ne nuit jamais et aurait peut être permis au(x) rédacteur(s) d’apprécier les mérites de la concision et de la clarté. (Je sais, cher lecteur, tu penses toi aussi que l’introduction de ce billet est bien trop longue ! Pourtant tu vas poursuivre sa lecture le sourire aux lèvres – et crois moi, tu apprendras bien plus en lisant ces quelques lignes qu’en consultant le rapport Fourgous, même si, à ton grand regret, leur auteur n’est pas non plus Einstein !).

(suite…)

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