Le baiser qui tu
« S’il me déplaît d’entendre un homme que je connais depuis deux minutes à peine m’appeler par mon prénom, ce n’est point par sentiment de supériorité, ni que je nourrisse la secrète illusion d’être singulier. Bien au contraire? M’appeler par mon prénom est une manière de m’éviter. Il ne veut surtout pas s’embarrasser de moi, découvrir s’il m’aime ou me déteste; en fait, il refuse de me connaître. Il m’oubliera d’ici quelques instants et ne me verra plus jamais; et donc, en me donnant une tape dans le dos et en m’appelant par mon prénom, comme s’il m’avait toujours connu, il esquive la difficulté de faire réellement connaissance et, en fait, se débarrasse de moi, assez grossièrement, sous couvert de chaleur. »