Dans mes derniers billets, j’ai essayé de mettre en évidence la lutte qui a eu lieu entre consommateur et travailleur depuis une cinquantaine d’années et de mettre ce combat dans une perspective dialectique, selon l’analyse de Marx.
De cette lutte qui est au coeur de la mondialisation et qui structure l’ensemble de l’activité économique, le Consommateur est sorti vainqueur à plate-couture.
La lutte est inconsciente, comme celle qui, pour Marx, opposait le Patronat aux Travail mais elle est d’essence à la fois plus intime et plus universelle car nous sommes tous à la fois consommateurs et travailleurs, oppresseurs et opprimés.
Le jeu des classes sociales ne permet plus de déterminer les bons et les méchants: les conflits se sont internalisés.
Les bras armés de cette lutte ne sont pas la Religion, ni aucune propagande capitaliste, mais la Publicité. Le Marketing a remplacé la Finance. C’est la Publicité qui nous fait voir le Monde sous l’angle du Consommateur, retardant ainsi la « prise de conscience » marxiste, c’est la Publicité qui nous pousse, par des moyens toujours plus performants et sophistiqués, à consommer toujours plus, ce qui rend le monde plus précaire, le travailleur plus dépendant et « esclave » de son côté consommateur – accessoirement la Publicité est aussi une des causes majeures de la croissance, de la disparition des espèces animales, du réchauffement climatique.
Dire que la Publicité est l’opium du Peuple est d’ailleurs inexact. La Publicité est l’opium du consommateur et comme nous sommes tous des consommateurs, c’est un opium universel.
D’autres points de vue sont évidemment possibles.
En termes libéraux, on pourrait dire que la Publicité leurre l’individu en lui masquant son intérêt personnel réel. Influencé par la publicité, le Consommateur agit selon son impulsion immédiate et cette impulsion s’oppose à ses intérêts sur le long terme, qui correspondent en gros à ceux du Travailleur. Le marché est alors déréglé. La « Main Invisible », censée au départ être de nature divine agit au contraire dans un sens diabolique (1). Des forces modératrices doivent rentrer en jeu pour corriger le phénomène, mais ces forces, pour être efficaces, doivent être aussi spontanées et libres.
Créer les forces qui permettent d’obtenir un nouvel équilibre, bénéfique pour tous dans un système capitaliste et libre, c’est le sens profond du Capital Altruiste.
Mais l’interprétation la plus éclairante du phénomène actuel ne me semble pas d’origine économique. Je vous donnerai demain une explication qui fait appel à la théorie mimétique de René Girard.
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