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Jacques Attali – La crise et après ? 19 janvier 2009

Par Thierry Klein dans : Crise Financière,Economie.
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La crise, et après ?En mai, je vous avais parlé de Supercapitalisme, le dernier livre de Bob Reich comme du meilleur livre sur la mondialisation.

Le dernier livre de Jacques Attali est à ce jour le meilleur sur la crise financière. Le plus clair, le plus court, le plus vivant, souvent le plus simple.

Ce qui est rassurant, c’est que pour Jacques Attali, comme pour de plus en plus de monde (Michel Rocard, Bob Reich et moi-même car je sais bien que pour toi, cher Lecteur, il n’y a pas d’autre avis qui tienne), il apparaît clairement que la crise est d’abord d’origine économique.

Elle a sa source dans l’endettement excessif du foyer américain. Les ressources du travailleur américain diminuent depuis 30 ans. Il a tenté de s’adapter en travaillant plus , en empruntant pour sa consommation, enfin en empruntant pour se loger (les subprimes).

La crise financière naît de cet endettement incontrôlé.

Au début, le jeu financier retarde la manifestation du problème (le foyer américain maintient temporairement son niveau de vie en s’endettant) puis l’amplifie et finalement la crise explose fin septembre à la suite de la faillite de Lehman Brothers.

Tout n’est pas parfait cependant dans ce livre. Je vous livre mes principales critiques.

  1. Le livre est clairement écrit un peu vite et fonctionne sur 2 niveaux. Je mets au défi les non-financiers de comprendre certaines pages. C’est d’autant plus dommage que la plupart du temps, le livre est, je l’ai déjà dit, remarquablement clair.
  2. Pour Jacques Attali, les coupables de la crise sont un noyau d’initiés cupides, qui maîtriseraient les arcanes de la finance internationale. Je pense pour ma part que ce sont des bouc-émissaires commodes et j’emploie, vous le savez, ce mot au sens de Girard. (1)
  3. L’analyse est beaucoup plus convaincante que les solutions proposées. (C’est d’ailleurs aussi un défaut de « Supercapitalisme » et Jacques Attali, comme Bob Reich, en sont clairement conscients).

Les 2 derniers points sont des points de fond très importants qui touchent, soyons pompeux, à l’avenir du monde.

J’y reviendrai dans mes prochains billets.

(1) Je m’expliquerai là-dessus. Coupables, beaucoup de financiers le sont certainement, pour avoir privilégié leurs intérêts personnels avec une absence totale de volonté de ne pas nuire. Mais en faire « les coupables », c’est leur donner trop d’importance. Ils sont coupables, mais pas responsables -en tous cas pas les seuls. Je les comparerai à celles qui, au moyen-âge, commettaient des actes de sorcellerie. Elles étaient certainement coupables, de par leurs intentions, mais on ne peut pas les tenir pour responsable du moindre mal, à moins d’être superstitieux.

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