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La fin de la liberté de parole 5 avril 2024

Par Thierry Klein dans : Non classé.
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Comparez les 2 vidéos ci-dessous. Dans la première, la mère met spontanément en relation l’agression dont a été victime sa fille avec sa façon de s’habiller, le fait qu’on la traitait de « mécréante ». Dans la seconde, le lendemain, elle lit un texte affirmant que sa fille est « pratiquante et pieuse… et fait la prière 5 fois par jour ». Puis elle s’élève contre « la récupération d’extrême droite ».

Aucun des demeurés présents sur le plateau ne relève que sa parole n’est plus libre. Il ne s’agit évidemment pas d’emprise, on voit comment cette femme était claire dans sa tête dans la première vidéo.

Cette mère a évidemment cédé 1) aux menaces des islamistes et 2) au chantage affectif qui consiste à la faire taire au prétexte que critiquer la situation présente est « d’extrême droite ». Le procureur devrait se saisir d’un tel cas. Dans les banlieues, la puissance informelle de la violence et de la religion est supérieure à celle de la loi et l’équilibre doit absolument être rétabli.

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2 avril 2024

Par Thierry Klein dans : Politique.
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« La Russie est le pays de la terre où les hommes sont les plus malheureux, parce qu’ils y souffrent à la fois des inconvénients de la barbarie et de ceux la civilisation. »

(Custine, Lettres de Russie, 1839)

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Une brève définition du wokisme, cinq corollaires et une critique 25 mars 2024

Par Thierry Klein dans : Non classé.
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Ceux qui se baladent comme moi sur les réseaux sociaux le savent, il y a toujours un précieux ridicule pour prétendre que le wokisme n’existe pas car il n’aurait pas de définition « scientifique » claire. Le précieux ridicule est en général d’extrême gauche ou étudiant en socio ou à Sciences Po ou lecteur de Libé, tout ceci n’étant évidemment nullement incompatible. La vulgate qu’il reçoit le conditionne à nier le phénomène au nom de la « science », ce qui lui donne un sentiment de supériorité risible quand on connaît le contenu délivré. Ainsi, alors que tout le monde comprend parfaitement et sent ce qu’est le wokisme, l’extrême gauche tente de faire croire qu’il n’existerait pas puisqu’il n’existe pas de définition mettant les wokes d’accord..

La semaine dernière, interrogée en commission d’enquête par le député LFI Aurélien Saintoul (qui est le woke par excellence), Rachida Dati s’est refusée à donner une définition du wokisme. Voir l’échange, assez savoureux, ci-dessous (2 mn).

Alors je m’y colle et je vous donne une brève définition du wokisme. Pour que plus jamais un cuistre ne puisse vous dire que ça n’existe pas.

  1. Le wokisme est une forme de paranoïa consistant à voir partout des micro-agressions. Je rappelle que le woke signifie « éveillé » – ainsi est éveillé celui qui « voit » ou « sent » ces micro-agressions ou micro-oppressions, qui sont censées être politiquement signifiantes.

  2. Ces micro-agressions sont parfois réelles, parfois fantasmées et inexistantes. C’est la sur-sensibilité du woke qui caractérise la paranoïa. Le woke interprète cette sur-sensibilité comme la conséquence d’une oppression passée ou présente. Il se positionne en tant que victime.

    Ainsi, il y a certainement dans la galanterie au moins la trace d’une société où, les hommes étant physiquement plus forts que les femmes, pouvant les contraindre, renoncent de façon marquée à cette possibilité. Il n’y a aucun problème à remarquer ceci, cette constatation est en soi banale. Il y a problème lorsque cette constatation devient invivable à celui qui la constate, à tel point qu’il cherche à faire interdire la galanterie, cas de nombreuses associations féministes.
  3. Ainsi, le wokisme est au départ un problème psychique personnel, qu’on parle de névrose, de psychose ou de paranaoïa. Partagé par beaucoup, cette obsession personnelle acquiert un caractère politique. Pour paraphraser Peguy, on peut dire que le wokisme, c’est du psychique transformé en politique.

  4. L’être humain n’est en général pas heureux. A tous les malheureux de la terre (qui ne sont pas forcément, bien qu’ils le croient, les « damnés » de la terre au sens marxiste), le wokisme fournit un responsable commode de leur mal-être: vous, moi, la société. « Je ne suis pas malade, c’est la société qui m’a opprimé » ou « Je me sens mal parce que la société est méchante ».

    Le discours politique (de gauche en général) a pour fonction de masquer les causes personnelles de la névrose et de permettre à s’en prendre à la société, qui joue le rôle de bouc-émissaire – j’emploie ce terme au sens de René Girard.

    Illustration: l’éco-anxiété conduit un grand nombre de jeunes à refuser d’avoir des enfants alors que l’espérance de vie n’a jamais été aussi grande depuis que l’humanité existe. Il s’agit d’une névrose commune (au double sens de banale et partagée par un grand nombre. Le réchauffement climatique sert d’alibi, permet de ne pas traiter la névrose et de rejeter la responsabilité du mal-être sur la société.

Cinq corollaires…

1. Le terme « woke » n’est incompris que des wokes eux-mêmes. Si quelqu’un pense que le wokisme n’existe pas, il est certainement woke. Tous les autres voient exactement de quoi il s’agit puisque le wokisme se manifeste comme une forme d’inquisition totalitaire que toute personne « normale » ressent immédiatement.

Et une critique…
(L’auteur est parfaitement conscient, cher lecteur, que la définition et la caractérisation du wokisme ainsi données sont non réfutables au sens de Popper et même circulaires : « Est woke qui nie le wokisme ! ». Il en est ainsi de la plupart des maladies psychiques prenant leur source dans l’inconscient. On n’a pas raison contre le fou qui prétend avoir des ailes dans le dos ou être Napoléon réincarné – son système est généralement très cohérent justement parce que destiné à lui masquer sa folie.)

2. Sous couvert d’altruisme et de défense des victimes, le wokisme masque toujours une haine de la société prise comme responsable nécessaire, bouc-émissaire, du sentiment de mal-être ressenti par le woke. Cette haine « de l’intérieur » se marie très bien avec la haine de l’Occident « extérieure » que constitue l’islamisme et est un des ferments de l’islamo-gauchisme (encore un concept dont les cuistres d’extrême-gauche nient la réalité « scientifique »).

3. Le caractère inquisitorial des questions d’Aurélien Saintoul (vidéo ci-dessus) est éclatant. Le wokisme se manifeste toujours comme une inquisition parce que les deux sont, finalement, constitutifs d’un manque de foi. Du woke en son système politique (car il subsiste toujours en lui une partie lucide qui connait sa névrose et cherche à la censurer), de l’église en son système de croyance (consciente que ce système est attaqué par Galilée, consciente aussi que Galilée a raison, il faut réduire Galilée au silence). Le besoin de censure, c’est la croyance en train de disparaître.

4. Le wokisme ne sort pas de nulle part. Il est la partie extrême, la conséquence ultime du progressisme. Une autre façon de dire les choses est que le progressisme est toujours un wokisme light. Il faudrait du temps pour justifier ceci, je le ferai dans un autre billet. D’ici là, je te demande gentiment, cher lecteur, d’admettre ce résultat.

5. La névrose du woke le conduit à capter les agressions imaginaires mais cela ne le rend en rien plus sensible aux agressions réelles. On ne compte plus les wokes qui se sont sentis plus agressés par les affichettes des bébés otages enlevés par le Hamas à Gaza que par les enlèvements eux-mêmes. Le wokisme, c’est le monde vu, au sens propre, par le petit bout de la lorgnette. La poutre sans la paille.

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Une proposition pas si absurde de Najat Vallaud-Belkacem 18 mars 2024

Par Thierry Klein dans : Aliénation,Google.
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Dieu sait si son action au Ministère de l’Education a été nocive mais la proposition de limiter l’accès à Internet n’est pas absurde. Internet fonctionne évidemment comme une drogue pour beaucoup et limiter la consommation de drogue a beaucoup de sens.

Internet est aussi le vecteur principal de la publicité incontrôlée. Pour rappel, Google, Facebook, Instagram, Tik Tok sont des régies publicitaires. Internet stimule donc violemment nos pulsions de surconsommation, ce qui , à l’échelle planétaire, est un des facteurs déterminant du réchauffement climatique (qui dit surconsommation dit surproduction). Il est important de poser le problème de la surconsommation générale (je le faisais dans ce billet de 2009).

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Préparer l’accusation de génocide à Gaza: la rhétorique LFI

Par Thierry Klein dans : Politique.
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Le 26 janvier, la Cour Internationale de Justice de l’ONU a jugé qu’il n’y avait pas de génocide à Gaza et n’a donc pas ordonné un cessez-le-feu, tout en demandant à Israël de prendre les mesures nécessaires pour qu’aucun génocide n’ait lieu. Cependant, toute la communication de LFI qualifie, de façon mensongère, la situation à Gaza de génocide et même retourne le jugement de la CIJ en affirmant que celle-ci aurait jugé qu’un génocide avait bien lieu.

Il s’agit là encore d’un retournement rhétorique à caractère antisémite, tel que je l’ai déjà signalé. L’accusation de génocide est particulièrement infamante pour Israël, les juifs ayant précisément subi un génocide. Parler de génocide à Gaza, c’est relativiser la Shoah et faire croire que les juifs sont aux Palestiniens ce que les nazis ont été aux juifs.

Quelques tweets LFI parmi des milliers sur Twitter (et il faudrait compléter avec les interviews radios des différents leaders LFI (Bompard, Mélenchon, Hassan…). L’utilisation du terme génocide, pourtant et évidemment mensongère, est systématique. Elle est reprise par tous les militants LFI.

La préparation de l’accusation génocidaire contre Israël

Quatre critères peuvent caractériser un génocide au sens du fameux « droit international » dont se réclame LFI pour refuser de qualifier les crimes du Hamas de terroristes. LFI et les mouvements pro-palestiniens tentent systématiquement d’en accuser Israël – en utilisant abondamment le mensonge, évidemment. Le but est de préparer, autant que faire se peut, une accusation génocidaire à venir.

Les accusations portées contre Israël sur les réseaux sociaux et dans la communication politique de LFI s’articulent, de façon extrêmement ciblée et cohérente, autour des 4 thèmes définissant le génocide en droit international.

  • Les actes de torture, viols, violences sexuelles

Des photos de soldats israéliens en sous-vêtements sont détournées et qualifiées de viol – c’est absurde. L’autre avantage de cet argument est de retourner l’horreur. Le Hamas ayant abondamment torturé et violé le 7 octobre, il s’agit de montrer symétriquement qu’Israël est au même niveau. La vraie victoire d’Israël sera de ne pas sombrer dans cette réciprocité mimétique.

  • Les mesures visant à entraver les naissances

Il s’agira de montrer que les enfants ont été ciblés (ils ne l’ont évidemment pas été). Les enfants présentent en outre l’avantage pour la propagande pro-palestinienne d’être d’excellents vecteurs de communication. Le slogan « plus d’enfants sont morts à Gaza en 4 mois qu’en 4 ans dans les conflits du monde entier » a été repris dans des milliers de tweets. Outre qu’un tel slogan ne signifie rien, je rappelle qu’on n’en sait strictement rien: tous les chiffres sur les tués viennent de la propagande du Hamas qui ne fournit pas les noms, ni les actes de naissance des victimes…

  • Les déplacements forcés de population

Un critère de génocide est el déplacement forcé des populations. Alors qu’une telle solution est à même de protéger la population civile, le Hamas s’y oppose puisque la population, à laquelle il se mélange, est sa meilleure, sinon sa seule défense. Les pays arabes ne veulent pas non plus accueillir les Palestiniens et l’Egypte en a fait un casus belli avec Israël. Pour l’instant, il n’y p pas eu de déplacement de population mais les relais islamo-gauchistes veillent – ce faisant, ils fonctionnent exactement comme une branche non armée du Hamas.

  • La création de conditions de vie (telles que le manque de nourriture, d’eau, de soins médicaux…) visant à provoquer la destruction du groupe.

Il s’agit de mettre en scène les restrictions à Gaza (rappelons que l’aide humanitaire y rentre et est captée par le Hamas, qui mobilise aussi les tunnels, seules protections efficaces contre les bombardements).

Bombarder volontairement un hôpital est, au regard du droit international, un génocide, sauf si l’ennemi l’utilise pour ses opérations de défense – ce que fait systématiquement le Hamas.

  • Les attaques contre les franco-israéliens de Tsahal

Beaucoup d’islamistes français étaient partis rejoindre Daesh en Syrie pour devenir terroristes et organiser des attentats sur le sol français. La Justice française les a recherchés et condamnés.

Dans l’armée israélienne, il y a un certain nombre de franco-israéliens ayant la double nationalité. Ils se battent contre le terrorisme palestinien. Ils ne fomentent évidemment aucun attentat en Europe. LFI cherche à les faire passer pour des criminels de guerre et essaie de faire en sorte qu’ils subissent le traitement judiciaire des terroristes islamistes.

(Ci-dessous un tweet de Thomas Portes, relayé par Rima Hassan et Anne Tuaillon saisissant la justice française. Il se trouve que la personne mise en cause n’appartient pas à l’armée israélienne et n’a jamais quitté Paris. Peu importe; LFI n’en est plus à un mensonge près…)

  • L’intention génocidaire

Un critère clé en droit pour qu’il y ait génocide est l’intention génocidaire. Il n’y a pas de génocide sans intention. Il est évident qu’Israël n’a pas d’intention génocidaire – si tel était le cas, la population civile aurait de fait déjà été exterminée. Au contraire, même s’il est horrible de raisonner ainsi, le ratio des morts civiles est de l’ordre de 1 civil pour 1 militaire et ce ratio est extrêmement « bon » – on estime qu’à Rakka, il y a eu 3 à 5 civils tués pour chaque membre de Daesh.

L’accusation de génocide est donc totalement absurde mais qu’importe. Il suffit de naviguer quelques minutes sur Twitter pour voir qu’elle est totalement gobée par la clientèle islamo-gauchiste à laquelle LFI s’adresse et par les musulmans des pays arabes. Israël devrait s’attacher, dès à présent, à contre les effets de cette propagande. Sinon, comme l’espère très fort Rima Hassan:

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La rhétorique antisémite symétrique employée par les islamo-gauchistes. 11 mars 2024

Par Thierry Klein dans : Politique.
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Pourquoi Israël est-elle accusée de génocide et de crimes de guerre ?

La rhétorique antisémite chez les islamo-gauchistes répond à un double besoin:

  1. un besoin moral: l’horreur des crimes commis le 7 octobre par le Hamas abaisse, nous allons voir pourquoi, leurs auteurs et par contagion, tous leurs soutiens. Il s’agit donc de relativiser ces crimes et de montrer qu’Israël commet des crimes au moins équivalents.
  2. une fascination antisémite pour les juifs et un besoin de revanche. Le succès d’Israël en tant que démocratie (mode de gouvernement quasi inexistant dans le monde musulman), l’intégration des juifs en Occident et leur succès social alors que les musulmans forment une sorte de prolétariat, la création même de l’Etat d’Israël perçue comme une compensation injuste, l’Occident ayant en quelque sorte compensé la Shoah hitlérienne sur le dos des arabes, sont autant de facteurs qui ont renforcé le traditionnel antisémitisme arabo-musulman.

Ces 2 facteurs ont engendré une rhétorique qui se caractérise par la symétrie. Une sorte de « si c’est toi qui le dis c’est toi qui y est » sophistiqué. Il s’agira de montrer qu’Israël n’a aucune supériorité morale, que les juifs ne sont pas à plaindre (du moins moins à plaindre que les musulmans), si possible, que les musulmans subissent une sorte de Shoah et qu’Israël en est à l’origine. Que les musulmans sont aux juifs comme les juifs aux nazis.

Pourquoi les crimes du Hamas sont d’une autre nature que les actions d’Israël à Gaza.

La supériorité d’une civilisation réside dans la façon dont elle choisit ses boucs émissaires. René Girard nous parle d’une tribu où un conflit mortel entre 2 personnes se règle non pas par un combat entre elles mais en sacrifiant leurs enfants et nous sommes en droit de considérer un telle civilisation comme arriérée par-rapport à nous, puisque nous comprenons que ces enfants ne sont en rien coupables, mais simplement utilisés comme une façon commode de résoudre la violence.

Le 7 octobre, le Hamas s’en est pris à des citoyens israéliens et ceci en soi n’est pas un signe de barbarie. Dans la mesure où Israël est un état guerrier tout citoyen, homme ou femme, est mobilisable et donc un ennemi de tous ceux qui sont en guerre avec Israël. Ainsi, si le Hamas avait “simplement” tué des adultes, on aurait pu considérer qu’à la limite, il faisait la guerre. Ce qui est moralement inacceptable, c’est que le Hamas a tué des innocents parfaits, des enfants, des bébés qui par définition ne sont coupables de rien. Et qu’il a torturé / violé des femmes, des hommes et des enfants. En faisant ceci, le Hamas est sorti sinon de l’humanité au moins de la civilisation au sens où nous l’entendons. 

Tout homme doué de raison naturelle sent ceci, qu’il soit juif, chrétien ou musulman ;blanc ou noir.

Le crime de lèse-humanité dégrade les peuples jusque dans leur postérité la plus reculée. Ce crime ne consiste pas seulement à exercer l’injustice, mais à la tolérer.

Custine, Lettres de Russie (à propos des crimes d’Ivan le Terrible), dont la Russie ne s’est d’ailleurs de fait toujours pas relevée.

Ainsi, dès le 8 octobre, il était très important pour LFI que les crimes du Hamas ne soient pas qualifiés de terroristes – ce qu’ils sont évidemment, leur seul but étant la terreur et l’humiliation – mais ne constituent “que” des crimes de guerre. La qualification de terroriste aurait mis en évidence la différence de nature – évidente – entre le comportement du Hamas, symbole d’une civilisation arriérée, et celui de l’armée israélienne. Nous verrons comment, dans un 2ème temps, LFI a tout fait pour retourner l’accusation de crime de guerre contre Israël, le but étant de relativiser les crimes du Hamas en mettant Israël et le Hamas dos à dos.

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How many roads… En hommage à Claude Lazarus. 2 février 2024

Par Thierry Klein dans : Non classé.
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Un grande amitié unissait Claude et mon père et il y a des souvenirs qui font partie de la légende familiale, qui remontent à leur adolescence. Claude aurait fait découvrir Paris à mon père, ce Paris dont il connaissait tous les détails, au pas de course, tout à pied. En une seule journée, ils auraient vu tous les monuments. (Interrogée aujourd’hui, la source ne confirme pas de façon certaine la version mythique du « tout Paris en un jour », mais parle de « quelques jours »…).

Dans les premiers grands souvenirs que j’ai moi-même, j’avais 11 ou 12 ans, donc Jérôme 11 et Marina 7, on partait en vacances à la montagne pour 3 semaines avec les Lazarus, Claude et Yveline , on marchait effectivement beaucoup.

Claude adorait marcher en montagne et pour un enfant, ce qui était merveilleux, c’est qu’il était très attentif, très entrainant et avec lui, ça n’était jamais ennuyeux: il se passait toujours quelque chose. Il voyait tous les détails en premier, c’est le plus redoutable traqueur de fraises des bois que j’ai jamais connu. Il parlait aux enfants et les enfants adoraient son rire – Anne-France, Olivier et moi on s’en souvient tous. J’ai quelques souvenirs très vifs comme à la vallée des merveilles, on a vécu un orage à 2000 m avec la foudre qui n’arrêtait pas de tomber à quelques dizaines de mètres autour de nous sur des sortes d’arbres pétrifiés et en prime, Marina qui s’est mise à refuser d’avancer. Avec les sacs à dos, on ne pouvait pas la porter d’autant plus qu’il fallait aussi porter le chien, qui avait trop marché et dont les coussinets étaient en sang… « Maintenant Marina tu avances ou j’te claque » ! J’ai dû entendre ça 100 fois ce jour là – mais ça n’a jamais fait avancer Marina. Claude était drôle, spontané, impulsif aussi.

Ma mère m’a envoyé hier des photos de cette époque. On est au Sauze avec d’autres amis, 3 ou 4 familles ensemble. Les photos ont l’air tirées de films de Claude Sautet – même si ces films n’avaient pas encore été tournés.

Quelques années plus tard, à 17 ans, quand je suis monté étudier à Paris, je ne compte plus les fois où Claude et Yveline m’ont accueilli à St-Cloud avec une énorme gentillesse et une constance extrême. « Puteaux, Suresnes, le Val d’Or, St-Cloud »…: je me souviens encore des stations de train et même du numéro de téléphone 771-89-64. Ils voyaient débarquer le dimanche midi, parfois dès le samedi soir, une sorte d’ado mal fini préoccupé et surmené, entre 2 cours de maths, qui parlait peu. C’était le seul endroit où on n’exigeait rien de moi. Je ne pense pas que c’était très agréable de m’avoir, je ne sais même pas si je disais merci en partant. C’est un peu tard aujourd’hui mais Claude, Yveline, du fond du cœur, merci.

Quand on parle de quelqu’un comme ça qui disparaît, on ne parle évidemment que des bons côtés mais en réalité ça n’est pas dur, ça n’est pas dur parce que je n’ai que des bons souvenirs avec Claude, je n’en ai pas de mauvais.

Il était la gentillesse même, il était vif, il était spontané. Tout l’intéressait et il était au courant de tout. Le Monde du lendemain trainait au milieu du salon mais à la différence de tout le monde, il l’avait déjà lu. Il était partant, dynamique. Il était drôle, il était simple. Je ne voudrais pas que cette liste soit vue comme un suite de banalités, elle est la pure réalité.

Et par-dessus tout, si je peux détacher un trait, il avait gardé ce côté enfantin, lisible. On lisait sur son visage sa joie innée, son enthousiasme face aux événements les plus simples de la vie: sortir, marcher, parler – toute cette partie de nous qui est la meilleure mais que la vie, l’éducation, la fréquentation de la communauté des hommes nous apprend progressivement à enfouir ou à dissimuler, il l’avait conservée. Par une grande prédisposition de caractère, certainement mais aussi de volonté farouche car comme tout homme il avait forcément sa part d’ombre mais il n’en parlait jamais, par pudeur. En 45, son père n’était pas revenu. Il avait décidé une fois pour toutes de ne jamais ennuyer les autres avec ses propres problèmes et je n’étais pas là dans les derniers mois mais si je comprends bien, jusqu’à la fin, il a été comme ça.

C’était Claude Lazarus. Je l’aimais et j’avais un respect infini pour lui.

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Robinson Crusoé: la version Mediapart / Sandrine Rousseau

Par Thierry Klein dans : Politique.
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Echoué sur cette île déserte, Robinson Crusoé réalisa qu’il était une double victime du capitalisme. Son infortune était d’abord la conséquence d’une tempête évidemment liée au réchauffement climatique, résultant de l’activité inutile des hommes aliénés au régime de surconsommation. L’armateur ayant affrété le bateau n’avait pas fait les investissements nécessaires pour éviter le naufrage, en dépit des multiples recommandations du CSE et, qui plus est, avait omis de déclarer Robinson à la sécurité sociale, ce qui avait pour conséquence immédiate que tout le travail qu’il allait effectuer sur l’île ne lui ouvrirait jamais des droits à des prestations de retraite.

Enfermé dans cette prison à ciel ouvert, ce qui constituait une contradiction flagrante avec la résolution 256N de l’ONU, il rédigea d’abord un message de protestation solennel à l’usage des générations futures, le mit dans une bouteille de Coca qui trainait et l’envoya à la mer, sans omettre évidemment de rédiger un post-scriptum vibrant en faveur de l’extension de la loi pollueur-payeur à Coca-cola.

Puis il s’assit et réfléchit. Allait-il importer sur cette île l’aliénation au capitalisme et se mettre à travailler, et ainsi prendre le risque de recréer une civilisation conservatrice voire réac ? Assurément non ! Invoquant son droit à la paresse, il s’allongea sur le sable et mourut. THE END.

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Lettre du Général de Gaulle à David Ben Gourion (1967) 2 janvier 2024

Par Thierry Klein dans : Politique.
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(Un texte qui n’est pas de moi, pour relever un peu le niveau de ce blog)

30 décembre 1967, lettre du Général de Gaulle à David Ben Gourion réagissant à la conférence de presse du Général du 27 novembre :

« Monsieur le Président,

C’est avec grand intérêt que j’ai pris connaissance de votre lettre du 6 décembre. En effet, le vaste sujet de la renaissance et du destin de l’Etat d’Israël ne peut manquer, vous le savez, de m’attirer et de m’émouvoir. D’autant plus que le conflit qui s’est de nouveau ouvert au Moyen-Orient entraîne d’importantes conséquences qui touchent de près la France pour toutes les raisons politiques, économiques, morales, religieuses et historiques que vous connaissez. Enfin, vous n’ignorez pas que je porte à vous-même une haute considération et que je garde un vivant souvenir de ce que furent, depuis dix ans, nos relations personnelles.

C’est pourquoi l’éloquence de votre argumentation ne m’a aucunement étonné. Je sais ce que la restauration d’Israël en Palestine, telle que vous la décrivez après y avoir éminemment participé, a comporté de foi, d’audace et de difficulté et combien a été méritoire la mise en valeur de régions semi-désertiques par le nouvel Etat grâce à l’afflux de tant de Juifs venus de partout et à l’aide de tant de leurs communautés réparties à travers le monde. Vous rappelez, à juste titre, que mon pays et moi-même n’avons pas, à l’origine, ménagé notre sympathie à cette construction nationale et vous ne pouvez douter que, le cas échéant, nous nous serions opposés à ce qu’elle fût anéantie, comme le garantissaient nos entretiens officiels de naguère et le fait que j’y avais publiquement qualifié Israël d’« Etat ami et allié ».

Mais ce sont là, précisément, les raisons pour lesquelles j’ai toujours dit, – et, d’abord, à vous- même – que, pour justifier à mesure l’œuvre ainsi commencée et assurer son avenir, une stricte modération s’imposait à Israël dans ses rapports avec ses voisins et dans ses ambitions territoriales. Cela d’autant plus que les terres initialement reconnues à votre Etat par les puissances sont considérées par les Arabes comme leur bien, que ceux-ci, au milieu desquels s’installait Israël, sont, de leur côté, fiers et respectables, que la France éprouve à leur égard une amitié ancienne et naturelle, et qu’ils méritent, eux aussi, de se développer en dépit de tous les obstacles que leur opposent la nature, les graves et humiliants retards qu’ils ont souvent subis depuis des siècles du fait de leurs occupants successifs, enfin leur propre dispersion.

Certes, je ne conteste aucunement que le fâcheux blocus du golfe d’Akaba était unilatéralement dommageable à votre pays et je ne méconnais pas que celui-ci eût lieu de se sentir menacé étant donné la tension où était plongée la région palestinienne par suite des flots d’invectives prodiguées à l’encontre d’Israël en même temps que du sort lamentable des Arabes réfugiés en Jordanie ou relégués à Gaza. Mais je demeure convaincu qu’en passant outre aux avertissements donnés, en temps voulu, à votre gouvernement par celui de la République française, en entamant les hostilités, en prenant par la forces des armes possession de Jérusalem et de maints territoires jordaniens, égyptiens et syriens, en y pratiquant la répression et les expulsions qui sont inévitablement les conséquences d’une occupation dont tout indique qu’elle tend à l’annexion, en affirmant devant le monde que le règlement du conflit ne peut être réalisé que sur la base des conquêtes acquises et non pas à condition que celles-ci soient évacuées, Israël dépasse les bornes de la modération nécessaire.

Je le regrette d’autant plus que, moyennant le retrait de ses forces, il apparaît qu’une solution comportant la reconnaissance de votre Etat par ses voisins, des garanties de sécurité de part et d’autre des frontières qui pourraient être précisées par arbitrage international, un sort digne et équitable assuré aux réfugiés et aux minorités, la libre navigation pour tous dans le golfe d’Akaba et le canal de Suez, serait aujourd’hui possible dans le cadre des Nations unies, solution à laquelle on sait que la France est éventuellement disposée à concourir, non seulement sur le plan politique, mais encore sur le terrain.

Cette issue, qui ramènerait la paix au Moyen-Orient, faciliterait la concorde universelle et, suivant moi, servirait l’intérêt des peuples intéressés, y compris celui du vôtre, ne comblerait pas, je le sais, tous les désirs d’Israël. Si j’en avais douté, la lecture de votre lettre et ce que vous écrivez de ce que Chanaan, sur les deux rives du Jourdain, représente pour beaucoup de Juifs de tous les temps et d’aujourd’hui, m’en aurait apporté la preuve. Il en est de même de l’émotion apparemment soulevée chez tels ou tels d’entre eux par le fait que j’ai dit de leur peuple qu’il était « un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur », jugement que certains affectent de tenir pour péjoratif alors qu’il ne saurait y avoir rien de désobligeant à souligner le caractère grâce auquel ce peuple fort a pu survivre et rester lui-même après dix-neuf siècles passés dans des conditions inouïes. Mais quoi ? Voici qu’Israël, au lieu de promener partout dans l’univers son exil émouvant et bimillénaire, est devenu, bel et bien, un Etat parmi les autres et dont, suivant la loi commune, la vie et la durée dépendent de sa politique. Or, celle-ci – combien de peuples l’ont, tour à tour éprouvé – ne vaut qu’à la condition d’être adaptée aux réalités.

Je vous demande d’agréer, Monsieur le Président, avec mes sincères souhaits de nouvelle année, l’expression de mes sentiments les plus distingués et de mon meilleur souvenir. »

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A la base de la gauche moderne, le principe de destruction

Par Thierry Klein dans : Politique.
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J’ai parlé, dans un précédent article, de la haine de l’Occident qui fait le lien entre wokisme et islamisme.  Et montré en quoi le wokisme, en tant que haine dirigée vers soi-même est une maladie. Mais en vérité, cette réflexion peut être étendue : pour comprendre la gauche moderne1, il faut absolument considérer son sous-jacent latent qui est la haine de l’Occident. Ce principe latent s’oppose en permanence au discours manifeste de la gauche, qui est l’altruisme avec toutes ses déclinaisons (fraternité, égalité, justice, etc.).

En vérité, depuis une quarantaine d’années, on ne peut pas comprendre la gauche moderne sans cette observation, qui fait le lien véritable entre toutes les positions gauchistes, même, et c’est le point le plus remarquable, quand ces positions semblent au départ incohérentes entre elles. En ce sens, on peut bien parler, pour toute cette gauche d’une maladie à caractère masochiste.

Cette double dimension du discours est systématiquement niée à gauche, car inconsciente. Il est inenvisageable pour un gauchiste, membre du camp du bien, d’envisager que ses raisons sont haineuses. Mais le discours manifeste, altruiste, ne constitue bien, en réalité, qu’une rationalisation a posteriori d’un ressentiment. La gauche moderne est bien malade mais cet argument est aussi peu utilisé à droite car invoquer l’aliénation ou des raisons inconscientes n’est pas dans sa culture (ce n’est pas parce que la gauche a sombré que la droite est devenue plus intelligente).

Ce ressentiment a pris la forme de 2 motifs majeurs.

La volonté de destruction.

J’appelle ainsi tout ce qui résulte, aujourd’hui, de la déconstruction des années 60 (qui est aussi ce qu’on appelle, aux USA, la « French theory »). Au départ (Derrida), la déconstruction se conçoit comme une tentative de critique littéraire systématique de tous les impensés, conscients ou inconscients, de la littérature occidentale. La déconstruction universitaire devient progressivement une entreprise gauchiste qui vise à saper politiquement les fondements de la civilisation occidentale. Elle n’a plus alors de fondement scientifique et devient un simple outil militant de destruction2, ayant pour but de critiquer tout ce qui peut être considéré comme établi dans la société. La plupart du temps, la déconstruction militante met en évidence le côté arbitraire de structures sociales « conservatrices » (toute société regorge de telles structures) pour en proposer de nouvelles « progressistes » censées apporter un progrès et « lutter contre les discriminations ». Problème: les nouvelles structures sont soit totalitaires, soit impossibles à mettre en palce.

L’exemple de l’orthographe.

L’orthographe et la grammaire sont évidemment des structures essentiellement arbitraires (même si l’étude de la langue peut les éclairer, partiellement, d’une certaine logique). Il faudra donc détecter les impensés de la langue, qui aurait été « volontairent masculinisée3 » (première discrimination envers les femmes) et qui devient en outre à l’école « un marqueur social discriminant ».

Il faut donc modifier la langue (qui doit devenir inclusive) et simplifier l’orthographe ou cesser d’en faire un critère scolaire. Mais la langue inclusive est illisible et simplifier l’orthographe aurait pour inconvénient premier de rendre tout notre fond littéraire, qui est immense, très difficile à lire et à comprendre. Un élève français d’aujourd’hui comprend encore assez facilement toutes les œuvres à partir du XVIIème siècle. Si on fait évoluer d’un coup grammaire et orthographe, tout ceci, qui constitue un des trésors de l’humanité, lui sera inaccessible.

On voit comment ici la déconstruction critique, sous un prétexte altruiste, aboutit à une destruction du savoir et des racines communes de tous les français.

Cette attaque contre l’orthographe est donc en tous points absurdes: l’école est normalement justement là pour ça – faire en sorte que tous les français puissent se comprendre et avoir accès à leur fond littéraire commun, qui est une manifestation de notre génie national.

La maladie du déracinement

Les attaques contre l’école ne sont pas isolées. Tout le monde est maintenant au courant de la chute dramatique du niveau scolaire depuis 40 ans, sur laquelle je reviendrai, alors que quand j’étais moi-même à l’école, dans les années 70, l’école française était la meilleure au monde4. Cette chute n’est pas le résultat d’une simple négligence. Je prétends qu’elle a été largement « voulue », organisée, pour peu qu’on accepte de mettre derrière ces termes la volonté de destruction inconsciente dont je parle plus haut. Je vais faire appel ici à Simone Weil, qui avait parfaitement décrypté ce double discours et à qui je dois en grande partie la paternité de cette analyse:

Qui est déraciné déracine. Qui est enraciné ne déracine pas. Sous le même nom de révolution, et souvent sous des mots d’ordre et des thèmes de propagande identiques, sont dissimulées deux conceptions absolument opposées.

L’une consiste à transformer la société de manière à ce que les opprimés puissent y avoir des racines; l’autre consiste à étendre à toute la société la maladie du déracinement qui a été infligée aux opprimés. Il ne faut pas dire ou penser que la seconde opération puisse jamais être un prélude de la première; cela est faux. Ce sont deux directions opposées

Simone Weil, L’enracinement

Les deux gauches irréconciliables

On se souvient de l’expression de Manuel Valls concernant les deux gauches irréconciliables. La frontière entre ces deux gauches est précisément la même que celle mise en évidence par Simone Weil. Il y a une gauche qui cherche à détruire et une gauche qui cherche à construire. Dans cet billet, ainsi que dans les suivants, j’entends par « gauche moderne » celle qui cherche à détruire (typiquement: la France Insoumise mais pas exclusivement et pas totalement).

L’exemple de l’enseignement de la lecture : méthode globale et méthode syllabique.

Le courant dit « pédagogique » est très influent dans l’Education Nationale et à l’Université, ainsi que dans les écoles de formation des enseignants. Son discours manifeste est inattaquable et plaide pour l’égalité des chances, l’amélioration de la pédagogie, etc. Il est essentiellement constitué de militants de gauche et d’extrême gauche et est, collectivement, un des grands responsables de l’effondrement de l’école française.

Des deux méthodes principales d’enseignement de la lecture, globale et syllabique, une seule fonctionne réellement, la syllabique. Les différences de performance entre les deux méthodes sont tellement criantes qu’on sait aujourd’hui qu’elle apparaissent avec des échantillons très faibles (moins de 50 élèves)5. Pourtant le courant pédagogique (entrainant avec lui l’éducation nationale) a favorisé pendant des dizaines d’années le développement de la méthode globale à l’époque pour des raisons qui ne tenaient pas à sa performance6 mais à l’idéologie. La méthode syllabique (« b-a-ba ») était jugée « trop scolaire », enfermant l’enfant dans une logique fermé de discipline, pour ne pas dire de soumission à l’autorité. Elle était donc « réactionnaire ». La méthode globale, estampillée « progressiste », qui consiste à reconnaître un mot « globalement » sans passer par l’étape « b-a-ba » avait pour grand avantage d’ouvrir les propres horizons de l’enfant.

On voudrait rire tellement ces raisons paraissent ridicules – et de fait, elles le sont. Pourtant, je pourrais7 vous citer des dizaines d’exemples divers et variés, dont les raisons sont tout aussi ridicules et les effets tout aussi dramatiques – car dans les faits, la méthode globale a des effets durables sur la qualité de lecture et aura condamné de façon durable le destin scolaire de millions d’élèves.

Comment des gens intelligents, formés tels que des enseignants français, ont-ils pu privilégier des méthodes d’enseignement délétères, contraire à l’intérêt des élèves, au détriment de tout bon sens et de toute confirmation scientifique (en s’appuyant paradoxalement sur des travaux universitaires qui n’avaient rien de scientifique, l’Université devenant dans le même temps un vecteur de militantisme)? Je ne peux l’interpréter que par une volonté inconsciente de couper les enfants de leur racine, la maladie de la destruction et du déracinement. Ce qui se rapproche le plus cette volonté inconsciente, c’est pour moi la mauvaise foi sartrienne. On ne veut pas voir la réalité pour paraître plus élevé à ses propres yeux.

La maladie, comme le décrit Simone Weil, s’est bien propagée « à l’ensemble de la société ». Comment expliquer sinon que la plupart des français n’ait pas vu – ou plutôt pas voulu voir – la réalité du déclin scolaire. L’Education Nationale ne voulait pas voir l’échec, n’élaborait plus de statistiques fiables et servait à tous la fable du « niveau qui monte ». Seules les études internationales (PISA) ont permis d’ouvrir les yeux.

J’ai tellement d’exemples à disposition, que soit dans l’éducation ou dans les domaines politique, économique, social… que le travail nécessaire d’illustration de cet article par des exemples dépasse largement le cadre de l’article lui-même. Je publierai ces exemples au fur et à mesure, en fonction du temps que j’ai et de l’actualité8.

Mais tout lecteur de cet article peut aussi commencer son propre travail pour s’en convaincre. Et en fait doit. Car le défaut de ma thèse est qu’elle est parfaitement irréfutable au sens de Popper, elle sera donc facilement contredite par de multiples experts qui avanceront qu’elle ne repose sur rien, aucune étude, est totalement empirique et même, le peu de lucidité mentale qui me reste prédit qu’elle sera attaquée au prétexte d’être légèrement paranoïaque. Je vous invite cependant à travailler un peu par vous-mêmes selon le schéma défini ci-dessous. Travailler à la maison ne fait aucun mal, même si l’Education Nationale tente de l’empêcher depuis des années au prétexte que « cela favorise les inégalités sociales » (évidemment, j’y vois encore une volonté inconsciente de nuire et de ne pas transmettre, on ne se refait pas).

La loi de Klein

La question à se poser, concernant les positions politiques qu’adopte tel ou tel parti de gauche, par exemple, est la suivante :

Au-delà de la rationalisation manifeste de la position politique, sa mise en œuvre serait-elle bénéfique pour l’intérêt général ou pour le pays ? Et la réponse sera régulièrement non. Car LA RAISON PROFONDE pour laquelle cette position a été adoptée (j’insiste, il s’agit de la raison, pas de la conséquence) est qu’elle détruit. Ce simple raisonnement permet de relier entre elles presque toutes les positions de la gauche moderne, même quand, nous le verrons, ces positions sembles incohérentes entre elles.

Vous le verrez si comme moi vous commencez à faire ce travail : tout s’éclaire dès lors que l’on considère que la volonté de détruire est le fondement de cette gauche, son seul principe explicatif réel.


  1. Que signifie « moderne » ? Je définis ce terme un peu plus loin. ↩︎
  2. La « Destruction » est d’ailleurs son nom premier, celui que lui avait donné Heidegger, dont Derrida s’est inspiré ↩︎
  3. Quand on rentre dans le fond du problème, on se rend compte que ces affirmations, bien que soutenues par des parties de l’Université, sont totalement fausses et paranoïaques. Elles sont pourtant abondamment reprises. ↩︎
  4. Les étudiants français qui comme moi s’expatriaient dans les meilleures universités américaines constataient par exemple que dans toutes les matières scientifiques, ils étaient en moyenne bien meilleurs que les étudiants américains, européens ou asiatiques. ↩︎
  5. Des chercheurs tels que Stanislas Dehaene ont récemment mis en évidence le succès de la méthode sur la méthode globale syllabique via des techniques d’imagerie cérébrale: celle-là active bien plus rapidement les zones du cerveau de l’enfant dédiées à la lecture ↩︎
  6. Les études montrant la supériorité de la méthode syllabique sont nombreuses, mais restent encore niées par d’éminents pédagogistes pour qui elles ne seraient que partielles et biaisées, les professeurs n’y seraient pas assez formés, etc. ↩︎
  7. Et d’ailleurs je le ferai, je rassemblerai dans un tableau des dizaines d’exemples pour illustrer mon propos. ↩︎
  8. Il faut signaler aussi que la gauche n’est pas la seule responsable de la destruction des structures. cette disparition est aussi, comme Michéa le mentionne, une des effets de la mondialisation et même du capitalisme. ↩︎
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