jump to navigation

Les formes élémentaires de l’aliénation (2) : la névrose 26 février 2010

Par Thierry Klein dans : Economie,Politique.
Lu 17 377 fois | 4 commentaires

Billet précédent : Les formes élémentaires de l’aliénation (1)

La névrose est une aliénation particulière, de nature inconsciente, où la victime est confondue avec l’oppresseur – le terme « alien » fait explicitement référence à un tiers lorsque victime et oppresseur sont distincts. Il est intéressant de noter que Marx et Freud ont tous deux eu l’impression que « la prise de conscience » (de la cause du refoulement dans le cas de Freud, de la lutte des classes dans le cas de Marx) permettrait de résoudre le problème.

Freud s’est assez vite rendu compte que l’observation clinique contredisait sa thèse initiale, mais aucune observation n’a jamais pu confirmer la thèse de Marx. Son oeuvre a principalement été utilisée de façon tactique pour la prise de pouvoir (en particulier lors du coup d’état de 1917) mais la fameuse « prise de conscience » a toujours été remise à plus tard. En termes marxistes, on pourrait dire que la contrainte communiste (consciente) a simplement remplacé l’aliénation du régime tsariste (inconsciente), sans aboutir jamais à la moindre prise de conscience, ni même, ce qui aurait été intéressant, à la transformation de cette contrainte en aliénation – c’est-à-dire en une adhésion populaire massive au mythe communiste.

Il semble que dans le monde moderne seule la démocratie possède cette propriété de faire adhérer la population au « mythe » (c’est bien un mythe, car penser que la vérité procède de la majorité est du domaine de la croyance. Tocqueville: « La démocratie […] entraîne une immense pression de l’esprit de tous sur l’intelligence de chacun »).

Cette distinction entre névrose et aliénation était nécessaire pour introduire l’aliénation consommatrice, qui définit et structure le monde actuel, tous pays et tous régimes confondus, et qui sera le sujet de mon prochain billet.

Billets associés :
del.icio.us:Les formes élémentaires de l’aliénation (2)  : la névrose digg:Les formes élémentaires de l’aliénation (2)  : la névrose spurl:Les formes élémentaires de l’aliénation (2)  : la névrose wists:Les formes élémentaires de l’aliénation (2)  : la névrose simpy:Les formes élémentaires de l’aliénation (2)  : la névrose newsvine:Les formes élémentaires de l’aliénation (2)  : la névrose blinklist:Les formes élémentaires de l’aliénation (2)  : la névrose furl:Les formes élémentaires de l’aliénation (2)  : la névrose reddit:Les formes élémentaires de l’aliénation (2)  : la névrose fark:Les formes élémentaires de l’aliénation (2)  : la névrose blogmarks:Les formes élémentaires de l’aliénation (2)  : la névrose Y!:Les formes élémentaires de l’aliénation (2)  : la névrose smarking:Les formes élémentaires de l’aliénation (2)  : la névrose magnolia:Les formes élémentaires de l’aliénation (2)  : la névrose segnalo:Les formes élémentaires de l’aliénation (2)  : la névrose gifttagging:Les formes élémentaires de l’aliénation (2)  : la névrose


Les formes élémentaires de l’aliénation (réponse à Enzo) 22 février 2010

Par Thierry Klein dans : Aliénation,Politique.
Lu 105 309 fois | 18 commentaires

Enzo a laissé une diarrhée de commentaires sur mon précédent article « L’aliénation choisie ».

En fin d’écoulement, Enzo finit par écrire qu’il ne sait pas très bien ce qu’est l’aliénation (ce qui fait que pour lui, à la fin des fins, tout devient « une question de curseur »). Il y a pas mal d’autres choses, positives et négatives, à prendre dans les commentaires d’Enzo qui sont aussi intéressants par leurs « a priori » et en particulier ce que j’appelle « l’a priori féministe ».

J’y répondrai progressivement, dans ce billet et dans ceux qui suivront, mais en attendant, tu n’as pas idée du plaisir que je prends, cher lecteur, à affirmer des conjectures, à les écrire sur ce ton professoral et pontifiant et à les regrouper sous un titre pompeux, un peu comme un professeur en classe prépa (on a le syndrôme de Stockholm qu’on peut !). Sans penser que tu vas (peut-être) les lire. Rien que pour ça, ce blog est totalement irremplaçable. Merci, merci, merci !

Le concept d’aliénation suppose une victime et un oppresseur, ainsi qu’une sorte de « collaboration » entre la victime et son oppresseur. Pour bien comprendre les différentes formes d’aliénation, il faut s’intéresser au côté conscient ou inconscient de la victime, au côté conscient ou inconscient de l’oppresseur et aussi à la réalité de l’oppression (il n’est en effet pas toujours évident de savoir s’il y réellement une victime et un oppresseur).

On peut jouer presqu’à l’infini avec tous ces paramètres et s’en servir pour créer une typologie des aliénations.
L’esclavage: contrainte et aliénation

Dans l’esclavage, la victime est consciente et l’oppresseur est, le plus souvent, lui aussi conscient de l’oppression. Dans ce cas, on ne parle pas d’aliénation mais plutôt de contrainte. La notion d’esclavage est incompatible avec la notion de liberté individuelle ce qui fait qu’il n’est pas toléré dans les pays dont la législation découle plus ou moins « des Lumières ». Cette situation reste une exception historique et l’esclavage reste une structure fondamentale du développement de l’humanité à travers presque tous les âges.

Dans certains cas, l’esclavagiste peut être inconscient. Aristote réduit l’esclave au rang « d’objet animé », dont la vocation est d’être commandé et justifie ainsi la légitimité de l’esclavage par l’intérêt commun du maître et de l’esclave. On peut dire qu’Aristote rationalise ainsi une structure dont il tire évidemment un avantage personnel, comme le faisaient les esclavagistes américains ou Afrikaners (comme le font aujourd’hui les néo-libéraux qui justifient les excès du capitalisme par son utilité finale) mais c’est prendre un homme génial pour un pur imbécile.

Plus probablement, Aristote voit dans l’esclavage une sorte de « structure stable et naturelle de développement de l’humanité », au sens où un structuraliste pourrait aujourd’hui la concevoir. Ce que je veux dire par là, c’est qu’il n’est pas certain qu’Aristote soit juste un pré-hégélien ou un pré-marxiste, totalement inconscient du côté arbitraire et injuste de la relation « maître / esclave » (il évoque d’ailleurs ces deux aspects). Aristote raisonne surtout en politique et voit les inconvénients qu’il peut y avoir à casser cette relation pour le bon développement de la société. En ce sens, il est aussi un « post-marxiste » qui a su tirer les leçons de la chute du Mur – le communisme, c’est à dire la destruction systématique de toutes les relations capitaliste / travailleur, fussent-elles injustes, ne fonctionne pas car il ne crée pas un modèle politique harmonieux de développement, une « structure stable et naturelle de développement de l’humanité ».

[Par rapport à quelqu’un comme Elisabeth Badinter, il se pourrait bien qu’Aristote ait 100 ans d’avance et non pas 2000 ans de retard. Je m’expliquerai plus en détail sur ce point dans mon prochain billet.]

Le servage

Dans le cas du servage, tel qu’il est pratiqué en France au Moyen-âge, il est clair que seigneur et serf sont en grande partie inconscients, sans que le côté contrainte de la relation ne soit jamais totalement éliminé cependant. Le Noble est certain que sa supériorité repose sur des critères génétiques et de caractère, le Serf voit dans la société une structure naturelle – on est dans un cas d’aliénation à peu près pur, si l’on admet que l’oppression est bien réelle (elle l’est, au moins sous l’angle de la liberté politique ou des droits de l’homme – 2 critères auxquels j’ accorde beaucoup de valeur, mais dont l’objectivité me force à reconnaître le caractère arbitraire et exceptionnel au sens historique).

Cette forme d’aliénation disparaît de façon tout à fait remarquable: la prise de conscience de l’aliénation la fait disparaître.

Avec Voltaire et Beaumarchais, Noble et Serf perdent progressivement l’illusion de leur différence. La demande « naturelle » du serf pour la liberté n’est plus contrebalancée par la croyance du Maître en sa supériorité. L’ordre naturel des choses s’effondre. La Révolution française n’a lieu que parce que les Nobles ne croient plus en leur supériorité intrinsèque. Ils ne se battent alors plus que pour conserver des privilèges. Ce combat est perdu d’avance, ne serait-ce que sur le plan moral.

Le travailleur et le capitaliste.

Marx nous parle d’une aliénation inconsciente du travailleur par le capitaliste et décrit, dans le premier livre du Capital, comment se crée la dépendance et l’oppression. Pour lui, le travailleur n’a que l’illusion de la liberté mais la plus-value qu’il crée par son travail est intégralement captée, à ses dépens, par le Capitaliste.

[A noter, pour Enzo, que Marx, comparant les taux de surtravail (2) de l’esclave, du serf et du travailleur montre que l’aliénation par le travail est la pire qui soit – au sens où l’ouvrier, en pourcentage de son temps de travail, passe plus de temps au bénéfice de son patron que l’esclave antique ou que le serf. En ce sens, l’aliénation capitaliste est pire que l’oppression esclavagiste].

L’aliénation dont parle Marx est de nature inconsciente, au moins pour l’ouvrier, qui n’a que l’illusion de la liberté. Marx crédite le capitaliste d’un plus haut niveau de conscience et montre comment l’exploitation ouvrière est organisée de façon rationnelle.

La réalité de l’aliénation marxiste reste à prouver. A partir du moment où le travailleur est formellement libre (d’aller voir ailleurs, de relire son contrat…), peut-on vraiment changer la société et les lois sur le présupposé que c’est un imbécile qui se laisse aliéner ? La gauche vous répondra « plutôt oui » (et c’est pourquoi elle a des tendances liberticides, au sens où elle veut changer les choses contre le gré de gens dont la prise de conscience n’a pas « encore » eu lieu), la droite vous répondra « plutôt non » (et c’est pourquoi elle a des tendances anti-sociales et un lien très fort avec la bêtise, puisqu’elle cherche avant tout à protéger et à nier des privilèges qui lui sont pourtant littéralement jetés sous les yeux ).

De toutes les façons, on reste dans le domaine des sciences sociales, c’est à dire en dehors du domaine de la science (3) et toujours dans le domaine de la conjecture, même s’il y a des degrés dans le niveau de la conjecture. Un des drames des sciences humaines est que les plus grands découvreurs, comme Marx ou Freud, pensent que leurs conclusions sont de nature scientifique alors que seule leur approche l’est. Là aussi, il me semble qu’Aristote, n’ayant pas cette illusion, leur est supérieur.

[Tu t’indignes et tu bous, cher lecteur qui te sens une fibre sociale, mais comme toi, je pense que les situations sociales que décrit Marx sont inhumaines et doivent être combattues. Simplement, la réalité de l’aliénation est un problème différent. Le fait qu’il y ait des situations inacceptables ne prouve pas en soi l’aliénation. Il se pourrait que les situations inacceptables soient inévitables, comme le pense Malthus, et que la notion d’aliénation procède d’un autre trait de caractère humain: la recherche d’une cause facile et pour tout dire, d’un bouc-émissaire.]

Marx a étudié la révolution française, Lénine et les bolcheviks sont littéralement captivés par son exemple et pensent qu’il est possible de renverser le régime capitaliste comme les Lumières ont renversé la Royauté, à ceci près que la prise de conscience aura lieu après la révolution et non pas avant. Il faut au moins deux présupposés pour penser ceci: penser que l’aliénation est réelle (j’ai déjà parlé de ce premier point) et surtout penser qu’une société de type marxiste-léniniste peut constituer un « état stable de l’humanité ».

Les bolchevicks négligent ce point car la Révolution française a débouché, certes après beaucoup de massacres et de guerres, sur une société totalement nouvelle, sans esclave, bâtie autour d’un principe de liberté et d’égalité : cet état de choses tient maintenant sans trop grosse contrainte depuis deux siècles. On est sorti d’une structure stable pour aller tout naturellement vers une autre structure stable – et cette nouvelle stabilité empêche le retour en arrière (la Restauration). Il apparaît aux Bolcheviks que le plus dur, c’est de réussir la révolution.

Mais la vraie question, on le sait à présent c’est celle-ci: la structure qu’envisage Marx (ou plutôt Lénine) pour sa société peut-elle être stable ?

La question reste posée puisqu’un échec, celui de la période 1917-1989, ne peut pas prouver l’impossibilité théorique (4). De façon scientifique, je ne peux donc pas répondre non, mais de façon sensible et empirique, je pense profondément que la correction de l’aliénation par la prise de conscience est une vision de l’esprit (5), que les sociétés bâties selon les principes marxistes sont forcément inhumaines et ne peuvent, en tant que telles, perdurer de façon stable. En gros, ma position vis à vis du marxisme est « quelle que soit la réalité du phénomène constaté par Marx, le remède qu’on nous propose est pire. Et la possibilité même d’un remède de nature structurelle et permanente n’a pas encore été établie. ».

(La révolution française: une révolution qui réussit et qui aboutit vers un modèle de société stable.
Le communisme : une révolution qui réussit et une société qui échoue, car non stable.)

Le féminisme, l’aliénation maternelle.

Pour les féministes, l’aliénation de la femme est un processus inconscient pour la victime et plus ou moins conscient pour l’homme (comme chez Marx, on prend l’opprimé pour un imbécile mais on fait en quelque sorte honneur à l’oppresseur en lui accordant un degré de conscience assez élevé. On peut excuser ce travers et penser que, s’il y a réellement aliénation, l’indignation que montrent les féministes et Marx envers l’oppresseur est somme toute assez naturelle).

Mais là aussi, y a-t-il aliénation ? Dans le modèle « la femme au foyer, l’homme au boulot » qui a prévalu jusque dans les années 60 dans notre société, il est difficile de déterminer oppresseur et victime. Il y a juste partage des tâches, l’homme faisant indirectement vivre à la famille à travers son temps passé au travail et la femme directement par le temps passé au foyer.

L’aliénation féministe est encore plus difficile à mettre en évidence que l’aliénation marxiste. Au moins Marx peut-il mettre en évidence une captation de plus-value, qui constitue une sorte de « symptôme » aliénant – sans que l’aliénation elle-même ne soit formellement prouvée. Mais rien de tel chez les féministes. Pas de lien d’intérêt direct entre homme et femme, juste une contribution pour un objectif commun. Depuis au moins 50 ans, la femme est aussi tout à fait libre de travailler (c’est à dire, au sens marxiste, libre de s’aliéner). Donc il n’y a pas non plus contrainte, au sens où je le définissais précédemment dans ce billet.

Les liens entre féminisme et marxisme.

Les deux reposent sur la dénonciation d’une structure d’aliénation inconsciente et non démontrée (ce qui fait que les féministes comme les marxistes sont de gauche), mais ces aliénations sont inconciliables et opposées: si les femmes travaillent « comme » les hommes, ce qui est le cas aujourd’hui, l’exploitation des travailleurs augmente (en gros, il faut deux personnes aujourd’hui pour faire vivre un foyer alors qu’il en fallait une il y a un siècle. Le temps passé à faire la vaisselle est troqué contre le temps passé à s’acheter le lave-vaisselle. Est-ce un progrès ?).

En augmentant la taille de « l’armée de réserve », les femmes mettent les travailleurs de tous les sexes en concurrence au bénéfice du Capitaliste, qui profite à la fois de l’augmentation de la réserve de travailleurs et de celle du nombre de consommateurs (c’est à dire du marché). (6)

Le slogan féministe : « A travail égal, salaire égal ! (pour les femmes)». La réalité « A travail égal, salaire inférieur » (pour tous !).

Il semble honteux, pour les féministes, d’invoquer la « loi naturelle » pour justifier la femme au foyer, ou simplement la femme qui élève son enfant. Il n’y aurait là qu’aliénation. Les deux hypothèses étant des conjectures, qui plus est non exclusives l’une de l’autre, j’ai plutôt tendance à croire en la réalité d’une loi naturelle, observable chez la plupart des espèces animales et dans la plupart des sociétés, qui fait que la femme a plus naturellement « envie » de s’occuper de ses enfants que l’homme.
Je ne suis pas sûr que le mélange à égalité des rôles parentaux corresponde à une structure stable de la société et je pressens autant d’inconvénient à imposer ceci qu’il a pu y en avoir à imposer une structure marxiste de la société.

Le capitalisme moderne crée aujourd’hui des foyers où les enfants sont laissés à l’abandon par les parents des deux sexes – au mieux, ils sont laissés à l’éducation des tiers (professeurs, nounous, etc…) – le but final semblant être de pouvoir les équiper de Nike. On a troqué l’éducation parentale contre des biens de consommation. Mais une des sources de la supériorité de l’homme, c’est sa capacité à transmettre aux générations futures et son principal risque de survie, en tant qu’espèce, c’est son incapacité à maîtriser sa consommation, qui se traduit par l’épuisement des ressources dont il vit.

La femme au travail, au regard de ces deux critères, apparaît donc avant tout comme un élément de développement non durable.

(J’espère que comme Enzo tu m’excuseras, cher lecteur, pour cette phrase qui peut sembler provocatrice mais dont j’admets volontiers que le principal intérêt est de fournir une chute élégante à ce billet qui commence à se faire un peu long mais qui est loin d’être terminé. Je t’infligerai rapidement une suite dont la trame est la suivante: aliénation et névrose, l’aliénation consommatrice, imprégnation et aliénation, aliénation allemande et Lebensraum, aliénation envie et victimisation, le syndrôme de Stockholm humain, l’aliénation animale, une modélisation physique des sociétés stables).

(1)Cela semble un point évident, mais ce n’est pas si facile à montrer. Si le critère est la liberté ou les droits de l’homme, l’oppression du serf par le seigneur est réelle.
(2)Dans le temps de travail de l’esclave ou du travailleur, Marx distingue le temps nécessaire pour assurer sa subsistanceies du temps (sorte de minimum de travail incompressible) du temps qui enrichit ou accroît le confort de son oppresseur (sorte d’unité de mesure de l’aliénation).
(3)On est dans le domaine de la science quand on est capable de prédire des phénomènes de façon quantitative à partir de lois déduites de l’observation.
(4)Qui plus est le marxisme-léninisme ou le stalinisme ont à peu près autant de choses à voir avec Marx que l’Eglise de l’Inquisition avec les évangiles.
(5) Comme l’est, au niveau individuel, la correction de la névrose par la prise de conscience.
(6) Un problème politique intéressant en découle. Dans la mesure où les aliénations s’entrechoquent, une société sans aliénation est-elle possible ou simplement souhaitable ? Selon quel modèle les aliénations s’entrechoquent-elles ? Je sens ton impatience, cher lecteur, surtout si ton nom est Enzo et j’essaierai de te fournir quelques conjectures à la fin de ce billet.

Billets associés :
del.icio.us:Les formes élémentaires de l'aliénation (réponse à Enzo) digg:Les formes élémentaires de l'aliénation (réponse à Enzo) spurl:Les formes élémentaires de l'aliénation (réponse à Enzo) wists:Les formes élémentaires de l'aliénation (réponse à Enzo) simpy:Les formes élémentaires de l'aliénation (réponse à Enzo) newsvine:Les formes élémentaires de l'aliénation (réponse à Enzo) blinklist:Les formes élémentaires de l'aliénation (réponse à Enzo) furl:Les formes élémentaires de l'aliénation (réponse à Enzo) reddit:Les formes élémentaires de l'aliénation (réponse à Enzo) fark:Les formes élémentaires de l'aliénation (réponse à Enzo) blogmarks:Les formes élémentaires de l'aliénation (réponse à Enzo) Y!:Les formes élémentaires de l'aliénation (réponse à Enzo) smarking:Les formes élémentaires de l'aliénation (réponse à Enzo) magnolia:Les formes élémentaires de l'aliénation (réponse à Enzo) segnalo:Les formes élémentaires de l'aliénation (réponse à Enzo) gifttagging:Les formes élémentaires de l'aliénation (réponse à Enzo)


L’aliénation choisie 14 février 2010

Par Thierry Klein dans : Politique.
Lu 11 135 fois | 23 commentaires

Elisabeth Badinter dénonce « l’aliénation maternelle » et l’idéologie du « retour de la femme au foyer ». Mais si la femme n’est pas au foyer, elle est au travail, ce qui est aussi une aliénation. Et l’indépendance financière la rend consommatrice, c’est-à-dire aliénée par la publicité.

Le fait que ces deux dernières formes d’aliénations soient « mixtes » et touchent à la fois hommes et femmes ne les rend pas meilleures ni plus souhaitables, comme Elisabeth Badinter semble le croire.

[Le fait de préférer les aliénations mixtes (travail, consommation) à l’aliénation féminine (allaitement…) montre d’ailleurs à quel point le féminisme, tel que le conçoit Elisabeth Badinter, est plus une frustration qu’un humanisme]

Vouloir imposer à un être humain de renoncer à son aliénation (autrement dit, en langage courant, « vouloir faire le bien de quelqu’un contre son gré ») procède toujours d’une vision totalitaire (inquisition, stalinisme…).

On peut certes rêver de lendemains meilleurs, d’un âge d’or où les hommes et les femmes ne subiraient plus d’aliénation consciente ou inconsciente.

Mais en attendant, on n’a pas inventé mieux que la Liberté (qui n’est au fond que le droit, pour chaque être humain, de choisir son aliénation et non pas la fin de l’aliénation).

Billets associés :
del.icio.us:L'aliénation choisie digg:L'aliénation choisie spurl:L'aliénation choisie wists:L'aliénation choisie simpy:L'aliénation choisie newsvine:L'aliénation choisie blinklist:L'aliénation choisie furl:L'aliénation choisie reddit:L'aliénation choisie fark:L'aliénation choisie blogmarks:L'aliénation choisie Y!:L'aliénation choisie smarking:L'aliénation choisie magnolia:L'aliénation choisie segnalo:L'aliénation choisie gifttagging:L'aliénation choisie


L’échec de la réforme de santé aux USA 4 janvier 2010

Par Thierry Klein dans : Economie,Politique.
Lu 6 475 fois | ajouter un commentaire

Aux Etats-Unis, le secteur de l’assurance santé est, dans presque tous les états, un oligopole.

Principale conséquence: les dépenses de santé représentent 15% du PIB (soit 50% de plus qu’en France, avec un taux de couverture de la population beaucoup plus faible. Si on prend les dépenses de santé par personne, on obtient un facteur 2. Pour les personnes ayant accès au système, on obtient un facteur 3 à 4 !).

Les intérêts des financeurs de soins (mutuelles), des donneurs de soins (hôpitaux, médecins) et des sociétés pharmaceutiques sont liés: tous ont intérêt à ce que les coûts de santé augmentent (voir mon billet de juin 2009).

Le principal, l’unique enjeu même de toute réforme de santé aux USA (inscrit dans le programme d’Obama) est la mise en place d’un système public de sécurité sociale, le seul capable de faire baisser le coût des soins en mettant réellement, dans chaque état, les mutuelles d’assurance et les laboratoires en concurrence.

Avec un système public de sécurité sociale, les américains ont les moyens de faire baisser les coûts de la santé tout en étendant la couverture à l’ensemble de leur population, sans pratiquement aucune restriction.

Tout le lobby de la santé (entraînant derrière lui bon nombre de démocrates) et les républicains se sont battus becs et ongles contre une telle réforme avec des arguments d’un simplisme confondant: on a mis en avant la « liberté de choix des soins » (alors que la population américaine n’a pas accès aux soins aujourd’hui !) pour cacher l’avidité et le besoin de profit de quelques uns.

La réforme du système américain telle qu’elle a été finalement votée ne profitera durablement qu’au lobby de la santé – et principalement aux mutuelles et aux laboratoires.

L’option publique (ce qu’on appelle en France la sécurité sociale) n’est ouverte qu’à environ 5 millions de personnes – les salariés les plus pauvres. En conséquence, le pouvoir de négociation de cette « sécurité sociale » pour faire baisser les prix sera quasiment nul.

30 millions de personnes supplémentaires auront accès au système de couverture privé – ce qui correspond à la création d’un nouveau marché énorme pour le lobby de la santé, d’autant plus que, les coûts étant non maîtrisés, les primes vont augmenter encore plus que par le passé pour les assurés… et pour l’état (il est simplement prévu des objectifs de « réduction des prévisions d’augmentation des coûts » (!) qui non seulement ont un caractère peu contraignant mais de plus sont incontrôlables).

Le nouveau régime ne cessera d’être de plus en plus déficitaire. Dans 3 à 10 ans, tout au plus, on atteindra les 20% du PIB et un congrès, probablement républicain, prendra acte du trou sans fond ainsi creusé et en profitera pour revenir en arrière sur l’ensemble de la réforme.

Obama a parlé du « meilleur compromis possible ». En réalité, il vient d’oblitérer la possibilité de toute réforme réelle de santé aux Etats-Unis pour les 30 à 50 ans à venir.

Il en sera de cette tentative de réforme comme de la lutte contre le chômage en 1983 en France ou des 35h aujourd’hui: sous prétexte que ceux qui s’y sont frottés ont lamentablement échoué, on condamne durablement l’objectif même au lieu de tenter d’y parvenir en utilisant d’autres moyens.

Et mieux vaut encore un échec visible (Copenhague) qu’un faux succès qui clôt le débat pour des décennies.

Billets associés :
del.icio.us:L'échec de la réforme de santé aux USA digg:L'échec de la réforme de santé aux USA spurl:L'échec de la réforme de santé aux USA wists:L'échec de la réforme de santé aux USA simpy:L'échec de la réforme de santé aux USA newsvine:L'échec de la réforme de santé aux USA blinklist:L'échec de la réforme de santé aux USA furl:L'échec de la réforme de santé aux USA reddit:L'échec de la réforme de santé aux USA fark:L'échec de la réforme de santé aux USA blogmarks:L'échec de la réforme de santé aux USA Y!:L'échec de la réforme de santé aux USA smarking:L'échec de la réforme de santé aux USA magnolia:L'échec de la réforme de santé aux USA segnalo:L'échec de la réforme de santé aux USA gifttagging:L'échec de la réforme de santé aux USA


Enorme 23 octobre 2009

Par Thierry Klein dans : Politique.
Lu 3 200 fois | ajouter un commentaire

Le fils Sarkozy a été énoooorme, ce soir sur la 2.

Sans avoir jamais l’air ridicule, il a réussi à faire passer l’idée que n’être « que » candidat au conseil d’administration de l’EPAD était un acte de tolérance, d’humilité, de compréhension, d’écoute, d’engagement, etc (J’en passe, je ne sais pas être aussi lyrique !).

Il a convaincu même la gauche, qui parle de « retrait », « bon sens », « victoire », « retour sur terre » – qui oublie qu’au fond, c’est aussi incroyable, à 23 ans, d’être membre du conseil d’administration que Président !

Ils sont très peu en France, moins de cinq peut-être, à pouvoir faire ce genre de numéro. Tapie, Sarkozy Père, Kahn, Cohn-Bendit…

Il a peut être renoncé (temporairement) à l’EPAD, mais il a gagné beaucoup plus. En 15 jours, il est devenu un homme politique d’envergure nationale au yeux de ses adversaires mêmes, qui lui ont dressé son piédestal.


« Je ne veux pas d’une victoire entachée de soupçons »
par lemondefr
Billets associés :
del.icio.us:Enorme digg:Enorme spurl:Enorme wists:Enorme simpy:Enorme newsvine:Enorme blinklist:Enorme furl:Enorme reddit:Enorme fark:Enorme blogmarks:Enorme Y!:Enorme smarking:Enorme magnolia:Enorme segnalo:Enorme gifttagging:Enorme


De France Télécom à Al Quaïda ? 19 octobre 2009

Par Thierry Klein dans : Politique.
Lu 4 091 fois | 6 commentaires

Y a-t-il jamais une raison unique donnée à un suicide ? Probablement pas. Un suicide a toujours un ensemble de causes « latentes » : historiques, personnelles, familiales et peut-être professionnelles.

Même si les raisons qui poussent au suicide sont diverses, la personne qui se suicide a souvent l’illusion qu’elle se suicide « pour » l’une d’entre elles qui lui tient lieu de raison manifeste (chagrin d’amour, perte d’un proche, accident…) ou bien « au nom » de l’une d’entre elles (attentat suicide au nom d’un idéal politique ou religieux).

Quand on se suicide « pour une raison », on parle de grand chagrin ou de folie. Quand on se suicide « au nom d’une cause », on parle de fanatisme.

Aujourd’hui, au milieu, il y a les employés de France Télécom. La raison manifeste invoquée du suicide : le cadre de travail ; la cause au nom de laquelle on se suicide : la lutte syndicale. Car les lettres laissés par les employés sont de purs tracts, il est clair qu’ils ont aussi fait de leur suicide un moyen de lutte.

Folie d’un côté (car qui peut sérieusement croire qu’un acte aussi grave puisse être expliqué uniquement, ou même principalement, par les conditions de travail chez France Télécom, aussi exécrables soient elles ? En recherchant dans la vie personnelle des victimes, on trouverait tellement d’autres choses…) et fanatisme de l’autre (car quand on en est arrivé au point de « tract-suicide », le plus « dur » est fait, à savoir l’anéantissement de l’instinct de conservation personnelle et il n’y a plus beaucoup de marches à franchir pour en arriver à « l’attentat suicide » à savoir l’anéantissement de l’instinct de conservation des autres, celui-ci étant évidemment beaucoup moins fort que celui-là).

Folie aussi au niveau de l’interprétation, partisane jusqu’au délire, qui est faite de ces actes.

Qui croît encore aujourd’hui que les causes manifestes d’un suicide (celles dont parle la victime) sont les causes réelles ? Qui n’est pas au courant du fanatisme derrière la plupart des actes de suicide pour des raisons politiques ? Pourtant, tout ça est mis de côté par tous ceux qui parlent de cette « vague » de suicides.

Du côté de la direction de France Télécom et du gouvernement, ce n’est probablement que bêtise, aveuglement et culpabilisation plus ou moins sincère.

La façon la plus efficace de lutter contre cette « vague » n’est pas la fausse compassion affichée par tous, mais la dénonciation du caractère ridicule et illusoire de la cause invoquée et surtout du fanatisme qui se cache derrière le « tract-suicide ». Si vous arrivez à faire comprendre à un homme qu’il va se suicider pour de très mauvaises raisons, des raisons ridicules, des raisons fanatiques; il hésitera beaucoup plus à franchir le pas. Car il n’y trouvera ni justification, ni grandeur.

Presque partout et presque toujours, le suicide, c’est le problème du malade. Il faut l’aider à prendre conscience de son état et non pas lui faire croire qu’il agit de façon rationnelle. Il s’agit de consulter à temps.

Que dire donc des syndicats et partis divers, qui, mettant de l’huile sur le feu, jouent dans cette affaire le même rôle qu’Iago vis-à-vis d’Othello. Ils sont sans doute les premiers impliqués dans la « croyance » qu’ont les suicidés que leur mort est justifiée par les horribles « conditions de travail » et « servira d’exemple politique ». Les premiers aussi à en tirer parti. Leur comportement est éthiquement injustifiable.

Billets associés :
del.icio.us:De France Télécom à Al Quaïda ? digg:De France Télécom à Al Quaïda ? spurl:De France Télécom à Al Quaïda ? wists:De France Télécom à Al Quaïda ? simpy:De France Télécom à Al Quaïda ? newsvine:De France Télécom à Al Quaïda ? blinklist:De France Télécom à Al Quaïda ? furl:De France Télécom à Al Quaïda ? reddit:De France Télécom à Al Quaïda ? fark:De France Télécom à Al Quaïda ? blogmarks:De France Télécom à Al Quaïda ? Y!:De France Télécom à Al Quaïda ? smarking:De France Télécom à Al Quaïda ? magnolia:De France Télécom à Al Quaïda ? segnalo:De France Télécom à Al Quaïda ? gifttagging:De France Télécom à Al Quaïda ?


Pourquoi nos dépenses de santé dépendent de la réforme du système de santé américain. 21 juin 2009

Par Thierry Klein dans : Economie,Politique.
Lu 5 290 fois | 2 commentaires

Je viens de passer 3 jours aux USA où Obama tente actuellement de lancer une grande réforme pour créer, en gros, l’équivalent de notre sécurité sociale. Il n’est pas sûr du tout que sa réforme aboutisse.

Le lobby de la santé est opposé à la création d’une sécurité sociale

Grandes firmes pharmaceutiques et mutuelles privées ont largement contribué, depuis des dizaines d’années, à l’inflation gigantesque des coûts de santé aux USA.

Pour les nombreux geeks qui lisent ce blog et qui se demandent comment ils en arrivent à lire un article qui traite de santé, je dirai que les intérêts des grandes sociétés pharmaceutique et des mutuelles privées sont liés comme le sont ceux de Microsoft et d’Intel: la hausse des coûts de santé génère de nouveaux marchés pour les assurances, etc….

Si une grande agence gouvernementale est créée, elle disposera d’une puissance de négociation énorme pour imposer aux géants de la pharmacie des prix de médicaments plus bas (comme le fait, en France, la sécurité sociale). Elle sera aussi en concurrence directe avec les mutuelles d’assurance médicale privées, qui seront obligées de baisser leurs prix.

Pour faire un parallèle avec la crise financière, dont j’ai beaucoup parlé depuis quelques mois, ces sociétés ont beaucoup de points communs avec les banques « folles »: elles réalisent des bénéfices énormes, elles sont extrêmement généreuses avec leurs principaux dirigeants, leur gestion est opaque, elles disposent d’une capacité d’influence politique et de lobbying pratiquement illimitée.

L’AMA (American Medical Association) a dépensé 10 M$ (millions de dollars) pour le soutien de sénateurs de tout bord depuis 10 ans. Les dépenses de l’AHI (American Health Insurance, qui représente les mutuelles) ont été multipliées par 6 au premier trimestre 2009 (6 M$). Les dépenses en lobbying de Pfizer ont été multiplées par 2 (6,2 M$). Presque toutes les grandes firmes de lobbying américaines travaillent aujourd’hui pour le secteur pharmaceutique dans le but de vider la réforme de tout sens et, comme toujours au Etats-Unis, on fait preuve d’une grande créativité. Je vous livre quelques tentatives intéressantes ci-dessous:

Créer des mutuelles de santé d’intérêt général

L’idée est que des organisations d’intérêt général créent des coopératives mutualistes de santé et d’appeler le tout « sécurité sociale ». Cela peut sembler intéressant au premier abord mais la première conséquence serait de priver ces petites coopératives de tout pouvoir réel de négociation des prix des médicaments, pour le plus grand profit des entreprises pharmaceutiques, qui évidemment soutiennent cette proposition ou certaines de ses variantes (comme des caisses d’assurance maladies régionales au lieu d’une seule caisse nationale, par exemple).

Fixer des objectifs aux entreprises du secteur pharmaceutique, et ne réformer que si les objectifs ne sont pas tenus.

L’idée consiste à imposer des objectifs (réduction des coûts, augmentation de la population ayant accès à une couverture santé) et de ne créer une sécurité sociale que plus tard, si les objectifs ne sont pas atteints.

Une telle initiative serait incroyablement complexe à contrôler (il y aura de toutes façons des réductions de coût aux USA du fait de l’instauration du dossier médical unique sous forme numérique, il y aura de toutes façons une progression du taux de couverture parce qu’Obama va faire voter une loi en ce sens).

Surtout, en termes politiques, « plus tard » signifie « pas de loi, bataille gagnée ». Dans monde entier, les lobbys qui cherchent à préserver une situation existante se fixent des soi-disant « obligations éthiques » pour éviter le vote d’une loi qui serait vraiment contraignante: demandez au Patronat français, par exemple, pourquoi il préfère édicter des règles de conduite sur la rémunération des patrons plutôt qu’une loi !

Le financement de la réforme

A partir du moment où la Sécurité Sociale existe, il faut des charges sociales pour la financer. L’idée est que les employeurs paient une taxe qui devrait être d’environ 10% du salaire. Les représentants des « petites entreprises », un lobby très puissant aux USA parce qu’il touche à l’essence même du rêve américain (voir un de mes précédents billets) demandent une exemption. Si cette exemption est trop large, la réforme sera tuée dans l’oeuf.

Bien que la réforme n’ait pas encore été chiffrée, il est aussi prévu de taxer les hauts revenus (plus de 200 ou 300 k$ / an) en limitant les sommes déductibles. Ce qui fait que la plupart des ONG, qui vivent de ces déductions sous la forme de dons privés, sont opposées à la sécurité sociale !

La bataille au Congrès

Les Républicains sont opposés à cette réforme, mais Obama n’en a pas forcément besoin. Le problème vient en fait des démocrates car beaucoup ne peuvent pas avoir l’air de ne pas la soutenir (son principe est très populaire) mais sont sensibles aux charmes des lobbys… Les alternatives hypocrites que j’ai mentionnées plus haut sont soutenues par de nombreux et influents démocrates (Baucus, Président de la Commission des Finances, Ron Wyden…).

Le dernier Président à s’être réellement attaqué au problème, Bill Clinton, avait échoué sur toute la ligne.

Les conséquences sur le monde

Il n’y a pas d’idée plus fausse, ni plus communément admise que celle qui consiste à croire que les dépenses de santé doivent inexorablement augmenter.

En réalité, les dépenses de santé ne vont croître que si on laisse faire le marché et les entreprises pharmaceutiques.

Une grande partie de la recherche médicale est effectuée aux USA, que ce soit dans le domaine des médicaments ou dans celui des instruments médicaux. Surtout, c’est le marché américain qui aujourd’hui donne le « la » en termes de prix de marché. Or les prix y sont maintenus à un niveau très élevé au détriment des intérêts publics. Quand un équipement électronique est vendu quelques millions de dollars à une clinique américaine, il sera vendu aussi cher à une clinique européenne, asiatique, etc… car le vendre moins cher, ce serait compromettre la rentabilité du marché américain lui-même, qui est le premier marché du monde. Les sociétés pharmaceutiques peuvent se permettre aujourd’hui de boycotter tout pays qui refuserait de payer le prix fort – la menace est d’ailleurs souvent brandie.

Contrôler la situation aux USA, c’est contribuer à la baisse des coûts dans le monde entier. Dans ce combat, nous sommes tous des citoyens américains.

Billets associés :
del.icio.us:Pourquoi nos dépenses de santé dépendent de la réforme du système de santé américain. digg:Pourquoi nos dépenses de santé dépendent de la réforme du système de santé américain. spurl:Pourquoi nos dépenses de santé dépendent de la réforme du système de santé américain. wists:Pourquoi nos dépenses de santé dépendent de la réforme du système de santé américain. simpy:Pourquoi nos dépenses de santé dépendent de la réforme du système de santé américain. newsvine:Pourquoi nos dépenses de santé dépendent de la réforme du système de santé américain. blinklist:Pourquoi nos dépenses de santé dépendent de la réforme du système de santé américain. furl:Pourquoi nos dépenses de santé dépendent de la réforme du système de santé américain. reddit:Pourquoi nos dépenses de santé dépendent de la réforme du système de santé américain. fark:Pourquoi nos dépenses de santé dépendent de la réforme du système de santé américain. blogmarks:Pourquoi nos dépenses de santé dépendent de la réforme du système de santé américain. Y!:Pourquoi nos dépenses de santé dépendent de la réforme du système de santé américain. smarking:Pourquoi nos dépenses de santé dépendent de la réforme du système de santé américain. magnolia:Pourquoi nos dépenses de santé dépendent de la réforme du système de santé américain. segnalo:Pourquoi nos dépenses de santé dépendent de la réforme du système de santé américain. gifttagging:Pourquoi nos dépenses de santé dépendent de la réforme du système de santé américain.


L’hypothèse Zemmour : l’homme dont le principe est la laideur 26 mai 2009

Par Thierry Klein dans : Critiques,Politique.
Lu 21 191 fois | 23 commentaires

J’aime beaucoup les émissions de Laurent Ruquier, que ce soit à la radio ou à la télé. Je ne loupe jamais les interventions critiques ou politiques d’Eric Zemmour le samedi soir.

La grande qualité de Laurent Ruquier : il s’entoure de gens intéressants et complémentaires dont il ne partage pas forcément les idées (le grand défaut de Ruquier: ses calembours foireux !).

Zemmour déclenche des réactions exacerbées parce qu’il est d’une rare agressivité sur un plateau télé et parce que, très souvent, ses prises de position ou ses remarques sont considérées comme non politiquement correctes – ce n’est pas toujours le cas, j’y reviendrai.

Mais il faut arrêter les contre-vérités sur Zemmour, que je trouve un peu partout en tapant « Zemmour » sur Google. Ce n’est pas un facho, pas un type d’extrême-droite, pas un raciste. Quoi qu’on pense de ses thèses, je ne l’ai jamais vu déraper en plusieurs dizaines d’émissions, ce qui est en fait assez exceptionnel.

(suite…)

Billets associés :
del.icio.us:L'hypothèse Zemmour : l'homme dont le principe est la laideur digg:L'hypothèse Zemmour : l'homme dont le principe est la laideur spurl:L'hypothèse Zemmour : l'homme dont le principe est la laideur wists:L'hypothèse Zemmour : l'homme dont le principe est la laideur simpy:L'hypothèse Zemmour : l'homme dont le principe est la laideur newsvine:L'hypothèse Zemmour : l'homme dont le principe est la laideur blinklist:L'hypothèse Zemmour : l'homme dont le principe est la laideur furl:L'hypothèse Zemmour : l'homme dont le principe est la laideur reddit:L'hypothèse Zemmour : l'homme dont le principe est la laideur fark:L'hypothèse Zemmour : l'homme dont le principe est la laideur blogmarks:L'hypothèse Zemmour : l'homme dont le principe est la laideur Y!:L'hypothèse Zemmour : l'homme dont le principe est la laideur smarking:L'hypothèse Zemmour : l'homme dont le principe est la laideur magnolia:L'hypothèse Zemmour : l'homme dont le principe est la laideur segnalo:L'hypothèse Zemmour : l'homme dont le principe est la laideur gifttagging:L'hypothèse Zemmour : l'homme dont le principe est la laideur


La Confusion du Monde 23 avril 2009

Par Thierry Klein dans : Politique.
Lu 5 032 fois | 3 commentaires

Le Monde du 22 avril se félicite qu’un « consensus inattendu » ait été atteint à la conférence de l’ONU sur le racisme (Durban II) et en particulier que le paragraphe 12 déplore les cas « d’islamophobie, d’antisémitisme, de christianophobie et d’antiarabisme se manifestant à l’égard de personnes par des stéréotypes désobligeants et une stigmatisation fondés sur leur religion ou conviction« .

Mais il est dangereux de mettre ces termes sur le même plan – et pour tout dire, le fait même que le Monde les amalgame sonne à mes oreilles comme une victoire des intégristes. Pourquoi ?

(suite…)

Billets associés :
del.icio.us:La Confusion du Monde digg:La Confusion du Monde spurl:La Confusion du Monde wists:La Confusion du Monde simpy:La Confusion du Monde newsvine:La Confusion du Monde blinklist:La Confusion du Monde furl:La Confusion du Monde reddit:La Confusion du Monde fark:La Confusion du Monde blogmarks:La Confusion du Monde Y!:La Confusion du Monde smarking:La Confusion du Monde magnolia:La Confusion du Monde segnalo:La Confusion du Monde gifttagging:La Confusion du Monde


La refondation du capitalisme n’aura pas lieu 12 janvier 2009

Par Thierry Klein dans : Politique.
Lu 3 463 fois | ajouter un commentaire

Les subprimes, Madoff, Kerviel, le lait frelaté en Chine, etc… Tous ces exemples, qui impliquent Est et Ouest, secteurs financier et industriel, démocraties et dictatures, directions et rouages subalternes de l’entreprise, montrent bien qu’il est illusoire de vouloir contrôler l’activité capitaliste d’une société au nom de «l’éthique».

L’imagination humaine est sans limite lorsqu’il s’agit de découvrir des méthodes permettant de gagner plus d’argent et les excès du capitalisme sont inscrits dans la formule même qui fait son succès : le développement du profit, l’intérêt personnel.

Vouloir rendre le capitalisme plus éthique a autant de chances de succès que d’essayer de convaincre le prisonnier de ne pas s’échapper. On ne changera pas jamais son l’état d’esprit. Et le prisonnier a toujours une longueur d’avance sur son geôlier car il ne pense qu’à ça, toute la journée, alors que le geôlier n’est qu’un rouage ; sa vie n’en dépend pas.

Tous ceux qui prônent une refondation éthique, une « moralisation » du Capitalisme fondée sur une miraculeuse « prise de conscience » des entreprises font fausse route . Je l’ai déjà écrit, il est vain d’attendre des entreprises un comportement citoyen. Ce n’est tout simplement pas leur objet.

On ne peut pas demander à une entreprise d’adopter un point de vue moral, mais on peut sans difficulté la force à afficher un comportement moral – qui plus est c’est son intérêt.

Toutes ces initiatives moralisatrices vont donc se traduire par une avalanche supplémentaire de communication sirupeuse et dégoulinante, d’humarketing, de politiquement correct… Nous allons être abreuvés de capitalisme éthique jusqu’à ce que les yeux nous sortent de la tête.

[Au contraire, je rappelle que le Capitalisme Altruiste se concentre sur les effets, non pas sur les intentions affichées].

Rien de nouveau donc sous le soleil. Ceux qui prônent ce genre de stratégies n’ont aucune solution à apporter. Le problème est que visiblement, ils sont au pouvoir.

Billets associés :
del.icio.us:La refondation du capitalisme n'aura pas lieu digg:La refondation du capitalisme n'aura pas lieu spurl:La refondation du capitalisme n'aura pas lieu wists:La refondation du capitalisme n'aura pas lieu simpy:La refondation du capitalisme n'aura pas lieu newsvine:La refondation du capitalisme n'aura pas lieu blinklist:La refondation du capitalisme n'aura pas lieu furl:La refondation du capitalisme n'aura pas lieu reddit:La refondation du capitalisme n'aura pas lieu fark:La refondation du capitalisme n'aura pas lieu blogmarks:La refondation du capitalisme n'aura pas lieu Y!:La refondation du capitalisme n'aura pas lieu smarking:La refondation du capitalisme n'aura pas lieu magnolia:La refondation du capitalisme n'aura pas lieu segnalo:La refondation du capitalisme n'aura pas lieu gifttagging:La refondation du capitalisme n'aura pas lieu